Editoriaux - Réflexions - 12 février 2019

Emmanuel Macron, entrepreneur en démolition nationale

Sortons-nous enfin de la tête qu’Emmanuel Macron conduirait sa politique de déconstruction nationale – que signalent de successifs et multiples abandons de souveraineté et un insidieux démantèlement des institutions et des services publics – sous l’effet d’une triviale ignorance du principe de cause à effet… Ou parce qu’il serait stupidement habité par le démon de l’abstraction (une grosse tête énarchique flottant au sein d’une bulle stérile), ou encore parce qu’il aurait fait des choix budgétaires erronés en faveur de villes ouvertes sur le monde plutôt qu’au profit d’une France périphérique, improductive, plus ou moins inculte, et par suite abandonnée à son triste sort de friche industrielle…

Non ! M. Macron remplit sciemment le cahier des charges qui lui a été remis en échange de son élection. Or, cette feuille de route ne prévoit rien d’autre que la désintégration de la nation au profit d’eurorégions transfrontières en préfiguration d’une Union européenne composée de Länder à la façon allemande. Autant de vestibules pour la formation d’une “République universelle” telle que conçue par de grands et terribles visionnaires, d’Anacharsis Cloots à Mao Tsé-Toung via Lénine et Trotski.

En témoigne le très éloquent pacte de Marrakech, qui entend faire sauter sans retour possible les portes de la cité d’Ys… en vue de sa submersion définitive par un tiers-monde auquel les séries télévisuelles américaines ont fait miroiter des rues pavées d’or et pléthore de femmes esseulées.

En atteste le traité d’Aix-la-Chapelle, qui participe du réaménagement en cours de l’Europe suivant une cartographie à vocation purement mondialiste. Si 1919 consacrait, à Versailles, le principe des nationalités cher au président Wilson, 2019 et ce traité, signé sous les huées de la foule par deux personnalités politiques en pleine déconfiture politique (la chancelière Merkel et le Président Macron), inaugure le démembrement à venir de l’Europe de l’Ouest. Il vise, en effet, à créer une zone économique franco-allemande, c’est-à-dire transnationale. Un processus, certes conduit en douceur, mais de facto innervé par un même principe, voire par une intention très analogue à celle qui a dirigé, ces trois dernières décennies, les désastreuses tentatives de reconfiguration (démocratique) du monde arabe et islamique par les États-Unis et l’OTAN. Ce projet, mieux connu sous le nom de Greater Middle East Initiative, fut officiellement lancé par George W. Bush en février 2003 et devait couvrir une aire géographique allant de l’Atlantique à l’Indus.

Néanmoins, en dépit de ses déboires, cette catastrophique politique d’ingérence tous azimuts ne doit pas cacher que les semences de chaos ainsi semées pourront germer et, pour finir, porter leurs fruits dans un monde restructuré avec pour finalité une gouvernance mondiale oligarchique.

De fait, rien ne semble pouvoir arrêter le rouleau compresseur mondialiste, même si la Syrie, assistée de la Fédération de Russie, y a fait, pour le moment, obstacle au Levant. Toutefois, les traités et les pactes (fussent-ils avec le diable) qui, aujourd’hui, lient les peuples du Vieux Continent n’étant pas, a priori, irréversibles, si le mouvement des gilets jaunes (à la suite des populistes italiens et hongrois) parvenait au bout de sa logique, son succès pourrait aboutir ou contribuer à sonner le glas, en Europe, de la dévorante utopie mondialiste…

Cela, espérons-le, avant qu’il ne soit trop tard et que la sixième extinction de masse ne nous entraîne avec elle dans un retour à ce néant où la République universelle en marche semble devoir inexorablement nous entraîner.

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