est constant : il continue à plomber son camp.

D’abord, il affirme que, « s’il ne soutient pas Macron, il ne s’y oppose pas », ce qui n’est pas la meilleure manière d’apporter son soutien à sa famille politique.

Mais, pire, face à des visiteurs, l’ex-Président battu en 2012 déclare : « Je ne vais pas inventer pour la droite un candidat crédible. Elle n’en a pas ! Il faut plein de qualités pour être Président,c il faut aussi une gueule, aucun des candidats potentiels n’a la gueule d’un Président » (Le Canard enchaîné).

On peut avoir été président de la République durant cinq ans, n’avoir pas été réélu en 2012, avoir été sèchement défait à la primaire de la droite et du centre en 2017 mais s’estimer, cependant, légitime pour décerner les bons et les mauvais points, se poser en arbitre et prétendre départager, à partir de critères discutables, les personnalités dignes de la charge suprême. Quelle incommensurable vanité est la sienne, et j’en veux beaucoup à son proche environnement, au sein duquel j’ai des amis, qui le conforte dans la certitude qu’il est l’unique !

Ainsi, nous n’aurions aucun candidat plausible pour l’échéance de 2022, en particulier parce que nul n’aurait « la gueule d’un Président ».

Quelle appréciation absurde, superficielle, qui vise à dégrader ceux qui pourraient défendre la cause des LR ! Je ne peux pas m’empêcher de juger sans élégance cette pique à l’encontre de Xavier Bertrand et de Bruno Retailleau, comme si leur apparence, leur esthétique, leur personnalité étaient radicalement désaccordées d’avec leurs ambitions.

Faut-il entendre que son favori François Baroin aurait eu, lui, la « gueule » qui convenait ? L’énergie et l’envie, en tout cas, lui ont manqué.

Je ne pousserai pas l’indélicatesse jusqu’à m’interroger sur la « gueule de Nicolas Sarkozy » hier, je craindrais d’en tirer des conclusions aussi peu fiables que celles concernant ceux que j’ai nommés.

Allons à l’étranger et considérons qu’à l’évidence, John Fitzgerald Kennedy ou Barack Obama ont eu « des gueules de président » mais qu’ils ont été de médiocres présidents en dépit de leur aura superficielle et de leur lustre médiatique.

En revanche, Richard Nixon se voyait souvent dénigré pour sa « sale tête » mais, faute d’avoir « la gueule d’un président », durant son premier mandat, il a sans doute été le plus remarquable président que les États-Unis ont eu depuis longtemps.

J’accepterais volontiers que certaines destinées exceptionnelles n’auraient sans doute pas eu la même facilité pour s’imposer et dominer si, physiquement, elles avaient été moyennes, ordinaires. Un de Gaulle petit aurait rendu plus malaisée la haute conscience qu’il avait de lui-même et cette dimension physique lui a permis un surplomb sur les autres qui anticipait sa supériorité intellectuelle, politique et historique.

En dehors de rares exemples, la « gueule de Président » est une notion aléatoire, trop subjective pour autoriser un jugement citoyen valide. En revanche, je crois profondément qu’un Président « qui a de la gueule » se remarque tout de suite et que cette intuition relève d’une pluralité de données tenant à l’allure, à l’élégance et à la densité.

Au sérieux, à la gravité, à l’impression qu’on laisse.

Pour bien me faire comprendre, l’exemple qui me semblerait devoir le mieux illustrer ce « Président qui a de la gueule » serait celui de Georges Pompidou, dont la présidence a été exemplaire, trop tôt interrompue par sa mort.

Barack Obama, dans ses mémoires, a décrit Nicolas Sarkozy comme « un petit coq qui parlait beaucoup […] tout en emportements émotifs et en propos hyperboliques […] », contrairement à Angela Merkel, plus économe de son verbe.

Et si Nicolas Sarkozy ne se mêlait plus des LR ?

19 novembre 2020

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