Et maintenant, le trafic de rendez-vous pour titres de séjour !

Le trafic n’existe pas seulement pour les cigarettes ou la drogue. Avec l’afflux de migrants, un marché noir se développe pour la prise de rendez-vous en vue de déposer une demande de titre de séjour. Du moins, si l’on en croit une enquête du Monde, intitulée « Titres de séjour : le prospère business de la revente de rendez-vous en préfecture ». Voilà qui doit plaire à notre Président, qui n’a que le mot de start-up à la bouche : cette entreprise innovante a, compte tenu de la politique migratoire menée par le gouvernement, un fort potentiel de croissance.

Il est de plus en plus difficile d’obtenir un créneau horaire auprès de l’administration. Alors, quelques petits malins, qui ont le sens des affaires, ont créé un marché parallèle. Ils ne sortent pas d’une grande école de commerce mais savent étudier les besoins et appâter la clientèle. Sur Internet ou sur Facebook, ils proposent des offres alléchantes comme « Offre limitée – premier arrivé premier servi ! » ou encore « Rendez-vous disponibles à très bas prix ! » Et si vous parrainez quelques clients, « vous pouvez avoir votre rendez-vous gratuitement » ! Il paraît que ça se vend comme des petits pains. Une bonne affaire, si vous vous y connaissez un peu en informatique et êtes sans scrupules !

Selon Le Monde, ce service se monnaie entre 15 et 200 euros : tout dépend des préfectures, des titres demandés et des revendeurs. Même dans ce trafic, les lois de la concurrence trouvent leur place. Le ministère de l’Intérieur est au courant de ce marché parallèle et assure que « les faits sont signalés à la Justice ». Des enquêtes auraient même été ouvertes à Bobigny et Nanterre. Mais comme un gang de drogue est immédiatement remplacé quand il est démantelé, tant qu’il y a de la clientèle, on trouve toujours de nouvelles vocations.

Trois millions de personnes, qui détiennent un titre de séjour, peuvent avoir besoin d’un renouvellement de titre ou d’un document administratif. S’y ajoutent tous ceux qui demandent leur régularisation. Il y a forcément des embouteillages. Pas moyen de trouver une plage horaire libre dans de nombreuses préfectures. Sinon, des délais interminables. Une aubaine pour ces trafiquants en ligne qui n’hésitent pas à tirer parti des clandestins sous prétexte de leur apporter de l’aide.

« Le problème, c’est le manque de créneaux mis à disposition », explique un responsable de la CIMADE, qui se définit comme une organisation qui a pour objectif « de manifester une solidarité active avec les personnes opprimées et exploitées ». Il faudrait plus de moyens. Surtout que les personnes qui n’arrivent pas à renouveler leur titre peuvent être confrontées à « de gros problèmes de rupture du droit au travail ou aux prestations sociales ». Sans compter qu’en régularisant leur situation, certains risquent l’expulsion.

Au ministère de l’Intérieur, on reconnaît, toujours selon Le Monde, qu’« on peut faire beaucoup mieux, même s’il n’y a pas de recette miracle » et qu’« à long terme, il faut trouver des solutions pour simplifier les procédures ». Rien qu’en 2018, les préfectures auraient dû gérer une augmentation de 20 % de la demande d’asile, à quoi s’ajoutent – ô scandale ! – des obligations de quitter le territoire français. Comment voulez-vous vous en sortir ? On a le sentiment que, pour se débarrasser du problème, certaines bonnes âmes proposeraient bien de régulariser tous les sans-papiers. Pourquoi se compliquer l’existence ? Ce serait plus simple et on éviterait les trafics.

Faut-il s’étonner si personne n’ose dire qu’il serait peut-être plus sage de revoir la politique migratoire et surveiller nos frontières ?

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