Editoriaux - Education - Politique - 2 mars 2019

François Hollande fait la tournée des lycées : Jean-Pierre Chevènement s’insurge

Le devoir de réserve et de neutralité, que tous les professeurs devraient pratiquer dans leur enseignement, s’impose aussi à l’administration quand elle recourt à des partenaires extérieurs. Ainsi, l’organisation de conférences à destination des élèves doit-elle répondre à des critères garantissant qu’elles ne s’apparentent pas à de la propagande partisane. Jean-Pierre Chevènement a donc raison de souligner que la tournée des lycées, entreprise par François Hollande pour parler d’Europe et de politique, est “une grave atteinte à la laïcité”.

L’ancien président de la République s’est directement adressé aux lycéens dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, qui commence par : “Chers lycéens, et si je venais vous voir ?” et se termine par l’annonce : “Élèves, professeurs, proviseurs, vous pouvez m’écrire à l’adresse suivante : parlerdeurope@cab-fh.fr. À très vite !” Cette étrange invitation pose d’abord un problème d’ordre administratif. Un élève, un professeur ne peuvent faire venir dans leur établissement une personnalité politique, fût-ce l’ancien chef de l’État, sans l’aval du proviseur, du conseil d’administration, du recteur, voire du ministre.

Jean-Pierre Chevènement souhaite, à juste titre, savoir “si Jean-Michel Blanquer a été saisi d’une demande de la part de l’ancien Président”. Mais c’est surtout le problème de la neutralité politique qui est ici en jeu. Sans compter que François Hollande n’est pas un exemple pédagogiquement fiable. Il ne s’est pas spécialement fait remarquer, durant son mandat, par l’efficacité de sa politique européenne. Il souhaite partager son « expérience » de l’Europe mais, à part son déculottage devant Angela Merkel, cette expérience est bien réduite.

Celui qu’on surnommait Guimauve le Conquérant, Flanby, capitaine de pédalo ou Pépère croit toujours qu’il est un mage visionnaire. À Nancy, jeudi, il a plaidé pour une Europe politique qui s’engagerait pour “la paix, la résolution des conflits et le climat” – quelle originalité ! –, ajoutant : “C’est très difficile de le faire à 27, je pense qu’il faut le faire avec quelques pays pour qu’on puisse avancer plus vite.” Peut-être songe-t-il à se reconvertir dans un poste de responsabilité européen ou devenir le carburant qui redonnera un peu de puissance au poussif Parti socialiste ?

On espère, pour sa santé mentale, qu’il n’a pas l’ambition insensée de briguer de nouveau la fonction de Président. Il assure qu’il n’a pas d’ambition électorale, puisque la plupart des lycéens qu’il rencontre ne sont pas en âge d’aller voter, mais il oublie de préciser qu’en 2022 ils auront leur carte électorale. Quoi qu’il en soit, ces derniers temps, il ne rate pas une occasion de paraître en public et de se promouvoir. Il va même rééditer son livre Les Leçons du pouvoir en ajoutant quelques chapitres sur les gilets jaunes. Il veut faire croire qu’il est indispensable – ou s’en convaincre lui-même.

Jean-Pierre Chevènement fait valoir, à juste titre, que “la laïcité veut que des hommes politiques ne soient pas invités à s’exprimer dans l’école publique sur des sujets qui font l’objet d’une campagne électorale”, que “c’est un scandale, un dévoiement”. Dommage qu’il ait cru bon d’ajouter : “Sinon, Mme Le Pen en ferait autant.” Ce n’est pas un argument : la neutralité de l’école ne se marchande pas selon la couleur politique. Au demeurant, Marine Le Pen n’a jamais demandé à être invitée dans des lycées. L’eût-elle tenté, imaginez le foin que ça ferait dans la sphère médiatique et politique !

Le plus à plaindre, dans cette histoire, c’est François Hollande lui-même. En jouant au bonimenteur qui fait l’article, en continuant de se prendre pour le nombril du monde, il ajoute un élément à sa panoplie de ridicules, déjà bien chargée.

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