Editoriaux - Histoire - 18 août 2019

Il y a 75 ans, la libération de Paris (1/4)

La libération de Paris se déroule du 19 au 25 août 1944. Arrivant de Normandie, les Américains avaient prévu de contourner la capitale française. Sur pression du général de Gaulle et parce que les Parisiens se sont soulevés, la 2e division blindée du général Leclerc de Hauteclocque est autorisée à entrer dans la Ville lumière.

Plaque commémorant l’appel à l’insurrection, 41, rue de Bellechasse, Paris

Le 13 août 1944, le métro et la gendarmerie commencent à cesser le travail. La police se met en grève le 15 août. Tous sont suivis par les PTT, le 16 août. Le 17 août, le Comité parisien de libération (CPL)[1], qui réunit les dirigeants de la Résistance, adopte à l’unanimité le texte de l’appel. Il est imprimé, rendu public et affiché sur les murs de Paris dès l’après-midi du 18 (en même temps que le texte de la Résistance communiste). Ce jour-là, dans la continuité des mouvements des métallos, des postiers et des agents du métro, la CGT (en accord avec la CFTC) lance un appel à la grève générale, à l’exclusion des services de distribution d’eau, de gaz et d’électricité. En même temps, 150 tonnes d’armes légères tombent aux mains des Forces françaises de l’intérieur : plusieurs centaines de combattants supplémentaires sont sur le pied de guerre. Dans l’appel signé de Rol-Tanguy, ordre est donné à tous les Parisiens de rejoindre les Forces françaises de l’intérieur (FFI) et d’« attaquer l’ennemi partout où il se trouvera ». La conclusion est aussi solennelle que déterminée : « L’heure de la libération a sonné. » Le 18 août, une courte fusillade éclate au pont des Arts et les résistants prisonniers à la prison de la Santé sont libérés sous contrôle de la Croix-Rouge.

Le 19 août, divers groupes quelque peu désorganisés commencent à dresser, ici et là, quelques barricades, organisent des embuscades et harcèlent des positions allemandes. Reste que cette insurrection se révèle déséquilibrée : moins de 2.000 FFI susceptibles d’être armés, principalement de fusils et de pistolets, font face à 20.000 Allemands et une cinquantaine de chars. Certains craignent une guerre civile ou une répression féroce comme à Varsovie, où l’insurrection est en cours depuis le 1er août.

Au soir du 19 août, une trêve est conclue verbalement pour les abords immédiats de la préfecture ; elle est étendue, dans la nuit, à tous les édifices occupés par la Résistance. Mais ce cessez-le-feu très provisoire est peu respecté de part et d’autre.

Dans le même temps, le général Leclerc de Hauteclocque ronge son frein près d’Argentan. Il a demandé, dès le 15 août, à son chef hiérarchique, le général George Patton (1885-1945) commandant la IIIe armée, à « marcher sur Paris ». Ce dernier acquiesce mais aucun ordre n’est donné au vainqueur de Koufra. Le 19 août, la division Leclerc est relevée par une unité anglaise et placée sous l’autorité de la VIIe armée commandée par le général Leonard T. Gerow (1888-1972).

Ce 19 août, le général von Choltitz (1894-1966), commandant le Groß Paris, vient de recevoir l’ordre de transformer la capitale française en champ de ruines et de transformer la capitale française en Stalingrad de l’Ouest. Le consul général de Suède, Raoul Nordling (1882-1962), use de toute son influence diplomatique auprès de l’officier général allemand pour éviter le carnage qui se profile.

Le dimanche 20 août, à l’aube, Léo Hamon (1908-1993), du CPL, et une poignée d’hommes de Ceux de la Résistance investissent l’hôtel de ville sans grande difficulté, avec l’aide de quelque 200 agents résistants.

(A suivre)

[1] Le bureau du CPL est composé de Jean de Vogüé (1898-1972), Roger Deniau (1899-1971), Albert Rigal (1900-1984), Aimé Lepercq (1889-1944) et André Tollet (1913-2001)

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