« Zemmour, casse-toi ! » Dans le quartier du Panier, à Marseille, un comité d’accueil attend de pied ferme l'essayiste. Le lieu de rendez-vous était pourtant tenu secret. Le communiqué de presse indiquait : « Attention ! Embargo sur ce programme, ne pas rendre public avant exécution des actions. » Sans carton d’invitation de l’entourage d’Éric Zemmour, les militants d’extrême gauche guettaient l’écrivain au 1, place Daviel, vendredi, à 15 heures. Tenus à distance par les forces de l’ordre, ils ont couvert d’insultes le putatif candidat à la présidentielle. Comment expliquer la présence impromptue de militants d’extrême gauche hostiles ?

Pour Olivier Ubeda, actuel directeur national des événements d’Éric Zemmour, des journalistes ont transmis le communiqué à des responsables antifascistes. « Il se trouve que certaines presses locales ont fait des captures d’écran. J’ai vu des SMS. La presse locale n’a pas respecté cette déontologie. On envoie toujours nos programmes de déplacement “sous embargo” », nous confie cet ancien artisan de la victoire de Nicolas Sarkozy, en 2007. « Embargo veut dire que l’événement reste strictement confidentiel », précise ce ténor de la communication politique.

Un militant d’extrême gauche, visage couvert, prend en photo, avec un objectif, l’entourage d’Éric Zemmour. Le lendemain, samedi 28 novembre, une banderole géante « Zemmour dégage » est déployée à 20 mètres de hauteur sur la cathédrale La Major. C’est là qu'Éric Zemmour avait donné rendez-vous pour la deuxième journée de son déplacement. Le site Infos Autonomes, qui se décrit comme « un site collaboratif de lutte », encourage à dénoncer la présence de l’essayiste. Des indics ont été invités à notifier les endroits où se situait Éric Zemmour.

« Participez au grand jeu du zbeulage des apparitions de Zemmour. Si vous le croisez en ville, n’hésitez pas à envoyer un mail à [email protected] pour signaler sa présence », indique l’article anonyme. « Zbeule » (zebl), diminutif de « zbeulage », signifie « désordre », en langue arabe maghrébine. Le grand jeu fait des dégâts. La devanture du restaurant Bistrot 13B est saccagée. Son crime ? Avoir accueilli, le temps d’un souper, l’ancien éditorialiste. Pour l’heure, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, n’a pas dénoncé les menaces et troubles à l’ordre public provoqués contre une personnalité publique.

Sandrine Rousseau, ancienne candidate à la primaire Les Verts, a partagé les images d’une violente manifestation illégale, survenue dans la nuit de vendredi à samedi, avec la légende « Cœur sur vous les Marseillais et les Marseillaises ». Et non, on a vérifié, ce n’est pas son compte parodique.

 

27 novembre 2021

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