Alors que les les donnent au coude-à-coude pour la prochaine élection régionale en PACA, Muselier fait monter la pression d’un cran en portant plainte contre Thierry Mariani () pour « propagation de fausses nouvelles en période électorale ».

Ainsi, son ancien camarade de l’UMP a-t-il multiplié les tweets relatifs à la gestion du président de région sortant, l’accusant, lui et son prédécesseur Christian Estrosi (LR, mais hautement LREM-compatible) d’avoir « embauché en cinq ans à la région PACA plus de personnes à leur cabinet et au service de que pour la sécurité des transports ». Et de conclure dans la foulée : « Avec moi, la sécurité des passagers passera en premier. »

La réponse ne tarde évidemment pas, affirmant avoir « recruté 80 personnes pour la sécurité ferroviaire […] En parallèle, les effectifs de la communication sont passé de 64 en 2016 à notre arrivée, à 61 aujourd’hui. » Et Xavier Cachard, avocat du plaignant, de noter de son côté : « Il est patent que les tweets de M. Mariani dépassent largement (s’agissant de surcroît de fonds publics) le ton polémique qui sied aux campagnes électorales. » Bref, nous avons là affaire à de grands sensibles qu’un rien est susceptible d’émouvoir.

Au fait, d’où Thierry Mariani sort-il ces chiffres ? Tout simplement du rapport de la chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d’Azur, millésime 2020, dans lequel, tout en reconnaissant « une situation financière globalement satisfaisante », est dénoncé « un nombre de collaborateurs de cabinets supérieur à celui prévu par la loi ».

Sans surprise, même Mariani bat le fer tant qu’il est chaud en tweetant, en retour : « Ce n’est pas 70 personnes qui ont été embauchées au cabinet mais 200 personnes. C’est le rapport de la chambre régionale des comptes qui le dit ! Si Renaud Muselier conteste ces chiffres, je lui suggère de porter plainte contre la chambre régionale des comptes. »

De « fausses nouvelles » il n’y a donc pas vraiment ; seulement des interprétations des chiffres qui divergent, ce qui n’est pas exactement la même chose. De son côté, cantonné à jouer les utilités, Jean-Laurent Félizia, le candidat écologiste, précise malgré tout : « Je n’accepte pas cette mascarade. Une mauvaise pièce de théâtre jouée par deux vieux barons de la droite locale, qui ont fait trente ans de carrière ensemble, avec les mêmes partis, les mêmes amis, les mêmes pratiques. »

D’un point de vue factuel, voilà qui n’est pas totalement faux. Sauf que dans ce Dallas méridional, digne de la série Le Baron noir, Jean-Laurent Félizia semble avoir manqué un épisode qui pourrait bien en être la conclusion : la de LR. En effet, une bonne partie de l’UMP, ici comme ailleurs, est partie avec armes et bagages à La République en marche, tandis que d’autres demandent l’asile politique au Rassemblement national. C’est encore mieux que Les dix petits nègres – à la fin, il n’en reste qu’un ! Autant dire que l’affaire pourrait bien être définitivement pliée pour Les Républicains.

Elle risque d’ailleurs fort de l’être aussi en PACA, Jean-Laurent Félizia ayant annoncé, à l’occasion d’un entretien accordé à Libération, le 27 mai dernier, qu’il est prêt à « assumer » le maintien de sa liste, le soir du premier tour, pour « éviter que la gauche ne soit rayée de la carte dans cette région ».

Du coup, on comprend mieux l’agitation fébrile de Renaud Muselier, façon souris de laboratoire cherchant désespérément à sortir de son labyrinthe.

2 juin 2021

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