Vendredi 20 avril 2018, ordre est enfin donné aux forces de l’ordre d’évacuer la faculté de Tolbiac après trois interminables semaines d’un squattage surréaliste où rebelles en sarouel et anarchistes “iPhonisés” ont joué à Robespierre.

Depuis leurs amphis recyclés en dortoirs ou aux tribunes de leurs invraisemblables « AG », ils ont fabriqué un monde imaginaire et loufoque dans lequel ils sont inévitablement victimes et martyrs, traqués par la et injustement jetés derrière les barreaux par une bourgeoise aux mains des « hommes blancs cis- oppresseurs ». Une semaine de plus et ils venaient nous dire que Tolbiac équivalait au ghetto de Varsovie. Comme souvent lorsque l’on rêve de changer le monde, il faut faire porter à celui que l’on veut remplacer la responsabilité de tous les maux. Dans ces situations, le drame est lorsque la réalité nous fait défaut. Et dans la réalité, les « bloqueurs » ont pu jouer pendant presque un mois avant que les autorités daignent enfin sonner la fin de la récréation. Dans la réalité, la petite Juliette qui a fait l’apologie de la ségrégation raciale et sexuelle sur le plateau de LCI quelques heures après l’évacuation de Tolbiac ne sera jamais poursuivie pour ces faits.

Et lorsque la réalité ment, il faut lui faire dire la vérité dont on a besoin. L’occasion en est donnée par l’évacuation en question : un étudiant a été blessé, gravement, les mots « coma » et « » sont lâchés à la meute et les militants s’emballent. Ils tiennent enfin un martyr, un vrai ; ils ont enfin leur Clément Méric, leur Malik Oussekine. Ils tiennent la preuve de leur oppression, la preuve que « la police tue » !

Sauf que tout est faux. Le Média, organe des Insoumis, doit finir par s’incliner et admettre que les témoins directs de la scène étaient plus imaginaires qu’oculaires. Raphäel Enthoven a eu un mot d’une pertinence redoutable à propos de ce mensonge : “Le blessé qu’on invente, c’est le qu’on espère.”. Un mort, voilà le symbole qui vous propulse un discours théorique au rang de combat légitime et nécessaire. C’est-à-dire qu’au fond d’eux, dans les parties sombres de leur conscience, ces bloqueurs humanistes, grand cœur, fraternisant les uns avec les autres, se disaient sans doute à propos de leurs camarades : « Si tu pouvais mourir demain sous les coups de la police, quel service tu rendrais ! Crève, camarade, crève pour que la lutte continue ! »

27 avril 2018

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