Et si nous regardions le voile islamique autrement ? Il est un défi de . Assurément. Mais, au fond, il ne s’agit que d’un morceau d’étoffe porté par des femmes de chez nous fières de leur d’ailleurs…

Et si nous nous demandions ce que sont devenus nos propres vêtements et ce qu’ils disent de notre identité ? Car quel spectacle donnons-nous, si ce n’est celui de « traîne-savates » sans élégance ni distinction, déplaçant avec lourdeur et vulgarité leur corps dans la cité ?

Où est passée l’élégance française ? Qu’est-elle devenue ? Et la richesse de l’habillement occidental, produit d’une civilisation chrétienne qui n’a jamais eu peur des formes et des couleurs des tissus pas plus que de leur ampleur comme de leur mouvement ou encore du corps qu’ils habillaient ?

Que sont devenus nos tenues de mariage ou de soirée ? Où est passé le raffinement avec lequel nous prenions le soin de nous habiller pour sortir chez des amis ou pour aller au théâtre ?

Le voile devient une arme et le symbole d’une armée en guerre. Mais on ne gagne pas les guerres qu’avec des armes. Cela fait longtemps, très longtemps, que l’Histoire nous a appris que la victoire se remporte d’abord au fond des cœurs, dans la fierté de chacun.

Quelle fierté y a-t-il, aujourd’hui, dans le port de nos casquettes ou de couvre-chef désespérément rivés sur les têtes de ceux qui ne les portent plus que par provocation ? Et dans les expositions de chairs alanguies sur les plages…

Nos femmes portaient des voilettes et des chapeaux, dans les églises. Nos religieuses portaient leurs voiles avec foi et humilité. Les hommes se découvraient en entrant dans les églises ou en croisant une femme. Ces symboles étaient le fruit d’une forte. Ils étaient donnés par des hommes et des femmes debout qui n’avaient pas peur de leur identité, de leur culture, de leur être profond.

S’il est évident que la situation est devenue particulièrement difficile au point où nous en sommes arrivés, et s’il semble acquis que les armes devront parler – qu’il nous faudra désarmer les porteurs de couteaux qui veulent nous égorger -, il est tout aussi certain que si nous ne retrouvons pas au fond de nous-mêmes une âme exigeante et droite qui nous fasse nous porter autrement, nous vêtir dignement avec élégance et nous tenir droitement, nous ne pourrons pas vaincre.

Les époques au cours desquelles nous avons été capables de nous affirmer face à un déjà conquérant furent marquées par l’efflorescence, la magnificence et la richesse de nos vêtements, de nos modes, par la classe de nos femmes et de ceux qui les accompagnaient.

Face à elles et eux, les voiles et les tenues musulmanes étaient d’une et d’une tristesse infinie, d’une faiblesse civilisationnelle qui était en elle-même annonciatrice de l’impossible domination sur une civilisation chrétienne capable d’intégrer et de supporter la concurrence.

C’est en retrouvant le sens et le goût de ces beautés que nous parviendrons à développer un cadre culturel d’intégration ; ce après quoi nous courons désespérément, refusant de chercher dans notre identité dont nous avons lâchement honte. Et il en ira du domaine de l’habillement comme de bien d’autres encore. Certes, la route sera longue, mais ne faut-il pas un commencement à tout ?

À l’heure où nous avons peur, il s’agit de savoir faire aimer notre civilisation autrement que par la vulgarité, la laideur et la provocation ! Nous devons susciter l’admiration, le désir, l’attirance – le respect – plutôt que de tenter maladroitement de faire se renier ceux qui ne sont pas tous des ennemis. La majorité des musulmans de sont à conquérir et à séduire si nous ne voulons pas qu’ils basculent du côté des fous d’Allah qui cherchent à les entraîner…

Le blog de Bernard Hawadier

19 novembre 2020

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