Audio - Editoriaux - Entretiens - Environnement - Politique - 11 février 2019

Hervé de Lépinau : “Brune Poirson a décidé de remettre 5 litres d’essence sur un feu qu’elle a déclenché”

Brune Poirson n’exclut pas un retour à la taxe carbone, cette taxe dont l’augmentation, rappelons-le, a été le déclencheur du mouvement des gilets jaunes.

La secrétaire d’État à la Transition écologique a, en effet, déclaré, ce week-end, que cette taxe est “un outil en faveur de la transition écologique qui a un vrai impact parce qu’il envoie un signal prix qui permet aux gens de changer leur comportement”. Elle a tout de même précisé : “Il faut en débattre.”

Réaction, au micro de Boulevard Voltaire, d’Hervé de Lépinau, élu d’un département rural, le Vaucluse. Département où Brune Poirson était députée, avant d’entrer au gouvernement…

La secrétaire d’État Brune Poirson réfléchit au retour de la taxe carbone. Cette mesure faisait débat il y a deux mois et avait contribué à lancer le mouvement des gilets jaunes. Ce retour est-il pertinent ?

Je pense que la secrétaire d’État à la Transition écologique a décidé de remettre cinq litres d’essence sur un feu qu’elle a déclenché avec cette taxe.
Tout le monde aura, désormais, compris que cette taxe n’est, en réalité, qu’un moyen pour le gouvernement de boucher les trous du budget. L’écologie n’est qu’un prétexte.

Depuis le début de la crise des gilets jaunes, le gouvernement semble vouloir remettre de l’huile sur le feu au lieu d’éteindre l’incendie… Dans quel objectif politique, selon vous ?

L’objectif politique est difficile à cerner. Il ne se passe pas un jour sans que Macron et son gouvernement ne provoquent les Français.
On assiste à un véritable sentiment de saturation. Notre indignation nous fait réagir à une provocation que, déjà, une nouvelle arrive dans la foulée. Nous n’arrivons même plus à reprendre notre souffle. Et ça dure depuis dix-huit mois. L’affaire Benalla est un exemple caractéristique de cet état de fait.

Depuis la crise des gilets jaunes, on parle beaucoup de la France périphérique et, également, de la classe moyenne qui serait la principale victime des mesures fiscales. Cette classe moyenne est-elle bien représentée parmi les gilets jaunes dans le Vaucluse ?

Le fond de la troupe, cette majorité silencieuse, est principalement composé de classes moyennes.
Dans le Vaucluse, comme ailleurs.
Ce qu’on appelle “classes moyennes” recouvre un spectre très large. Ça va des classes moyennes inférieures aux classes moyennes supérieures. Il s’agit de la France qui bosse, qui paie des impôts et qui se fait tondre depuis quarante ans. La tondeuse a atteint la peau et n’est pas loin de l’os. Cette population laborieuse n’en peut plus. Elle en a assez parce qu’elle n’arrive plus à boucler les fins de mois avec le produit de son revenu.
Une Nntion qui perd sa classe moyenne sombre rapidement dans le sous-développement. Il suffit de voir ce qui se passe dans les pays d’Afrique. C’est bien ce qui m’inquiète.

D’un côté, certains disent qu’il faut sauver la planète sinon, dans cinquante ans, elle sera morte. De l’autre, d’autres disent qu’ils ne peuvent pas se préoccuper d’autre chose que ce qui se passera à la fin du mois. Observez-vous ce malentendu général ?

Je pense que le gouvernement est intellectuellement très malhonnête dans la présentation des choses. La France n’a, objectivement, de leçons à recevoir de personne en matière de pollution.
La question environnementale est traitée depuis de nombreuses années.
Je tiens à rappeler aux bonnes âmes écolos que la pollution ne connaît pas les frontières. Il suffit que les Allemands polluent par leurs centrales à charbon pour que l’air vicié arrive sur la France. C’est un peu le syndrome du nuage de Tchernobyl.

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