Editoriaux - International - Justice - Société - Table - 3 octobre 2017

Imam radical neutralisé à Bruxelles : bien, mais peut mieux faire

Le secrétaire d’État à l’Asile et aux Migrations belge, Theo Francken, membre du parti nationaliste flamand Nieuw-Vlaamse Alliantie, « a annoncé ce matin sur les antennes de Bel RTL avoir retiré la carte de séjour de l’imam d’origine égyptienne de la Grande Mosquée de Bruxelles » (source : La Libre.be).

Theo Franken a justifié sa décision ainsi : « On a eu des signaux très clairs que c’est un homme salafiste, très radicalisé, très conservateur et dangereux pour notre société et notre sécurité nationale. » Ajoutant : « La Belgique doit prendre ses responsabilités dans son combat contre le salafisme. »

Il précise aussi que le ministre de la Justice, Koen Geens, « va intensifier le contrôle sur les flux financiers des mosquées en Belgique ».

Et lorsqu’on lui demande si une telle décision ne risque pas de créer des tensions avec l’Arabie saoudite, il répond : « Probablement. Mais notre combat contre le radicalisme est primordial » (source : Le Soir).

En effet, la sécurité de l’Europe ne doit pas se décider à Riyad ou ailleurs dans le monde musulman.

Que je sache, les Saoudiens ne nous consultent pas au sujet des décapitations publiques, par exemple, même si cela heurte un tantinet notre conscience occidentale !

De plus, on parle d’un imam d’origine égyptienne ; que vient donc faire l’Arabie saoudite dans cette galère, sinon attester que la Grande Mosquée de Bruxelles – la plus ancienne de la ville – est un foyer du wahhabisme salafiste ? L’Arabie saoudite a d’ailleurs beaucoup contribué aux transformations de ladite mosquée, dont les financements demeurent occultes.

Ainsi, après des années à vanter sans discernement le vivre ensemble – comme chez nous ! –, la Belgique, et particulièrement son gouvernement, seraient-ils en train de mesurer la véritable nature du danger ?

Dommage qu’il ait fallu plusieurs morts sur son sol, victimes du terrorisme islamique, pour qu’advienne cette prise de conscience au sommet de l’État. Mieux : si ces déclarations du secrétaire d’État sont suivies d’effet, cela signifiera que la Belgique fait preuve d’une plus grande célérité que la France en la matière, où les autorités ne semblent pas aussi promptes à nommer le fléau.

Pour preuve, la prudence excessive du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, dimanche dernier à Marseille devant les caméras, suite à l’assassinat de deux jeunes filles par un individu en situation irrégulière et très défavorablement connu des services de police, était pour le moins déplacée. Un individu qui, rappelons-le, avait hurlé « Allahou akbar ! » en perpétrant son crime.

Au lendemain des attentats de Paris, Mathieu Bock-Côté écrivait dans Le Journal de Montréal : « Il faudra bien un jour sortir de l’utopie pacifiste d’une humanité sans conflits et constater que notre liberté a un prix. »

Il est temps qu’une authentique Europe de la sécurité se mette en place, faisant fi des objections de quelques démagogues obsédés par l’amalgame.

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