« J’aime bien avoir le contrôle » : le violeur de Claire et Mathilde face à la Justice

Aujourd'hui jugé devant la cour criminelle de Paris, Jordy G. encourt 20 ans de réclusion criminelle.
©Boulevard Voltaire
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Ce 24 septembre, Claire Géronimi a tenu sa promesse : entrer la tête haute devant le tribunal pour affronter l’homme qui l’avait sauvagement violée deux ans plus tôt, dans le hall de son immeuble, un après-midi de novembre 2023.

Une dignité qu’elle partage avec sa compagne d’infortune, Mathilde, violée elle aussi dans un hall d’immeuble du XVIIe arrondissement de Paris, seulement une demi-heure avant Claire, et selon le même mode opératoire : il s’est faufilé derrière elles, les a plaquées au sol, leur a imposé de violentes fellations en jurant de les tuer si elles ne faisaient pas selon sa volonté. L’angélisme de ces deux jeunes femmes aux cheveux longs, leur regard triste mais droit, frappe d’autant les esprits qu’il contraste avec la bestialité de celui qui se tient dans le box des accusés. Jordy G. ne les a pas seulement violées, il a détruit une partie de leur vie, qui était encore à tracer.

Un multi-condamné « narcissique » et « égocentrique »

Nonchalant, presque désinvolte, l’homme assis au banc des accusés n’affiche aucun remords. Né en Centrafrique en 1996, arrivé en France en 2006, il est décrit comme violent et agressif par à peu près tous ceux qui l’ont croisé au travers de son parcours social. Avec déjà onze condamnations à son casier pour vols avec violence, usage de stupéfiants, violence en réunion, outrages, menaces de mort, agression sexuelle, il aurait pourtant de quoi faire profil bas. Mais il exprime un sentiment d’impunité jusque devant le jury de la cour criminelle. À l’avocat des victimes, il ne cache même pas son mépris : « Vous êtes assez directif, doucement », « c’est vous, l’avocat, c’est à vous de me dire », « c’est un monologue, que vous êtes en train de faire ? »

Ce sentiment d’impunité, cet égocentrisme et cette propension à la domination que relèvent les experts auraient-ils germé dans sa jeunesse ? Il évoque lui-même une enfance « idyllique » dans son pays d’origine, passée auprès de sa mère et de sa grand-mère qui subviennent à ses besoins, le plaçant dans des « circonstances matérielles plutôt favorables ». Gâté par l’une, recadré par l’autre, il obtient toujours gain de cause : quand la grand-mère refusait quoi que ce soit, il lui jetait des cailloux jusqu’à ce qu’elle cède, et il se rappelle l’avoir fait pleurer de nombreuses fois. « Comme elle me traitait comme un roi, ma mère faisait office de figure paternelle. »

Malgré un cadre qui ne semble pas « l'avoir perturbé plus que ça dans son développement », son comportement déborde lorsqu’il change de pays. Placements en famille d’accueil, foyers, exclusions : rien ne semble calmer ses ardeurs de délinquant. Son oncle, qui l’avait hébergé à son arrivée en France, et qui perdra sa garde à cause d’une gifle infligée devant une directrice d’école, finira par confier aux enquêteurs : « Ses camarades de classe, des blacks, s’en sont bien sortis. Jordy aurait dû finir comme eux. Il a fait ses choix, qu’il les assume. Tant pis pour lui. » À seize ans, il fume et revend du cannabis. À dix-huit, il dort dehors. Comme une prédiction de cet oncle, qui dit pourtant avoir voulu lui « inculquer des valeurs, mais qui n’étaient pas celles de l’ASE », avant de se rappeler avoir même proposé de le « renvoyer au pays », proposition écartée par l’aide sociale à l’enfance.

Trois OQTF et des « besoins sexuels importants »

Les obligations de quitter le territoire s’accumulent par trois fois, entre 2020 et 2023. Interrogé, il justifie simplement n’avoir « pas eu de raison de partir ». « Je me lève Français, je dors Français, je me suis tellement habitué que ce serait choquant de retourner en Centrafrique. » Les démarches qu’il prétend avoir engagées pour se régulariser butent sur un casier judiciaire interminable, la dernière condamnation en date relevant d’une tentative d'agression sexuelle, commise à la prison de Fleury-Mérogis sur une surveillante, alors même qu’il était incarcéré en attendant son procès pour les viols de Claire et Mathilde. « Je ne regrette pas ce que j’ai fait. Si c’était à refaire, je le referais en mieux. » Des faits qui ne lui vaudront d'ailleurs qu'une condamnation à trois ans d'emprisonnement, dont une année avec sursis.

Il soutient n’avoir « aucun problème avec les femmes » et les « respecter », mais son passé dit autre chose. Dans un foyer d’accueil, il avait glissé son sexe dans l’assiette d’une éducatrice à son insu, avant de lui révéler son geste, goguenard. La médiatisation du procès a par ailleurs fait resurgir d’autres accusations : la fille de sa première famille d’accueil l’accuse de viol, une plainte est aujourd’hui en cours. Une autre, issue d’un second foyer, avait dénoncé des attouchements : des faits classés, cette fois, sans suite.

« J’ai du succès avec les femmes, je n’ai pas besoin de les violer », justifiait il, pendant l’instruction. Lorsque l’avocate de Mathilde lui demande s’il maintient ses propos aujourd’hui devant sa victime, il observe un silence de marbre. Face aux faits qui lui sont reprochés, il encourt jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle. La cour rendra sa décision le 26 septembre.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 26/09/2025 à 13:57.

Vos commentaires

94 commentaires

  1. Autrefois on marquait les condamnés au fer rouge.. une marque sur une joue permettrait de pallier au manque de prisons et avertirait les innocents. L’essentiel étant de les protéger. Il est vrai que toutes cicatrices sur la joue serait suspecte … un grand V pour «  violeur » coûterait moins cher qu’un bracelet qu’ils ne portent pas ou un séjour en prison aux frais de la princesse..
    Mais je rêve, nous ne sommes plus au temps de Milady et les trois mousquetaires ne sont pas de ce monde.. reste que notre société est gangrenée par ces malades et sans un minimum de sécurité notre civilisation disparaît. Alors il faut trouver quelque chose c’est une question de survie.

    • Le comble c’est cette directrice d’école qui, pour une gifle, a fait retirer sa garde à son oncle qui était peut-être le seul à pouvoir le dresser.
      Le comble encore c’est l’ASE qui a refusé que son oncle le renvoie en Afrique. C’est vraiment du masochisme.
      J’ai eu le cas d’un patient algérien dont le fils était délinquant. Il ‘a renvoyé un an au « bled » et le fils est revenu « au carré ». Ils savent mieux que nous que leurs enfants ont besoin d’être sévèrement éduqués.

  2. Dans le box des accusés, il devrait y avoir les juges et les politiques, où sont ils ces corresponsables de ce fiasco.

  3. Il risque 15 ans de réclusion … ce sera donc 5 ans, dont 3 ans avec sursis, 2 ans aménageables sous bracelet électronique et une obligation de soin qu’il ne respectera pas. Bien sûr, il récidivera quelques mois plus tard, toujours sous bracelet électronique, bien sûr on le gardera en France, lieu de villégiature des délinquants sexuels du monde entier. Si jordy « aime bien avoir le contrôle », il semble que la justice française, elle, ne contrôle plus grand-chose dans notre pays. Les victimes ? Elles sont à leur place et jouent le rôle que la justice leur assigne : celui de la victime. Tout va bien, soyez rassurés, l’état de droit y veille pour vous.

  4. Qui est le plus responsable ?? Le violeur?? L’aide sociale à l’enfance qui a voulu le garder en France ??? Les magistrats et préfets qui n’ont pas effectué les OQTF ???

  5. C’est insensé, comment peut on remettre en liberté de tels individus. Comment certaines personnes investis dans la justice osent ils nous certifier que la justices n’est en aucun cas laxiste. Au quotidien la réalité nous montre le contraire et ils osent toujours essayer de nous prouver le contraire, Ça ne peut plus durer.

  6. Ce qui me révolte, c’est le comportement de ces juges, qui construisent des criminels sans que cela les empêche de dormir. L’aide sociale à l’enfance a aussi une responsabilité avec des décisions aveugles du genre « priorité » à l’enfant. Eux aussi n’en sont pas à leur premier coup dans la fabrique de délinquants. « L’enfant roi » se paye cher ; à partir du moment où des agressions ont lieu, ce sont des comportements adultes, pas d’excuses ni cadeau. société française est en dérapage permanent. Un coup de balai violent est une priorité chez les législateurs, les juges et les institutions.

  7. « déjà onze condamnations à son casier pour vols avec violence, usage de stupéfiants, violence en réunion, outrages, menaces de mort, agression sexuelle » ??????????????????
    Toujours et encore la même rengaine ! Avec un tel CV que fichait-il dehors ???
    Non seulement il faut instaurer des peines planchers et empêcher ces juges rouges de nuire encore et toujours . Le système Français de « confusion » des peines (la confusion mentale de cette magistrature gauchiste) doit être mis hors jeu ! Il faut faire comme dans de nombreux pays ADDITIONNER les peines. Vendre du shit ? 5 ans ! Violer une jeune femme 15 ? En violer une autre ? De nouveau 15 ans ! Autrement dit 5 + 15 +15 = 35 !!!!
    Et ce, sans remise de peine ! Il faut supprimer ce scandale que constitue le « juge d’INapplication des peines » qui, à lui seul, peut se permettre d’aller contre une décision prise au nom du peuple Français !!!
    Je ne sais pas si ça refroidira les vocations, mais au moins, pendant ce temps là, Claire, Mathilde, Philippine, Lola, et toutes les autres pourront faire leur vie tranquillement !!!!

  8. Cet individu doit évidemment répondre de ces deux viols. mais, il ne faudrait pas occulter le fait que cet individu n’aurait du être en mesure de commettre ces deux viols! C’est parce que l’OQTF dont il a fait l’objet n’avait pas été exécuté en temps et en heure, qu’il a pu commettre ces viols! Et oui, so l’OQTF qui le visait avait été exécuté, il n’aurait pas commis ces deux viols! Oui, l’ombre de ceux qui ont failli dans l’exécution de son OQTF, est à coté de ce violeur! Retailleau et Darmanin sont ils désormais plus efficaces que Darmanin et Dupond-Moretti sur la question des OQTF? Quelqu’un dispose t’il d’infos sur le sujet?

    • Il y a un rapport émis par l’Assemblée nationale datant de juin 2025 (Les résultats de la politique d’éloignement des personnes sous OQTF). En gros, sur 130.000 OQTF prononcées en 2024, seules 15.000 ont été effectuées, soit un peu plus de 10% et il y aurait sur le territoire français environ 500.000 étrangers en situation irrégulière, plus ou moins lâchés dans la nature.
      Pour nuancer un peu, il faut savoir que nous prononçons beaucoup plus de mesures d’éloignement que nos voisins (Allemagne, Italie,…) du fait de notre législation. Par ailleurs, les étrangers placés en CRA sont à 90% connus pour des faits de délinquances ou de radicalisation, dans ces CRA le taux d’éxécution des OQTF est de l’ordre de 40%. Le nombre d’expulsions serait en hausse, mais on part de tellement bas, qu’on ne peut que progresser. Par ailleurs, le robinet est grand ouvert et on rentre en France comme dans du beurre …

    • C’est dit dans l’article, il agresse sexuellement et viole des femmes. Il faut le garder en France, car en Centrafrique il ne pourrait pas faire la même chose.

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