Clémence Guetté veut politiser l’amitié : la famille « grand-remplacée » ?
En août prochain, Clémence Guetté publiera, aux Éditions La Découverte, son tout premier livre intitulé Pour une politique de l’amitié. Le site de la maison d’édition explique que, « dans ce premier essai personnel, la députée insoumise et vice-présidente de l'Assemblée nationale Clémence Guetté défend une politique de l'amitié, afin d'unir le peuple pour l'emporter contre le capitalisme et l'extrême droite » : tout un programme ! Et si Clémence Guetté commet là son premier ouvrage, la reconnaissance officielle d'une « politique de l’amitié » est déjà, depuis au moins le mois de janvier, son cheval de bataille.
Une idée révolutionnaire
Un vrai dada, devrait-on dire : le 15 janvier dernier, la députée déposait une proposition de loi pour reconnaître un statut officiel à l'amitié et organisait un colloque à l’Assemblée nationale pompeusement nommé « L’amitié pour faire peuple ». Introduites par Jean-Luc Mélenchon, en sa qualité de co-président de l’Institut La Boétie, cercle de réflexion émanation de La France insoumise, ces tables rondes pouvaient donc se prévaloir du haut patronage du leader insoumis. Comment, d’ailleurs, aurait-il pu en être autrement ? L’idée de la proposition de loi déposée par la députée insoumise « est de reconnaître à l’amitié sa place centrale dans "la nouvelle France" où "le modèle familial traditionnel n’est plus la norme" », expliquait Le Figaro. Ce qui est intéressant, mais pas vraiment étonnant pour une insoumise, c’est la filiation qu’établit Clémence Guetté elle-même entre cette amitié institutionnalisée et légalisée et la Révolution française. Ainsi, durant son colloque, une table ronde visait « à analyser, selon une approche historique et descriptive, le rôle joué par l’amitié dans des moments comme la Révolution française ». Et Le Figaro rapporte que la députée « préfère citer Saint-Just. L’ami de Robespierre, l’archange de la Terreur qui, dans sa République idéale, tenait l’amitié pour un lien obligatoire dont la fin par la brouille ou la lassitude devait se justifier publiquement. » En bref, il s’agit donc bien de révolutionner les liens sociaux en reconnaissant les liens amicaux autant que les liens familiaux.
Fondée sur la fin de la famille traditionnelle
Faudra-t-il, en 2027, prévoir le grand retour des « citoyens ! » ou « camarades ! » lancés à pleine voix ? En tout cas, le concept de l’amitié politique se veut réellement révolutionnaire en ce qu’il a pour objectif de finir le travail de sape entrepris contre la famille que l’on qualifie maintenant de « traditionnelle ». Dans les raisons avancées par Clémence Guetté, d’abord, il s’agit de montrer le bien-fondé de son idée en expliquant que « le modèle familial actuel ne correspond plus aux réalités sociales, notamment en matière de logement et de soins », rapporte La Dépêche, et de « met[tre] également en avant l’augmentation marquée des divorces, dont le nombre a triplé en un demi-siècle, ainsi que la progression des familles monoparentales ». Cela justifierait donc que l'amitié, un des derniers domaines jouissant d'une totale liberté, tombe sous le coup de la loi ?
Pour la « grand-remplacer »
Drôle de conception de l’amitié, en effet, qui perdrait ainsi toute spontanéité, une fois institutionnalisée et réglementée par des droits et des devoirs. Surtout que l’idée de Guetté ressemble fort à un copier-coller : de l’ancienne France revisitée. Ainsi, Le Figaro détaille : les parrains et marraines seraient évidement laïcs et républicains mais auraient des devoirs réglementés, les Français pourraient s'unir dans des partenariats sociaux, sans limite numérique, dans lesquels ils se devraient assistance mutuelle et pourraient transmettre ou recevoir un héritage, mais tout en restant dans une relation platonique. Et, enfin, tous ces nouveaux statuts ouvriraient des droits comme celui de prendre des congés en cas de maladie d'un partenaire social ou de dépression post-partum d'une copine. Une amitié réglementée et calquée sur les droits et devoirs qui encadrent les liens familiaux, donc. C'est « une extension de la solidarité aux liens extra-familiaux », résume 6Medias : en bref, Clémence Guetté propose d’inscrire dans la loi l’adage préféré des ados en crise : « Les amis, c’est la famille qu’on choisit. » Même le « Familles, je vous hais » de Gide est dépassé : il s’agit à présent de la « grand-remplacer » par sa bande de potes.
Au nom de la lutte contre le patriarcat, le capitalisme et l'extrême droite !
Parce que la députée insoumise ne s’en cache pas : derrière cette lutte au nom de l’amitié, il s’agit encore de déconstruction. Dans son colloque, Clémence Guetté s’est attachée à « interroger la place de l’amitié dans la lutte contre le patriarcat », « à montrer en quoi l’amitié peut être un acte de résistance contre des normes sociales, politiques ou économiques dominantes se traduisant par une révolution juridique ». Et dans la description de son ouvrage à venir, il s’agit de « défend[re] une politique de l'amitié, afin d'unir le peuple pour l'emporter contre le capitalisme et l'extrême droite ». Une amitié juridiquement calquée sur la famille pour lutter contre le capitalisme ? Vivement les explications détaillées de la députée, en août. Mais s'il s'agit de permettre des arrangements fiscaux et successoraux entre amis, le capitalisme a encore de beaux jours devant lui !
En 2014 sortait le film Divergente, l’adaptation d’une trilogie de romans dystopiques mettant en scène une société post-apocalyptique dans laquelle seuls comptent les liens fondés sur le rôle social et sur les intérêts communs : « La faction avant les liens du sang », proclame le régime totalitaire. Attendons de voir ce que Clémence Guetté propose de mettre avant les liens du sang dans son livre, mais s’il s’agit vraiment d’amitié, certains, comme Raquel Garrido, semblent circonspects. D'ailleurs, cette dernière « [a] envie de témoigner à propos de l’amitié politique mais [elle va se] taire. Ou rire en silence. » C'est que l'amitié n'est pas la famille : elle est bien plus versatile !
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48 commentaires
Politiser l amitié.. souvenez vous : mon ami de 30 ans ( chirac / balladur). Souvenez vous Melanchon / guarrido
Elle est complètement perturbée .
Cette fille doit avoir une vie amoureuse perturbée….Pour moi déjà tous les gens de gauche ne serons jamais mes amis….ca démarre mal !!!!!
Dans je ne sais plus quel ouvrage Gilbert Cesbron écrivait qu’il fallait inverser la devise française « Liberté – égalité – fraternité » : « c’est quand les hommes se sentiront frères qu’ils seront égaux, et quand ils seront égaux qu’ils seront libres ».
Frères est un concept familial bien établi socialement, sociétalement, juridiquement et surtout humainement. Rien à voir avec des amitiés versatiles.
Trop souvent on parle largement et à tort d’amis à propos de personnes qui ne sont que des connaissances de travail (collègues, camarades), des relations occasionnelles ou de circonstance dans certaines activités (sports, associations, les amis des amis, etc…).
Je connais beaucoup de gens, mais je ne les considère pas tous comme de véritables amis.
Dans le meme genre favoriser l échange de conjoints avec des parties carré pour piquementer le tout……….???
On dit bien « Si vous parlez de moi en bien ou en mal vous parlez de moi »…Vu l’évolution, le début de réveil des Français, espérons que le fait que la gauche et ses amis aboient contre l’extrême droite est peut-être bon pour…Bardella et donc la France.
Encore un petit effort dans son cerveau malade, et va arriver au concept de clan et de tribu, un concept totalement nouveau, jamais encore vécu, phénoménal de nouveauté.
Puis elle va mettre en application concrète son délire en créant des immeubles de clans, des hameaux claniques, des quartiers pour telle ou telle tribu, et morceler, émietter la société. Rendue ainsi davantage modelable par les islamo-éco-fémino-gauchistes.
Une flèche, cette Clémence Guetté !
ABRACADABRANTESQUE !
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