Il n’y a pas qu’en Sierra Leone que l’excision est un problème…

Le 5 août dernier, Le Monde publiait un article sur l’excision en Sierra Leone, sous-titré « Alors que les rites d’initiation ne peuvent plus être imposés à des mineures sans leur consentement, les campagnes contre les mutilations génitales se heurtent à de fortes réticences. » Malheureusement, la France n’est guère mieux lotie, si l’on en croit le rapport du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), qui déplore l’augmentation inquiétante des mutilations génitales féminines dans notre pays. Il est inacceptable de voir, en France, s’installer et perdurer de telles pratiques importées par l’immigration.

Le mariage forcé, la polygamie, l’excision et toutes ces coutumes visant à réduire la femme à un objet ne sont pas dans la culture française, il faut les combattre fermement.

L’excision est une mutilation génitale féminine consistant à procéder à l’ablation de la partie externe du clitoris, et dans certains cas, elle est accompagnée de l’ablation des petites lèvres vaginales. L’excision est généralement effectuée sur des fillettes ou des adolescentes dans le cadre de traditions animistes initiatiques validant le passage de l’excisée dans le groupe, dans la société. Elle est, dans certaines coutumes, une obligation avant le mariage, censée garantir à l’époux une femme pure, n’ayant pas connu de plaisir sexuel (sa libido ayant été réduite avec l’ablation de la partie externe du clitoris) et lui assurer que sa femme lui restera fidèle. Ces considérations liées à l’excision ne sont, à l’origine, liées à aucune religion puisque cette mutilation était, par exemple, pratiquée dans l’Égypte des pharaons, donc bien avant le christianisme et l’islam.

Un rapport de l’UNICEF avait dénombré, en 2013, un total de 29 pays dans le monde dans lesquels l’excision était pratiquée. Il s’agit essentiellement de pays d’Afrique (Afrique de l’Ouest et Afrique de l’Est), De quelques pays du Moyen-Orient et de certaines communautés ethniques en Asie.

En 1997, l’OMS recommandait la condamnation des mutilations génitales féminines ; dix ans plus tard, dans la plupart des pays africains où l’excision était un acte coutumier, des lois sévères sont votées pour interdire cette pratique. Les exemples de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Mali et du Burkina Faso sont édifiants : ces pays ont connu une baisse drastique du nombre d’excisées depuis le durcissement de leurs législations.

La France, pays d’immigration, accueillant une importante communauté d’Africains de l’Ouest, notamment des Ivoiriens, Sénégalais et Maliens, attachés à leurs coutumes locales (dont l’excision), a renforcé sa législation en 2013 afin de lutter contre les mutilations génitales féminines. Cette cause nationale a été portée par les élus de tous les bords politiques et les articles 222-8 à 10 du Code pénal ont alors été renforcés par l’article 227-24-1 afin de permettre une lutte efficace contre l’excision pratiquée en France ou hors du pays sur une personne de nationalité française ou ayant un statut de résident.

Mais, malheureusement, il existe encore beaucoup de cas d’excisions signalés par les associations. C’est un problème culturel qu’il faut expliquer, c’est une action de médiatisation qu’il faut faire vers les publics concernés. À cet effet, le #PlanExcision de Marlène Schiappa est à saluer, mais il est regrettable qu’elle n’associe pas à sa communication les élus comme Valérie Boyer, Bérengère Poletti, Fabien Di Filippo, Clémentine Autain, Marine Le Pen et autres qui, depuis longtemps, dénoncent toutes les formes de mutilations génitales féminines.

Lutter contre l’excision n’est pas une affaire de parti politique, c’est une cause nationale.

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