Élections européennes : Nathalie Loiseau obligée de tout reprendre de zéro ?

Suivre la campagne de Nathalie Loiseau est en passe de devenir un métier à plein temps, car à chaque jour son nouvel épisode. Le dernier en date ? La polémique déclenchée lors de son dernier meeting à Caen, dont les accents étaient plus que guerriers, et auxquels viennent maintenant s’ajouter – réminiscences « gudardes » ? – ses propos relatifs à un « blitzkrieg positif », concept politico-militaire qui a de quoi laisser perplexe dans le contexte.

Chez La France insoumise, ça a tweeté direct : « Au mémorial de Caen, devant une carte des batailles de 1940, Nathalie Loiseau parle de la campagne comme d’un blitzkrieg positif. S’identifier aux armées nazies marchant sur la France ? L’imaginaire d’extrême droite colle à la candidate d’En marche. » À Debout la France, même tonalité, avec Nicolas Dupont-Aignan qui raille la comparaison de « la campagne LREM avec le blitzkrieg nazi ». Certes, Libération vient au secours de l’infortunée, qui commence à avoir un peu de plomb dans l’aile, rappelant que cette métaphore pour le moins virile a déjà été utilisée, en temps de campagne – électorale, on précise –, par François Fillon, Manuel Valls et Édouard Philippe.

Il n’empêche que, du côté de l’Élysée, l’inquiétude monte tandis que les sondages tendent à baisser. Ce mardi dernier, alors qu’on y fêtait, même si le cœur n’y était pas vraiment, le deuxième anniversaire de la victoire d’Emmanuel Macron, ce dernier se serait inquiété de la « sur-mobilisation de l’extrême droite et de la sous-mobilisation des pro-Européens », ce qui n’est guère aimable pour Nathalie Loiseau. Moins aimables, encore, ces propos tenus à l’état-major de LREM et rapportés par Le Figaro de ce jeudi 9 mai selon lesquels, il y aurait eu « un trou d’air » dans la campagne obligeant à « repartir de zéro pour faire oublier les polémiques injustes ayant marqué l’entrée dans la course de Nathalie Loiseau ».
Bref, « la campagne commence maintenant », affirme Pierre-Alexandre Anglade, chargé des affaires européennes au sein du parti présidentiel. Ce qui signifie qu’elle n’avait pas commencé avant, ce qui n’est pas aimable du tout pour la tête de liste en question. Surtout quand le même insiste, au mépris de la plus élémentaire des galanteries : « Ce qui s’est déroulé jusqu’à lundi, ça ne compte pas. Tous les bruits, les creux, n’existent plus. » Mais Nathalie Loiseau existe-t-elle encore ? Là est toute la question.

Pour qui en douterait, voici la feuille de route de son blitzkrieg, en admettant toutefois qu’elle veuille bien nous passer l’expression : « Ramener le progrès en Europe en prenant à bras-le-corps la transition écologique, en étant à la pointe du projet technologique au service des hommes tout en respectant le territoire. » Ça, c’est envoyé. C’est beau comme du Jean-Pierre Raffarin. Ce qui, d’ailleurs, tombe pile-poil comme il faut, l’inénarrable ancien Premier ministre étant annoncé au meeting de samedi prochain, à Strasbourg. Laurent Gerra n’a qu’à bien se tenir : la concurrence s’annonce rude.

Mais à l’axe programmatique plus haut évoqué – rien à voir avec les forces du même nom, ça va sans dire, mais avec Nathalie Loiseau, la prudence s’impose – s’en ajoutent encore deux autres, tout aussi innovants et propres à déchaîner l’enthousiasme des foules : le féminisme et l’écologie. S’agissant du premier, sachez qu’il y aura une photo de Simone Veil sur les documents de campagne, ce qui fait toujours joli.

Pour le second, il nous est annoncé ceci : « Au moins 1.000 milliards d’euros sont nécessaires d’ici 2024 pour développer les énergies et les transports propres, rénover les logements et accompagner la reconversion des travailleurs des secteurs en transition. De la Banque centrale à la Commission, toutes les institutions européennes doivent avoir le climat pour mandat. »

On ne voit pas très bien où tout cela peut nous mener, mais avouons que c’est du programme qu’il est vachement vert. Vert-de-gris, pourraient même ajouter les mauvais esprits ; mauvais esprits dont nous ne sommes pas, il va de soi.

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