Economie - Editoriaux - Politique - 4 juin 2019

Entre libéralisme intégral et souverainisme, il va falloir choisir !

La bataille s’engage, les batteries se dévoilent. La lourde défaite de LR suivie de la démission de Laurent Wauquiez précipite les choses. Mais également, dans un autre ordre d’idée, la fermeture de l’énorme entreprise ArjoWiggins, premier employeur des confins de la Sarthe et du Loir-et-Cher, un fleuron de l’industrie papetière française.

Le président du conseil départemental de la Sarthe demande, dans une lettre au gouvernement, de n’exclure « désormais aucune solution, en s’interrogeant notamment sur une prise de contrôle temporaire des actifs de l’entreprise par l’État afin d’en préserver une reprise notamment pour la fabrication de papier recyclé puisque désormais, celle-ci n’existe plus en France ».

Comme toujours, ou bien on raisonne emploi en France, emploi des Français, ou bien on raisonne logique comptable, bilan, compte d’exploitation, coût horaire d’un salarié français comparé à un salarié polonais. Dans ce dernier cas, en France, fermons tout et tout de suite. Regardons les herbes folles envahir nos écoles et nos routes, nos panneaux indicateurs rendus illisibles – ça commence déjà par manque d’entretien. Attendons-nous à voir les épidémies se répandre, nos maisons et nos édifices tomber en ruine.

Il y a quelques années, je rétorquais à un directeur de grande surface libre-échangiste que, pour ma part, je ne souhaitais pas vivre dans un pays où il n’y aurait plus que des chômeurs et des distributeurs. À la même époque, les chambres de commerce et d’industrie, dans un petit slogan, hélas, passé inaperçu, soulignaient que « nos emplettes sont nos emplois ». Comment, en effet, croire à la prospérité d’un pays dont les habitants, pour une bonne part chômeurs, s’approvisionneraient majoritairement en produits chinois et en denrées alimentaires hollandaises ?

À l’heure de la production et du transport à bas coûts, inondant toutes les contrées du monde, le libéralisme intégral est nocif, non seulement pour la planète, mais surtout pour les pays les moins solides économiquement parlant. Ainsi, donc, la protection de l’économie par l’intervention politique de la puissance publique est nécessaire. Trump, qui n’est pas un étatiste, que je sache, ne dit pas autre chose.

Dans ce contexte, l’agitation de certains milieux politiques est à la fois dérisoire, irréfléchie et presque indécente.

Ainsi sont indécents les appels d’élus LR pour un rapprochement idéologique avec La République en marche.

Les appels à l’union des droites sont tout aussi impurs. Mme Marion Maréchal croit-elle sérieusement à la possibilité de concilier la « liberté d’entreprendre et la France éternelle » à l’heure des multinationales impitoyables ?

Je m’en remettrais plutôt à la fulgurante pertinence d’Alain de Benoist lors du colloque 2019 de l’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne : Dans « certains cas, le pont le plus efficace est le pont-levis, qui se baisse ou qui se lève pour ouvrir ou fermer le passage permettant d’accéder à une cité menacée. Il est temps, aujourd’hui, de relever le pont-levis. »

À lire aussi

Requiem pour les gilets jaunes

Hélas, à Montpellier, ce 7 septembre, 500 Black Blocs accompagnant impunément quelques cen…