Il faut vraiment être aveugle pour ne pas voir ce rouleau compresseur de l’euthanasie qui arrive

Alfie Evans est un bébé britannique, âgé de vingt-trois mois. Atteint d’une maladie dégénérative très grave, il fait l’objet d’un “protocole de fin de vie” auquel ses parents s’opposent. Jean-Marie Le Méné revient, pour Boulevard Voltaire, sur cette affaire qui a fait le tour de l’Europe.

Depuis plusieurs jours, l’enfant Alfie Evans de 23 mois est au coeur d’un débat très profond en Angleterre.
Pouvez-vous nous expliquer en quoi constitue cette affaire ?

Il s’agit d’un enfant très jeune âgé d’à peine deux ans atteint d’une maladie génétique dégénérative très grave. Il fait l’objet d’un protocole de fin de vie pour dire les choses pudiquement par un hôpital britannique. Il fait en fait l’objet d’une privation volontaire d’aide à la respiration, d’hydratation et de nutrition. Ce protocole existe aussi dans d’autres pays, comme en France avec le cas de Vincent Lambert.
Cela peut paraître choquant aux yeux de l’opinion publique lorsqu’il s’agit d’un enfant. Ses parents sont à ses côtés. Ils ont respectivement 20 et 21 ans et se défendent avec beaucoup d’acharnement.
Tous les recours qu’ils ont faits devant la justice ont été des échecs. La décision de mettre un terme à la vie de cet enfant, c’est-à-dire la confirmation de son euthanasie a été prise malgré les appels de ses parents.

Il existe peut-être une alternative. L’Italie s’est déclarée favorable à l’accueil de cet enfant dans un hôpital spécialisé.
Pour quelle raison la justice anglaise s’y oppose-t-elle ?

Une mobilisation et une indignation internationales très importantes se sont exprimées. Le pape s’est exprimé plusieurs fois et le gouvernement italien a mis à la disposition de la famille un avion du gouvernement. Les présidents de la Pologne et du parlement européen se sont également mobilisés. J’en passe puisqu’il y a eu des propositions de ce type sur tous les continents.
Si l’Angleterre ne veut plus le traiter, alors qu’on l’amène ailleurs et en particulier dans ce fameux hôpital du Bambino Jesus de Rome.
Les parents ont dû à nouveau faire une démarche auprès du juge. Elle s’est malheureusement soldée par un nouvel échec. Le juge a définitivement décidé qu’il n’était pas question que cet enfant sorte du territoire britannique. C’est complètement incompréhensible.
Je vois dans cette décision deux choses qui montrent les traits de l’évolution de notre civilisation occidentale. D’une part, j’y vois la vision transhumaniste, profondément eugéniste et euthanasiste de la vie, en particulier de la vie des plus faibles en début ou en fin de vie. C’est donc une mentalité qui devient prégnante et qui touche y compris la médecine. La médecine croit bien faire en mettant un terme à des soins qui sont dus à des patients soit très jeunes, très âgés ou très malades. Il faut vraiment être aveugle pour ne pas voir ce rouleau compresseur de l’euthanasie qui arrive. Il s’est déjà installé dans certains pays comme la Belgique et va s’installer en France.
Le deuxième trait est le gouvernement des juges. C’est incroyable qu’un juge puisse mettre en échec une indignation mondiale, assez populaire, mais qui n’arrive pas à se faire entendre. Le pape s’est exprimé quatre fois, des présidents de pays souverains peuvent s’exprimer, proposer des moyens, donner la nationalité italienne à ce petit garçon. Ce qui lui permettrait d’échapper à la rigueur des lois britanniques. Tout cela ne marche pas ! On est vraiment dans une société complètement différente de celle qu’on a connue. Elle n’a plus rien de démocratique. Quand on voit que la police s’exprime même sur les réseaux sociaux en disant « attention, si vous critiquez les décisions de l’hôpital, vous allez avoir à faire à nous ». C’est la société d’Orwell.
Je rajoute que des journalistes britanniques et américains ont fait remarquer la démission et la lâcheté des autorités morales et religieuses britanniques. L’évêque et les associations catholiques du lieu se sont désolidarisés des parents et soutenaient plutôt le gouvernement dans cette affaire. Ils s’écartent ainsi de l’enseignement de l’Église et de la position du pape sur cette question qui est très claire.

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