Editoriaux - Religion - Société - 26 octobre 2019

Emmanuel Macron : le voile n’est pas son affaire ?

Le Président Emmanuel Macron vient de déclarer que le port du voile islamique dans la rue n’est pas son problème.

Le même qui, sur un tout autre sujet, tweetait, il y a quelques semaines : « De la grossesse aux 2 ans de votre enfant, il y a 1000 jours. 1.000 jours déterminants. Rassurez-vous, personne ne naît parent. Mais pour que votre enfant parte bien dans la vie, je lance une commission qui va se pencher sur la manière de vous accompagner durant ces 1.000 jours. »

Cherchez l’erreur… Elle est double.

La volonté de prendre en charge nos enfants dès le plus jeune âge sans pour autant les protéger du risque de l’interruption volontaire de grossesse est, objectivement, un acte politique totalitariste orwellien.

À l’inverse, lorsqu’il s’agit de s’occuper du voile islamique, notre Président développe un distinguo étonnant mais communément partagé.

Sous prétexte que le communautarisme ne commencerait qu’à partir du moment où l’on entre dans un lieu public, nous serions disposés à accepter la manifestation intolérante et attentatoire à la dignité de la femme du port du voile islamique dès lors qu’elle se cantonnerait dans notre espace à l’exclusion des lieux dits publics. Ainsi, la jeune fille que je croise tous les jours voilée l’enlèvera à l’entrée du lycée pour s’en recoiffer en en sortant. L’honneur est sauf…

Sommes-nous réellement sérieux ? N’est-ce pas la manifestation d’une insupportable hypocrisie ?

Car la communauté islamique, comme toute autre d’ailleurs, se constitue ailleurs que dans les lieux publics. Nous la laissons se constituer et lui refuserions simplement le droit de se montrer dans certains lieux. Cachez ce voile que je ne saurais voir…

Mais dès lors qu’elle veut se montrer, c’est qu’elle existe ! Le problème n’est-il pas qu’elle se soit constituée ?

Il est trop tard…

Il aurait incontestablement fallu s’occuper de ces jeunes musulmans durant leurs 1.000 premiers jours, n’est-ce pas, Monsieur le Président ?

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