Le Premier ministre irakien a annoncé, dimanche, la libération de la ville de Mossoul qui était aux mains de l’État islamique depuis trois ans. Que faut-il retenir de cette longue bataille ? Le général de division (2s) Vincent Desportes apporte une réponse au micro de Boulevard Voltaire.

Il en tire, notamment, les enseignements pour nos propres armées. C’est ce type de bataille urbaine qu’elles seront amenées à mener à l’avenir. Or, l’armée française n’est pas en situation de le faire actuellement, compte tenu de l’héritage laissé par le couple Le Drian-Hollande, qui a véritablement détruit nos capacités. Aussi, la promesse du Président Macron d’augmenter très rapidement les moyens de l’armée française doit absolument être tenue…

Le Premier ministre irakien a annoncé hier la libération de la ville de Mossoul qui était aux mains de l’Etat islamique depuis maintenant 3 ans. Selon vous, que faut-il retenir de cette longue bataille ?

Il faut retenir que nous sommes devant un nouveau modèle qui devrait prévaloir à l’avenir.
A partir du moment où les guerres ne se passent plus dans l’affrontement symétrique de forces égales, le combat va toujours se ranger dans les zones urbaines.
Elles constituent un milieu nivelant dans lequel le faible peut faire face au fort. Cela a été le cas à Mossoul.
La zone urbaine sera très probablement le milieu dans lequel se dérouleront les prochaines batailles.
Ce milieu nivelant ne permet plus à la puissance militaire classique, à la puissance conventionnelle, de l’emporter facilement. On le voit ici avec la coalition appuyée de façon remarquable et extraordinaire par les Américains.
Les Armées doivent s’adapter et comprendre que l’expression de la force ne peut plus se faire aisément comme elle se faisait hier dans des terrains ouverts comme en particulier en Irak en 2003 lorsque les Américains avaient battu facilement les armées irakiennes.

Vous l’avez dit, cette bataille a été compliquée. Plusieurs Armées ont participé à cette bataille dont la nôtre. La coalition a fini par l’emporter. Est-ce que cela montre la capacité d’adaptation de nos armées à ces guerres particulières ?

Premièrement, rappelons que “nos armées” en l’occurrence ne sont pas nos armées. Il s’agit essentiellement de l’armée irakienne.
L’armée française a appuyé a minima. L’armée américaine l’a fait beaucoup plus, mais c’est bien une bataille qui a d’abord été gagnée par l’armée irakienne. C’est une armée locale qui a battu un ennemi local. Ce n’est pas une intervention étrangère. La coalition n’a fait qu’appuyer.
Ensuite, nos Armées ont effectivement une bonne capacité d’adaptation.
Cette guerre nous montre l’usage de nouveaux moyens de guerre, en particulier le drone. Le drone a joué un rôle tout à fait considérable.
Il ne faut pas en revanche oublier le prix de cette victoire. Une très grande partie de Mossoul, et en particulier la vieille ville, est désormais aussi ravagée qu’a pu être Le Havre après les bombardements britanniques de 44, où Dresde et Hambourg après les bombardements américains.
On peut gagner des guerres en ville, mais on le fait au prix de la destruction de la ville et de millions de personnes déplacées, sans emploi et qui vivent dans des conditions épouvantables.
La puissance finit toujours par l’emporter face à la faiblesse, mais elle le fait à un coût qui est extrêmement élevé.

Est-ce que l’armée française sera-t-elle à l’avenir en mesure de mener ces batailles ?

On voit bien dans cette affaire que les combats à venir, s’ils devaient être conduits par l’armée française, seraient des combats longs qui demanderaient beaucoup de moyens. Aujourd’hui, l’armée française, avec le format très réduit qu’elle présente et ses matériels limités en nombre, aurait le plus grand mal à conduire par elle-même ce genre de combats.
La promesse du président Macron d’augmenter très rapidement les moyens de l’armée française doit absolument être tenue.
L’Armée française aura à conduire ce genre de batailles. Cela est sûr.
Aujourd’hui, elle ne le peut pas avec les moyens laissés par l’héritage précédent.
Le couple Le Drian-Hollande a véritablement détruit les capacités des armées françaises.

10 juillet 2017

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