Editoriaux - Justice - Politique - Société - Sport - Table - 15 décembre 2017

La galanterie pour les nul.le.s

Tout ce qui ressemble de près ou de loin à une considération sexuée des rapports entre hommes et femmes devient progressiste-ment insupportable. Les féministes, en mal de sujets crédibles, aiment faire glisser la définition de “sexisme” (désignant – normalement – des attitudes méprisant la femme) vers tout ce qui rappelle que les hommes et les femmes présentent quelques différences.

La relation harmonieuse entre l’homme et la femme n’étant en rien acquise, la civilisation s’est trouvé des subterfuges permettant de régir des attitudes de politesse en général, et de galanterie en particulier. Nous parlons bien là de civilisation, qui consiste à apprivoiser notre nature humaine (parfois sauvage, il faut l’admettre) pour ériger une société pacifiée, par de profondes alternatives à la violence. C’est ce genre de bénéfices que nous apporte la politique, le jeu, le rituel, le sport, la loi, la justice, les coutumes, la politesse et, in fine, la galanterie. Pourtant, certaines paranoïaques soupçonneuses considèrent qu’apporter une attention particulière à quelqu’un et placer autrui avant soi-même sont l’expression d’un mépris ou d’une condescendance. C’est, en tout cas, ce que déclament les féministes, qui n’en sont plus à leurs ébauches d’andouilleries, brandissant toujours de nouvelles broutilles en revendications essentielles. Aussi assiste-t-on, sur LCI, à une surréaliste vidéo nous invitant à défier la galanterie :
Tenir la porte à une femme, lui céder sa place dans les transports : la galanterie, c’est vieux jeu ? Ou alors c’est plutôt sexiste ? @AnaisCondomines & @LeaBons se sont posé la question. Écoutez leurs explications. pic.twitter.com/JmwHye2A0W

Je doute qu’elles n’aient procédé à un quelconque sondage. Je peine encore à voir en quoi les bénéfices d’un service rendu ou d’une délicate attention puissent susciter une quelconque révolte. Que les femmes en profitent, tant mieux pour elles ! Si c’est trop insupportable, je propose qu’on inverse les rôles…

Ces mêmes féministes ont accouché d’un concept formidablement antinomique : le “sexisme bienveillant”.

Le sexisme bienveillant, on pourrait le comparer au « racisme bienveillant » (quand tu offres un apéritif à quelqu’un parce qu’il est noir). On peut aussi le comparer à « l’antisémitisme bienveillant » (quand tu souhaites bon Kippour à quelqu’un parce qu’il est juif). C’est aussi comparable à « l’islamophobie bienveillante » (quand tu organises le ramadan à la mairie de Paris). On peut mettre aussi en parallèle « l’homophobie bienveillante » (quand tu offres un cadeau à l’occasion d’un mariage homosexuel). Tout un tas de situations qui leur apparaissent profondément abjectes et scandaleuses, car bien que des gens soient gentils et respectueux les uns envers les autres, on préfère garder un doute sur ce qu’ils pensent.

En réalité, avec le “sexisme bienveillant”, nous découvrons deux sortes de sexistes. Il y a le sexiste historique, méchant, qui méprise les femmes et qui le montre bien. Il y a ensuite le sexiste bienveillant. Lui est gentil, mais c’est juste parce qu’il ne sait pas encore qu’il est sexiste (jusqu’à ce qu’il voie le reportage de LCI).

Je crois qu’avec ces deux sortes de sexistes, on arriverait à englober la plupart des hommes de la planète. C’est peut-être même l’objectif, car finalement, ce que ne supportent pas les féministes, ce sont les hommes, juste les hommes, et rien que les hommes.

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