Editoriaux - Politique - 28 juin 2019

En pleine canicule, Ségolène Royal se fait glaçante…

À tous les coups, ça marche ! Avec Ségolène Royal, démarrage au quart de tour assuré. Été comme hiver. Sur la banquise ou en pleine canicule. Nicolas Sarkozy sort son dernier bouquin, Passions, en fait la promotion à travers notamment un entretien au Point ? Bingo, l’ancienne candidate à la présidence sort de sa réserve d’ours polaires et montre les griffes.

En cause, ce passage : « Je me suis demandé, notamment lors du débat présidentiel de l’entre-deux-tours, si elle faisait preuve d’incompétence par volonté politique, ou si plus vraisemblablement elle ne possédait ni la connaissance ni la compréhension des dossiers qu’elle abordait. » On ne peut être plus vachard. Vous en connaissez beaucoup, des politiciens qui afficheraient volontairement leur incompétence ? Cela dit, le monde politique est rempli d’hommes et de femmes qui « possèdent bien leurs dossiers » au point qu’on pourrait parfois se demander ce que serait la situation du pays s’ils ne les connaissaient pas ! En tout cas, la réaction de la ministre émérite ne s’est pas fait attendre. Tweet cinglant et conforme à ce qu’on était en droit d’attendre de Ségolène Royal : « Indécrottable sexisme, procès dérisoire en incompétence. Le même hélas, en 2007, que celui des dirigeants du PS alors que j’avais + de mandats électifs et + de diplômes, comme je le raconte avec humour dans Ce que je peux enfin vous dire. C’est bas pour toutes les femmes. » Passons pour le petit coup de publicité pour son livre sorti à l’automne 2018. Pas de mal à se faire du bien. Maintenant, faut-il voir du sexisme dans le procès en incompétence mené par Nicolas Sarkozy – incompétence, réelle ou infondée, peu importe d’ailleurs ?

Plus de trente ans, que Ségolène Royal nous fait le même coup. Elle est attaquée ? Ipso facto, elle ramène son adversaire sur le terrain du sexisme. La ruse est depuis longtemps éventée mais tant pis, ce n’est pas grave, l’ancienne compagne de François Hollande continue à faire ce qu’elle sait faire de mieux : se victimiser. Et le simple fait de dénoncer le procédé est passible de la même accusation de sexisme, qu’on se le dise. À tous les coups, elle gagne. Cette fois-ci, elle en a même rajouté, puisque son tweet se termine d’un définitif « #Me Too ». Je n’appartiens pas à la Ligue de protection des Nicolas Sarkozy en détresse, mais avouons qu’il y a de quoi s’étonner. Me too, si j’ai bien suivi, c’est ce mouvement qui dénonce les violences faites aux femmes. Et pourquoi pas « Balance ton porc » ? Le réchauffement climatique fait des ravages.

Maintenant, si j’étais Nicolas Sarkozy, je ferais porter des fleurs à la dame. Non pas pour s’excuser d’avoir été peut-être un peu violent en 2007 avec elle – après tout, elle jouait à la politique, pas à la marelle -, ni pour avoir été un peu vache dans son bouquin. Non. Mais pour la remercier de lui faire un tel coup de pub, quelques jours à peine après la sortie de ce qui est sans nul doute un chef-d’œuvre.

« Les haines sont si longues et si opiniâtrées, que le plus grand signe de mort dans un homme malade, c’est la réconciliation », écrivait La Bruyère. On dira que c’est la même chose pour une femme et, visiblement, Ségolène Royal, comme Nicolas Sarkozy, malgré la canicule, semble en pleine forme.

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