L’« ensauvagement » de la société française est à la une, et c’est inévitable. Que signifie l’ensauvagement ? En premier lieu, l’augmentation de la brutalité dans les rapports humains. En second lieu, le fait que les auteurs de ces violences sont étrangers à la culture nationale, que leurs comportements sont ceux de « sauvages » qui n’ont pas assimilé la civilisation dont nous héritons et qu’ils n’ont pas été assimilés à la nation réduite à « la République ».

Il y a, dans notre pays, des espaces où le rapport de force domine l’État de droit parce que, démographiquement, des groupes d’origine étrangère sont plus nombreux que les autochtones et ne peuvent donc imiter le modèle de ces derniers, que les trafics et autre activités illicites constituent une part décisive de l’économie de ces secteurs et qu’enfin, l’école inhibée par les pressions, les menaces, les réticences ne remplit plus son rôle intégrateur. Quand la formation conduit à de petits emplois mal rémunérés alors que la délinquance et le crime rapportent bien davantage, notamment en raison du laxisme judiciaire à l’égard des mineurs, prétendre que la construction d’une école permettrait de fermer une prison est grotesque.

Et pourtant, c’est à cette vieille utopie hugolienne que vient de se référer le nouveau ministre de la Justice qui, en tant qu’avocat, souhaite bien sûr que ses clients, victimes de l’injustice sociale, soient libres. La prison serait l’école du crime… donc, si on ferme les prisons, le crime diminuera. La criminalité, comme Alain Bauer et Xavier Raufer le disent depuis longtemps, est avant tout le fait de criminels et non un mécanisme social qu’on pourrait faire cesser « mécaniquement » en diminuant les inégalités, en réduisant les discriminations.

Certes, la prison est un accélérateur de ce phénomène, mais parce qu’elle arrive trop peu et trop tard, pour trop peu de temps et avec trop de contraintes pour l’institution pénitentiaire. La France n’a pas construit assez de prisons. La surpopulation carcérale est due à cette insuffisance et non à la dureté des châtiments. C’est pourquoi la peine dès le premier délit méritant une privation de liberté doit être exécutée avec le risque, pour le récidiviste, d’une incarcération très longue.

Cette réponse est à des années-lumière de l’idéologie mortifère qui règne dans notre pays. Pour comble, la schizophrénie du « en même temps » a placé face à face et non côte à côte un partisan de cette idéologie à la Justice et un imitateur de Sarkozy à l’Intérieur. Sur le terrain de la récente fusillade de Nice, ce dernier n’a pas brandi son Kärcher™ mais affirmé que la République était partout chez elle. Cette phraséologie incantatoire ne nous change guère de Castaner. Or, il est temps de renverser la table ! Les fusillades et les échauffourées de Dijon et de Nice ont conduit à des déplacements de ministres suivis de déplacements de CRS… Poudre de perlimpinpin et emplâtre sur jambe de bois ! Philippe Monguillot, Mélanie Lemée, Thomas et Axelle Dorier ont été victimes de sauvages incapables de mesurer la gravité de leurs actes.

L’avocat de celui qui est l’auteur de la mort de l’aide-soignante de a voulu faire de son client une victime, « bouleversée » par le drame (dont il est l’auteur) et objet d’une récupération de l’extrême droite. Ce renversement systématique de la culpabilité, cette victimisation des coupables sont devenus intolérables. Effectivement, son prénom n’est pas Jules ou Louis et a la même origine que ceux impliqués le plus souvent dans les violences. Il faut se libérer de l’aveuglement idéologique qui nous est imposé depuis trop longtemps. Mais cette libération ne serait, si elle est encore possible, qu’un premier acte avant un changement radical dans les domaines de l’immigration, de l’accession à la nationalité, de la justice et de l’école… Nous sommes devant une montagne et notre « premier de cordée » est le plus mauvais guide qu’on puisse imaginer pour cette aventure à hauts risques.

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