Fontenelle avait raison : « Il est certain, et les peuples s’en convaincront de plus en plus, que le monde politique, aussi bien que le physique, se règle par nombre, par poids et mesures. » En Europe, les peuples parlent d’une seule voix pour dire stop aux flux migratoires. En Allemagne, 44 % de la population considèrent que l’immigration et les réfugiés sont LE problème politique le plus important. Aux Pays-Bas, 80 % des citoyens sont favorables à une limitation des flux de demandeurs d’asile. Même tendance en Italie, où 61 % des Italiens estiment qu’il y a trop d’arrivées d’immigrés illégaux. En Suède, 70 % de la population juge que l’immigration est trop importante. Les Français ne sont évidemment pas en reste, puisque 80 % d’entre eux estiment qu’il ne faut pas accueillir plus de migrants sur notre sol.

Sondages après sondages, la réponse est claire : le « NON » a toujours plus d’immigration l’emporte. Si les gouvernements européens semblent prendre des mesures pour ménager l’opinion publique, de nombreux politiciens – majoritairement de droite – dénoncent une politique molle. En Allemagne, le cas est édifiant. Parallèlement à la loi Immigration française, les régions allemandes et l’État fédéral se sont entendus sur une série de mesures visant à mieux contrôler la politique migratoire du pays. Contacté par BV, Bernhard Zimniok, eurodéputé AfD, qualifie d’« écran de fumée » cette mesure dont il estime qu’elle n'entraînera, « selon [les] propres dires [du gouvernement fédéral, NDLR], que 600 expulsions supplémentaires par an ».

L’Allemagne, un cas édifiant

Outre-Rhin, la crise migratoire est sans précédent. Entre 2014 et 2020, un peu moins de sept millions d’immigrés, principalement issus de pays non occidentaux, se sont installés dans le pays. Face à un déclin évident de population, l’immigration est utilisée comme un recours. Oui, mais voilà, l’immigration coûte cher, très cher. Dans un rapport daté de janvier 2024, publié par la fondation Stiftung Marktwirtschaft (Fondation pour l’économie de marché), le professeur d’économie Bernd Raffelhüschen estime que « l’immigration, telle qu’elle s’est produite jusqu’à présent [depuis 2014, NDLR], nous coûte économiquement au total 5 800 milliards d’euros [en cumulant le coût de chaque immigrés, au cours de sa vie, à l’État-providence allemand, NDLR] », soit plus d’un quart du déficit fiscal cumulé allemand.

Interrogé par BV, Nicolaus Fest, eurodéputé de l’AfD, estime qu'une politique de remigration engagée dès maintenant est le seul moyen de lutter efficacement contre l’immigration : « L'Allemagne dépense chaque année des milliards pour soigner les immigrés clandestins ; ces dépenses absurdes disparaîtraient » [si une vraie politique de remigration était mise en place, NDLR]. Des propos que rejoint son collègue Bernhard Zimniok, qui s’inquiète d’un remplacement de la population allemande : « Si la politique migratoire est poursuivie à ce rythme, le peuple allemand disparaîtra mathématiquement dans un avenir proche. Outre la survie de son propre peuple, il en va également de la sécurité intérieure ou de l'État-providence, qui s'effondrera bientôt sous le poids de l’immigration de masse. »

Toutes les immigrations ont-elles un impact négatif ?

L’immigration, dans sa forme actuelle, n’offrirait-elle donc aucun avantage ? Un autre rapport, daté d’avril 2023, sur les conséquences de l’immigration sur les finances publiques néerlandaises établit les conclusions suivantes : « La poursuite de l’immigration, avec son ampleur et sa structure de coûts actuelles, exercera une pression croissante sur les finances publiques. Le démantèlement de l’État-providence et/ou la restriction de l’immigration sont alors inévitables. » En réalité, tout dépend du niveau culturel et social de l’immigré. Ainsi, on peut lire que « les coûts et avantages moyens des différents groupes de migrants diffèrent considérablement ». D’un côté, les Occidentaux (et certains ressortissants d’Asie de l’Est) majoritairement immigrés pour le travail ou les études « montrent un apport positif ». Ce qui ne vaut pas pour « toutes les autres formes d’immigration ». En effet, ce sont « les migrants demandeurs d’asile [qui] ont le plus grand impact négatif », relève le rapport (chacun coûtant 475.000 euros tout au long de sa vie). En outre, toujours selon ce rapport, un immigré marocain coûtera 550.000 euros et un Africain 625.000 euros au cours de leurs vies, faisant un gros trou dans la raquette des dépenses publiques.

Pour l’Allemand B. Raffelhüschen, l’immigration ne serait donc envisageable pour les finances publiques qu’« en contrôlant l’immigration d’un point de vue économique, qui se concentrerait en moyenne sur le modèle de qualification de la population autochtone ». Toutefois, le député européen Bernhard Zimniok estime que cet apport de main-d’œuvre peu qualifiée « profite à l’économie […] car elle peut acquérir des esclaves salariaux bon marché, par exemple dans les services de livraison ». En définitive, l’Europe de l’Ouest est confrontée à deux scénarios : stopper l’immigration massive ou mettre fin à son système social hérité de l’après-guerre. Une fois le pour et le contre pesés, le choix est vite vu.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 13/02/2024 à 20:53.

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12 février 2024 à 13:00

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20 commentaires

  1. Une HONTE alors que nos anciens, nos agriculteurs et nos petites PME ont des difficultés à survivre. Les migrants n’ont rien à faire dans notre pays. Que leurs dictateurs les finances et qu’ils restent dans leur pays.

  2. Votre titre est incomplet, j’aurais écrit : « Immigration en Europe : un Africain coûte 625.000 € durant sa vie aux Pays-Bas et rapporte au moins la moitié à certaines personnes ou associations. »

  3. Je repose la question : qui délivre les visas ?
    Préfecture ?
    Consulat ?
    Ambassade ?
    Ministère des Affaires Étrangères ?
    Pour savoir qui il faudra bloquer avec des tracteurs… il paraît que ça marche !!!

  4. C’est pas grave, c’est l’État qui paie, hein François ?
    Même aux Pays-Bas !
    Et après on feindra de s’étonner que les Droites Européennes, dites extrêmes, ont le vent en poupe.

  5. Étonnement on arrive pas en France à connaître le coût d’une immigration hors de contrôle. C’est apparemment le seul domaine où il n’est jamais question de faire des économies ! Le » mélange » devait enrichir la France encore un mauvais calcul de nos énarques comme le nucléaire et le reste d’ailleurs !

  6. Les généreux voulant toujours plus d’immigration sont ceux qui n’ont ni à la subir, ni à la payer. Ils se fabriquent une belle âme à bon compte.

  7. Quand on écoute les politiques et les plateaux télé, personne n’évoque le problème et celui qui en parle est coupé tout de suite. On parle pouvoir d’achat, sécurité tout de même, mobilité un peu, liberté, démocratie, valeurs etc et le truc pour calmer la population se résume à vacances, football, faire la fête !

  8. Si l’argent que nous dépensons en europe pour les immigrés et qui ne sert à rien, était utilisé correctement en afrique et non pas pour que le caporal, devenu président après un coup d’état, s’accapare cette manne à son seul profit, pour se faire une garde prétorienne et des comptes en banque  » of shore », sous l’œil complice de l’europe, sans que les peuples n’en voient un centime, il conviendrait d’abord pour ce continent de réduire drastiquement les naissances, car tel que c’est parti ils vont droit dans le mur et nous avec, à cause des vagues migratoires que cela va engendrer.

    1. L’aide au développement pour l’Afrique.
      Bruxelles va consacrer 150 milliards sur 10 ans pour l’Afrique.
      La France dépense 16 milliards par an pour le développement du tiers monde via l’AFD dont 4 pour l’Afrique.
      Ces pays sont incapables de se développer.
      Gabgie et corruption.
      Les pays asiatiques ont su se développer.
      Vietnam Philippines Corée Malaisie

  9. Un coût certainement identique en France ! Mais pour inverser la vapeur il faut un capitaine d’une autre tempe que Macron !!

    1. Vous en voyez un ? Le français n’est qu’un pleutre, et dans ce type de population vous ne trouverez rien qui corresponde.

  10. L’automatisation/robotisation des tâches fait que la société a moins besoin de manutentionnaires et plus besoin d’ingénieurs compétents.
    Depuis l’arrivée de l’automatisation des travaux et à cause de, notre société est incapable de retrouver le plein emploi, il y a environ 6 millions de chômeurs en France. Autant d’inactifs qui ne « paieront pas nos retraites » vu que de fait ils sont déjà en retraite et sont à la charge de la société.
    Comme les politiciens ont tout compris, 1) ils ont saboté l’éducation pour être sûr de diminuer la masse d’ingénieurs capables de faire tourner notre économie, 2) ils importent des millions de gens qui soit 2a) seraient compétents, auquel cas ils sont nettement plus nécessaires dans leur pays que chez nous, soit 2b) ils sont complètement incompétents, et n’ont aucune envie de devenir français, ce qui est le cas général, auquel cas il est débile de leur faire miroiter une situation certes meilleure chez nous que chez eux, vu le nombre d’aides sociales, le regroupement familial, le droit du sol, etc…
    Même en important 100 millions d’africains sur le sol européen, soit seulement 5% de la population africaine dans une génération, les problèmes de l’Afrique ne se résoudront pas. Les nôtres, si, vu que nous n’existerons plus.
    En Juin, et dans les élections suivantes, il n’y a qu’une seule option sensée. Z.

    1. oui au lieu de perdre son temps à rabâcher les mêmes constats, il faudra voter pour des formations politiques qui ouvrent les yeux et apportent des solutions : Reconquête chez nous, Afd en Allemagne ….

      1. « oui au lieu de perdre son temps à rabâcher les mêmes constats » Vous avez tout compris et votre remarque est juste. Je ne donnerai pas de nom mais il est vrai qu’il faut aller voter, et je dirai simplement dans le bon sens pour notre pays !

  11. On remarque que dans les différents pays , une très grande majorité s’oppose à l’immigration sans limite et veut des règles strictes , et les gouvernements refusent de suivre cette volonté , une minorité nous gouverne , c’est une sorte de dictature , on ne tient aucun compte de la volonté des peuples au nom d’une idéologie totalitaire.
    On aimerait avoir des chiffres sur le cout de l’immigration en France , avec ses multiples points d’entrée sur la planète.

  12. Keep it simple, seuls deux critères doivent compter : soit la réalité d’un danger de mort induit par une situation politique vérifiée, soit une qualification professionnelle dont la nation accueillante manque.
    Dans le premier cas la subsistance du danger sera vérifiée annuellement.
    Dans ce même premier cas, le/la bénéficiaire n’est pas accessible au mariage.
    Dans une intervention précédente j’ai évoqué le Cameroun, pour ce sujet je peux citer en exemple le Congo Kinshasa. Si cela existe ailleurs, pourquoi Diable pas en Europe ?
    L’ Australie est-elle un pays infréquentable ? Pourtant sa politique migratoire n’est pas exempte de fermeté.

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