Plus que jamais, Gérald Darmanin fait figure de Nicolas Sarkozy au rabais. Il en emprunte jusqu’aux tics, coups de menton et sorties à l’emporte-pièce. Mais nous ne sommes plus en 2007, et si l’actuel ministre de l’Intérieur semble avoir fait siens tous les défauts de son prédécesseur de la place Beauvau, il ne montre aucune de ses qualités.

Ainsi, ce jeudi 12 octobre, à 17 heures 30, intime-t-il l’ordre aux préfets d’interdire toutes manifestations « susceptibles de générer des troubles à l’ordre public ». En ligne de mire, les manifestations pro-palestiniennes annoncées dans nombre de nos villes : chaque contrevenant risquera, à l’en croire, une amende de 135 euros.

« L’ordre public » sera-t-il respecté ? C'est mal parti. Gérald Darmanin n’a pu empêcher la présence de 3.000, place de la République, à Paris. N’ayant pas de Kärcher™ sous la main, c’est au canon à eau que le rassemblement a été dispersé. Quant aux sentences promises, elles se sont soldées par vingt-quatre verbalisations et dix interpellations. C’est peu.

La veille, trois manifestations, elles aussi dûment interdites, à Nantes, Nîmes et Bordeaux, ont eu lieu sans causer de débordements. À quoi ça sert que Darmanin et ses préfets se décarcassent ? À rien, manifestement.

Henry Kissinger dénonce le poids de l’immigration

Les raisons d’une telle démission de l’État ? La réponse nous vient des USA. Là, à l’occasion d’un entretien accordé à la chaîne allemande Welt TV, Henry Kissinger, l’historique grand manitou de la diplomatie américaine, qui vient de fêter ses cent ans, rappelle cette évidence : « C’était une grave erreur de laisser entrer autant de gens de culture, de religion et de concepts totalement différents, car cela crée un groupe de pression à l’intérieur de chaque pays qui a fait la même chose. »

Une telle leçon, venant de l’une des plus éminentes figures politiques d’un pays fondé sur l’immigration et qui demeure le terrain de chasse rêvé des groupes de pression en tous genres, voilà qui ne manque ni de sel et encore moins de ketchup. Ce constat, même tardif, une fois posé, le renard centenaire en profite aussi pour tenter de ramener un brin de nuance : « L’acte d’agression du Hamas doit faire l’objet d’une certaine sanction. » Avant de mettre en garde les bellicistes de tous bords : « Le conflit au Moyen-Orient risque de s’intensifier et d’entraîner d’autres pays sous la pression de leurs opinion publiques. » Nous y sommes déjà aujourd’hui et le serons demain plus encore.

Villepin appelle l’Occident à plus de modestie

Une inquiétude que partage, à juste titre, Dominique de Villepin, ancien ministre des Affaires étrangères de Jacques Chirac et qui, précisément, n’a rien d’un islamo-gauchiste. Interrogé le jeudi 12 octobre par France Inter, il tente lui aussi de remettre les tragiques événements d'Israël dans une perspective plus large : « On se dit que quelque chose a été raté, par nous tous, par l’ensemble de la communauté internationale, avec l’amnésie qui a été la nôtre, l’oubli qui a considéré à imaginer que cette question palestinienne allait pouvoir s’effacer devant un accord économique, stratégique et diplomatique, comme substitut à cette tragédie. » Les accords d’Abraham, signés en 2020 sous la houlette de Donald Trump, ont passé cette même question palestinienne en pertes et profits, espérant que la poussière ne ressorte pas du tapis.

Un tapis désormais ensanglanté. Gérald Darmanin peut promettre et faire des rodomontades, chaque jour montre son impuissance face à des phénomènes qui le dépassent.

10464 vues

13 octobre 2023 à 20:03

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.

61 commentaires

  1. Darmanin est surtout le toutou de son patron. Il ne prendra aucune initiative, et quand on sait ce que le patron propose, soit rien, il m’étonnerait qu’il ait la solution au problème

  2. L’erreur consiste à croire que le Ministre de l’Intérieur initie une politique sécuritaire. Non. La fonction demande maintenant à gérer les conséquences du progressisme multiculturaliste maastrichien. L’UE est à l’initiative. Les fonctionnaires de Bruxelles et les juges des différentes Cours de Justice disent la politique. l’État français ne fait qu’exécuter.

  3. Pourquoi ne pas utiliser les mêmes moyens que ceux utilisés contre les gilets jaunes ? ou sont les grenades de désencerclement ? les LBD ?

  4. Le ministre de l’Intérieur a un supérieur hiérarchique qui s’appelle macron qui n’aime ni la France ni les français et laisse rentrer dans le pays une faune qui rejette la France avant même d’y mettre les pieds et l’ont dit clairement à Lampédusa
    donc remplie de futurs terroristes.

  5. Ces manifestations PRO-PALESTINIENNES pourtant interdites ont pu se dérouler comme si de rien n’était …… Malheureusement, nous constatons une fois de plus combien ce piètre gouvernement est craint et respecté car ça n’a pas eu plus d’effet qu’un coup d’épée dans l’eau…..

Les commentaires sont fermés.