Nicolas Dhuicq : « Seule la liste RN peut faire changer la politique au sein de l’Union européenne »

Nicolas Dhuicq a pris ses distances avec Nicolas Dupont-Aignan et annonce qu’il soutiendra la liste du Rassemblement national pour les prochaines élections européennes.

Il explique les raisons de son choix au micro de Boulevard Voltaire.



Vous avez appelé dans Le Parisien à voter pour la liste du Rassemblement national mené par Jordan Bardella. Vous avez quitté les Républicains pour venir chez Debout la France.
Pourquoi ce choix ?

Pour préciser, j’ai annoncé dans le Point, le raisonnement qui m’a conduit à voter à titre personnel pour la liste du Rassemblement national. C’est la seule liste qui obéit à une cohérence interne, dans laquelle je connais des gens qui ont la capacité de faire changer la politique au sein de l’Union européenne.
À mon sens, nous devons nous poser deux questions essentielles sur cette élection.
Premièrement, la question des institutions. Cette Union européenne fonctionne sur trois jambes: la commission, le parlement et les conseils. La solution serait que le parlement ait la prééminence. La commission devrait être constituée de conseillers du prince et non pas de devenir le prince, comme elle l’est aujourd’hui.
Deuxièmement, la question économique. Nous le voyons avec la situation économique de la Grèce. J’ai été très frappé par les échanges que j’ai eus avec une ancienne ministre que j’ai croisée en Crimée, lors du forum économique de Yalta. Elle m’expliquait que plusieurs dizaines de milliers de jeunes grecs diplômés quittaient leur pays parce qu’ils ne pouvaient pas trouver en Grèce des moyens de vivre décemment. En Espagne, 800 000 personnes sont sans logement. L’Espagne s’est dépêchée de rembourser les prêts qu’elle a reçus des pays européens pour essayer de récupérer au maximum son autonomie. Tout ceci me fait penser que nous sommes confrontés à une idéologie dominante qui s’appelle le néo-libéralisme. Je précise que ce n’est pas le libéralisme. Nous sommes là sous une logique néo-libérale qui vise à détruire l’État.
Ces facteurs sont reliés à une vision portée par une Union Européenne qui consiste à reléguer le pouvoir politique dans de très grandes régions qui créera à terme des déséquilibres très inquiétants, qui nous mèneront à la violence avec un double traitement des citoyens, selon s’ils appartiennent à une région riche ou pauvre.
En l’état actuel de mes réflexions, je rappelle qu’à mon sens la nation reste l’espace de solidarité structurant. De ce fait, la liste du Rassemblement national est la seule qui me semble avoir pris conscience de ces deux interrogations et qui apporte les réponses qui me satisfont le plus.


Vous ne vous retrouvez pas dans la liste menée par Nicolas Dupont-Aignan ?

Je connaissais Nicolas comme parlementaire lorsque j’étais député. J’ai toujours de l’affection et du respect pour lui. J’ai décidé de le rejoindre pour voir comment les choses fonctionnaient. J’ai assez vite pris mes distances. La manière dont la liste a été construite ne me semble pas répondre à une logique cohérente en matière politique. Je trouve qu’elle est partie un peu dans tous les sens. Il a eu un comportement qui ne correspondait pas aux attentes et aux propos énoncés.
Le seul vote qui me semble donc cohérent avec ma position idéologique est celui d’apporter mon soutien à la liste du Rassemblement national. Les personnes de cette liste ne sont du reste pas toutes inscrites dans un parti politique.


Parmi ces comportements, peut-on mettre dedans l’éviction de Jean-Frédéric Poisson ?

Je ne sais pas ce qui s’est passé entre les deux hommes. Je les connais tous les deux. Je trouve qu’il y avait un double piège. Le 1er piège consistait à s’enfermer, se scléroser en ne parlant que de droite et d’Union des droites. On doit s’adresser à l’ensemble des Français qui peuvent avoir eu chacun un parcours politique extrêmement différent. L’heure est grave par rapport au futur de l’Europe et la construction européenne. Elle est très grave pour que l’on se limite juste à une vision stockholmisée de la politique.
Le 2e piège est la cohérence idéologique. On a vu arriver sur la liste des gens qui étaient plutôt sur une position néo-libérale avec moins d’État. Cela ne correspond pas à un positionnement qui était l’espace politique disparu entre Philippe Seguin d’un côté et Philippe de Villiers de l’autre.

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