Franck Dubosc, gilet jaune à temps partiel

Les amateurs de slalom suivent avec ferveur Franck Dubosc dans ses circonvolutions hivernales à propos des gilets jaunes. Tout aussi à l’aise sur neige que sur glace, ses talents de patineur artistique voient ses admirateurs le supplier de rejoindre la troupe de Holiday on Ice. Avant qu’il ne quitte la scène comique pour se lancer dans une carrière d’étoile en combinaison à paillettes, récapitulons le parcours sinueux de l’artiste.

Saison 1 : face à son smartphone, Franck Dubosc est ému. Il sait d’où il vient. D’origine modeste, la colère populaire le touche. Tout bébé, déjà, sa maman lui faisait porter des gilets fluo. Désormais, il est privilégié, il en a conscience. Ce na va pas se passer comme ça… il va en parler aux copains. De toute évidence, il y a du concert dans l’air, de la mobilisation générale, pourquoi pas un coup d’État, un putsch. Il pourrait bloquer le théâtre du Rond-Point !

Saison 2 : un admirateur le filme pendant qu’il signe des autographes et l’interroge sur l’éventualité d’un concert de soutien. “Certainement pas”, répond sèchement l’ex-ému. “Les gilets jaunes, c’est du passé, Monsieur. Ils sont trop haineux, trop hargneux, à dégager. » Trop de vagues. La tempête doit se dérouler sans remous ni lame de fond. Et puis, il ne sait plus d’où il vient. Ah, si. De la boutique « Fauchon » où il est passé acheter une louche à caviar.

Saison 3 : double axel avec récupération sur la pointe des patins dans le studio de Cyril Hanouna. Le public exulte. Retour à la case départ. Il est avec les gilets jaunes. Son revirement était dû à des messages de haine reçus via les réseaux sociaux. « J’ai fait une énorme erreur, l’erreur d’un homme qui a eu peur. » Peur de perdre son boulot, ses amis, les entrées au cinéma. « Mais dans quelle galère suis-je allé me fourrer ? Moi à qui on n’avait rien demandé », se dit Franck en son fort Boyard intérieur.

Saison 4 (à venir) : après une longue période de cour effrénée, Franck Dubosc épouse en justes noces Emmanuel Macron. En souvenir de ses engagements passés, le marié porte une moitié de gilet jaune sur son smoking. Brigitte Macron raconte sa triste histoire sur la scène du Palais des Sports. Le spectacle est donné à guichets fermés. Un lancer de sacs Vuitton dans la foule conclut le show. De son côté, l’ex-Président accompagne son mari dans sa tournée avec Holiday on Ice. C’est la vie de bohème. Le couple grille les péages, roule à 180 sur les nationales. Enfin, libre ! Cyril Hanouna achète les droits de l’histoire et, grâce aux bénéfices, se lance dans l’import-export de gilets fluorescents. Il fonde une multinationale et embauche au SMIC les anciens bloqueurs de ronds-points qui se retrouvent, ainsi, être les grands dindons de la farce. La morale progressiste est sauve ! Happy end.

Plus drôle que le sordide Camping, plus épatant que tous ses « one-man-show », la saga “Dubosc en gilet jaune retourné” est en vente dans tous les locaux « En marche ! » reconvertis en stations-service.

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