Jean Castex l’avait annoncé. Il s’exprimerait « en milieu de semaine prochaine » devant le Parlement. Le temps de préparer le traditionnel laïus de générale, les objectifs du nouveau gouvernement, l’état d’esprit, l’ambiance, la couleur des rideaux… Le tout avé l’accent du Sud-Ouest, suivi d’une dégustation de magret de canard… Les parlementaires allaient lui accorder toute confiance. La presse avait noté le rendez-vous. Tout serait là. La serviette autour du cou.

Mais quel était ce Premier ministre à peine éclos qui, déjà, en prenait à son aise ? Et le voilà décidant de parler avant l’allocution du 14 Juillet de son papa, et moi ceci et moi cela, et mes objectifs pour la France et ma politique générale à moi… Il était grand temps de calmer les ardeurs de cet impétueux technocrate. Ah, il avait bien caché son jeu ! N’allait-il pas annoncer, dans la foulée, qu’il serait candidat aux ?

Vite, un communiqué ! Il fallait couper court aux prétentions de ce fourbe qui s’était fait passer pour un énarque insipide. Ce Castex voulait voler la vedette à celui qui l’avait sorti du ruisseau. C’était évident. Ah, il les avait bien eus. « Calife à la place du calife », voilà ce qu’il avait derrière la tête. L’Élysée s’empressa donc de préciser que le très grand manitou s’exprimerait le 14 juillet et que son Premier ministre (qui lui doit tout) ne s’exprimerait que « quelques jours après lui ».

S’il a quelque chose à ajouter… Un mot, une phrase. Faire l’éloge du discours du 14. Souligner la brillance, passer un coup de « polish » sur l’ensemble, décocher quelques flèches à , ce conspirateur qui truquait les de popularité… « Mais ne bougez pas, mon bon Castex, nous allons vous écrire le texte. Que diriez-vous de vous asseoir sur les genoux d’un ventriloque ? »

Mais halte aux soupçons d’un Premier ministre homme de paille. L’intéressé fait taire les esprits chagrins : « Il n’entre pas dans les intentions du chef de l’État de faire de moi un subordonné voué aux tâches secondaires. » Premier ministre et ravi de la crèche. Un cumul de mandat. Mais c’est un battant : « Quand vous aurez appris à me connaître, vous verrez que ma personnalité n’est pas soluble dans le terme de collaborateur. » L’homme pourrait télétravailler depuis Le Havre et se laisser pousser une barbe bicolore…

Jean Castex s’exprimera « quelques jours après lui ». La présidence n’a pas précisé le nombre… Quelques jours et nous voilà déjà en . Le temps est passé si vite…

6 juillet 2020

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