Grands vainqueurs, grands vaincus : gauche repoussoir et droite d’avenir

Macron Mélenchon

Ce second tour inattendu qui a déjoué les pronostics des sondages est d'abord le résultat de l'alliance contre-nature entre la gauche et la Macronie, qui se sont sauvées l'une l'autre par le biais des désistements. À tout seigneur, tout honneur, passons en revue cette cohorte de la honte.

Les repêchés de la Macronie

En ballottage difficile, l'ancien Premier ministre Élisabeth Borne a sauvé son siège dans le Calvados, avec 56 %, contre Nicolas Calbrix, le candidat RN. La mère de la réforme des retraites votera-t-elle le détricotage de sa réforme prévu par le programme du NFP ? Même sauvetage par LFI pour le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, dans le Nord, avec 61 %.

Un Président socialiste et un fiché S sauvés par la Macronie !

Dans cette catégorie encore inimaginable il y a quelques semaines, c'est François Hollande qui, bien sûr, remporte la palme : bien que désavoué par Claude Chirac, il a été soutenu par LFI et la Macronie. Résultat : 43 % pour l'ancien Président, dans une triangulaire qui l'a certainement sauvé. Palme que lui dispute l'autre figure repoussoir de la gauche que la Macronie peut se targuer d'avoir fait élire : Raphaël Arnault, à Avignon. Louis Boyard, réélu dans le Val-de-Marne, ne sera plus seul à transformer l'Assemblée en AG de l'UNEF ou en ZAD. Une alliance de la honte dénoncée par Geoffroy Lejeune.

Ces grands de la Macronie à l'élection facile

Le Premier ministre Gabriel Attal et son ministre des Affaires étrangères Stéphane Séjourné (à 72 %...) ont été facilement réélus dans leurs circonscriptions bourgeoises des Hauts-de-Seine, tout comme Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée sortante, ou Aurore Bergé.

Des macronistes historiques battus

Olivier Véran a été battu par un candidat LFI en Isère, tout comme les ministres Stanislas Guerini et Sarah El Haïry.

Les inclassables

On notera la défaite d'Emmanuelle Ménard, battue par le candidat RN, et la victoire sur le fil du centriste Charles de Courson, élu sans interruption depuis 1993 dans la Marne, face au RN.

Les LR canal historique résistent

Laurent Wauquiez a été élu à 60 % dans son fief de Haute-Loire. Il a déclaré refuser toute coalition ou compromission. À noter, aussi, la victoire sur le fil de Vincent Jeanbrun (LR), avec 544 voix, face à Rachel Keke (LFI), dans la 7e du Val-de-Marne. Olivier Marleix, patron des députés LR, a été réélu dans l’Eure-et-Loir, avec plus de 57 % face au candidat du RN, Olivier Dubois. Tout comme Annie Génevard, dans le Doubs.

Le succès des LR-RN

Éric Ciotti peut se féliciter de son choix. Non seulement il a fait élire son équipe des Alpes-Maritimes (quatre sièges à Nice), mais l'alliance RN-LR a aussi permis l'élection de Brigitte Barèges, dans le Tarn-et-Garonne, contre la vice-présidente socialiste de l'Assemblée Valérie Rabault, de Bartolomé Lenoir dans la circonscription de la Creuse, à la faveur d'une triangulaire, et d'Alexandre Allegret-Pillot, qui a remporté le dernier bastion LFI des Cévennes. Ce qui fait du Gard un département 100 % RN-LR. Éric Ciotti devrait être en mesure de constituer un groupe de 15 députés à l'Assemblée. Une déception : le jeune LR Guilhem Carayon, battu de peu dans le Tarn.

Les éditorialistes de Cnews

Ils avaient retenu l'attention des médias : si Guillaume Bigot a été élu de justesse à Belfort, Pierre Gentillet a été battu, à 48 %, dans le Cher, mais il prend date pour la suite.

Le groupe RN sort renforcé

Après les élus du premier tour, plusieurs personnalités ont été élues ou réélues : Roger Chudeau, dans le Cher ; Christophe Barthès, dans l'Aude, contre Philippe Poutou, du NPA ; les jeunes Jorys Bovet, largement réélu dans la 2e circonscription de l'Allier, et Gaëtan Dussausaye, élu dans les Vosges. On notera aussi l'élection de proches de Marion Maréchal : Anne Sicard, ex-candidate Reconquête, est élue députée RN à l'issue d'une triangulaire dans le Val-d'Oise et Thibault Monnier l'emporte dans la Drôme.

Mais dans le camp national, les déceptions sont bien là : la défaite serrée de Grégoire de Fournas en Gironde ou de Marie-Caroline Le Pen dans la Sarthe ; celle de Nicolas Dupont-Aignan, dans sa circonscription de l'Essonne, au profit d'un LFI, à cause du maintien d'un candidat LR, sont amères.

Ce catalogue ressemble à une liste à la Prévert, aussi hétéroclite à gauche que la nouvelle Assemblée sortie des urnes. Si le camp national ne cache pas sa déception, sa progression, sa stratégie d'alliance, le doublement de ses sièges en deux ans seulement et l'émergence de nouvelles figures sont des éléments porteurs d'espoir pour les années qui viennent.

Frédéric Sirgant
Frédéric Sirgant
Chroniqueur à BV, professeur d'Histoire

Vos commentaires

45 commentaires

    • Oui vous avez raison. Macron reste maître du jeu grâce à ses complices. Au final, il n’y a pas de changement. Le 1er ministre pourra faire passer des 49.3 (voire même trouver des majorités) et les motions de censure RN ne seront pas soutenues par LFI. Les français veulent du changement ? Oui mais pas trop…

      • Entièrement d’accord avec Vimal …les bons électeurs français vont amplifier ,lors des prochaines Présidentielles , la main mise de l’islamo-gauchisme-macroniste sur la France …les fichés S , les dealers , les délinquants sexuels , les escrocs
        les mafieux peuvent maintenant espérer un maroquin , si ce n’est dans les prochaines heures , ce sera dans 2 ans . J’entends parler de situation comme lors de la IV république, mais à cette époque là , les délinquants criminels étaient en taule , pas à l’Assemblee Nationale ni au Gouvernement ….nous n’avons pas fini d’apprécier le poison macron , cet individu a au moins excellé sur ce dossier de désintégration de la France, et comme il n’a pas d’enfant ni petits enfants à sauvegarder , il s’en donne à cœur joie

  1. Pas de majorité absolue, pas de gagnants, mais une grande perdante : la démocratie, malmenée et insultée par des méthodes et calculs politiciens indignes et antidémocratiques, des alliances perfides. Le caprice stupide de dissolution de Macron fait apparaître une France fracturée, plus divisée que jamais, ingouvernee et ingouvernable. Un chaos qui sert son cynisme : diviser pour mieux régner et garder son petit pouvoir.
    Seule consolation : la progression spectaculaire du RN, qui constitue un bloc non négligeable…. marche pied pour 2027…

  2. « On notera la défaite d’Emmanuelle Ménard, battue par le candidat RN… » N’ayons pas peur des mots et disons qu’on s’en réjoui plus qu’on ne le note. Même si cela concerne davantage son mari, la pensée « zig-zag » a fini par trouver le mur qu’elle mérite.

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