Les fumeurs de crack à Paris, c’est un peu le mistigri. On se les passe et se les repasse. Ouketi ! Ouketi ? Pas vu, pas pris. Après les avoir déplacés de la porte de la Chapelle à celle de la Villette, voilà qu’on tente désormais de les exfiltrer vers Pantin, à la grande inquiétude des habitants de cette ville, déjà assez peu connue pour sa douceur de vivre.

demandait à de faire quelque chose ? Voilà qui est fait, avec l’édification d’un mur censé empêcher les fumeurs de crack de se redéployer dans Paris. Résultat ? Bertrand Kern, maire socialiste de Pantin, s’énerve d’avoir été « mis devant le fait accompli ». Un malheur en amenant généralement un autre, il vient de recevoir le soutien de Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France et potentielle candidate à la prochaine élection présidentielle : « On a déplacé le problème en Seine-Saint-Denis, qui n’est pas une poubelle. »

Après, du calme et du sang-froid, ce mur n’étant pas exactement celui de l’Atlantique – lequel n’a, d’ailleurs, pas empêché les Américains de débarquer en Normandie –, à en croire un Parisien interrogé par Le Figaro : « Avec ce mur, on veut nous faire croire qu’on nous protège des « crackeux », alors qu’ils peuvent passer sous un pont un peu plus loin. » Bref, on ne sait plus trop bien qui est censé être protégé : les Parisiens ou les Pantinois.

En revanche, citée par Match, Sabrina Mahfoufi, une proche Pantinoise – elle est d’Aubervilliers –, estime que tout cela est « écœurant » : « Ce mur a une portée symbolique. On pense au mur de Berlin, à celui de Trump ou encore à Gaza. » Osera-t-on prétendre que comparaison n’est pas raison et que Mme Mahfoufi se prend quelque peu les pieds dans son tapis volant ? Oui.

Si le mur de Berlin servait à empêcher les Allemands de l’Est de fuir le paradis marxiste-léniniste, celui de Donald Trump, lui, est censé empêcher les Mexicains de rejoindre l’idée qu’ils se font du nirvana capitaliste. Avec les quelques parpaings entassés de guingois entre et Pantin, nous en sommes loin.

Étrangement, la grande absente de ce débat demeure la première des Parisiennes, Anne Hidalgo. Estime-t-elle que le muret en question participerait d’une capitale « inclusive et bienveillante » ? C’est à croire. Au risque peut-être de fâcher le qui, lui, préfère « construire des ponts que des murs ». Même ralliant Saint-Denis et Vatican, entre mausolée des rois et résidence des papes ? À en croire Match, un riverain, peut-être un peu plus réaliste, estimerait plutôt : « Les bobos parisiens ne veulent pas des crackeux, alors on nous les envoie sur notre territoire qui a déjà des problèmes. »

Dire que les mêmes nous assènent depuis des décennies que « la lutte contre le tabagisme est une priorité ». Plus clairvoyants, on ne fait pas. Ces gens devraient décidément faire de la politique. Le drame est qu’ils en font.

27 septembre 2021

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