Élections allemandes : encore des progrès pour l’AfD – la CDU en déroute
En Allemagne, les dimanches d’élections locales se suivent et se ressemblent, confirmant une poussée continue des souverainistes anti-immigration de l’AfD et un effondrement de la CDU du chancelier Friedrich Merz.
Nouvelles déroutes pour la CDU
Après la Saxe-Anhalt qui deviendra probablement le premier État (Land) à être gouverné par l’AfD, celui de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale va être le premier, depuis 1945, à voir le parti du chancelier disparaître totalement du Parlement local. Avec 4,9 % des voix, ce 20 septembre, la CDU n’atteint en effet pas la barre des 5 % nécessaire pour obtenir des élus. L’AfD y arrive en tête avec 38,2 %, faisant un bond spectaculaire de 17 points en 5 ans (21,5 % en 2021) et obtenant 32 sièges. Mais avec 35,5 % et 29 sièges, la gauche sociale-démocrate du SPD devrait pouvoir se maintenir au pouvoir dans cet État en s’alliant avec la gauche radicale Die Linke et les écologistes Die Grünen, qui ont obtenu respectivement 6,5 % et 5,7 % des voix, et 5 sièges chacun.
On votait aussi, ce même dimanche, dans la ville-État de Berlin avec des résultats différents. La CDU, qui dirigeait la capitale depuis 2023, n’est arrivée qu’en seconde position, avec 18,77 % des voix (chutant de près de 10 points) et 34 élus. Progressant de plus de 7 points, l’AfD la talonne désormais avec 16,26 % des suffrages et 29 sièges. Mais l’essentiel du vote anti-Merz s’est ici porté sur la gauche radicale. Doublant son nombre de voix par rapport à 2023, Die Linke est arrivée en tête avec 25,65 % des voix et obtient 47 sièges. Bien qu’étant en perte de vitesse, Die Grünen (14,29 % et 26 sièges) et le SPD (12,11 % et 22 sièges) apporteront largement le complément nécessaire à une majorité de gauche.
ALLEMAGNE : L'AGONIE D'UN CHANCELIER
Confirmation, la CDU, le parti de Friedrich Merz n’aura aucun représentant au gouvernement du land de Mecklenbourg-Pomeranie Occidentale. La défaite est autant cruelle à Berlin. Partout la CDU touche le fond. Le chancelier refuse de céder sa… pic.twitter.com/Fx4YQ9kgfq— OMERTA (@Omerta_officiel) September 21, 2026
Friedrich Merz s’accroche contre vents et marées
Au lendemain de la déroute de la CDU en Saxe-Anhalt, le chancelier Merz avait parlé de la « pire défaite depuis des décennies » pour son parti, mais excluait de démissionner. Au soir du 20 septembre, il est resté sur la même ligne, bien qu’avec des mots différents. Reconnaissant un « désastre électoral », il explique cependant ses défaites du fait de réformes incomprises. « Ces réformes doivent être mises en œuvre », expliquant assumer cette responsabilité afin de « faire avancer notre pays ». Ces dernières élections montrent, selon lui, que la « confiance dans les institutions diminue » car elle serait « activement sapée par des partis radicaux de gauche comme de droite ». Et pour cette raison, il annonce qu’il poursuivra son action, en tant « que président de la CDU et, avant tout, en tant que chancelier ».
Au-delà d’un compréhensible calcul électoral qui pousse Friedrich Merz à conserver son cap malgré vents et marées, la défaite étant assurée en cas d’élections générales anticipées, les grandes tendances qui ressortent des derniers scrutins régionaux font débat. Certains insistent pour y voir une défaite personnelle du chancelier. Pour le quotidien néerlandais De Telegraaf, cité par le Spiegel, ces dernières semaines, « son propre parti a ouvertement parlé de l'échange d'un chancelier. Parce que l'insatisfaction des Allemands avec sa politique est énorme. » Dans le journal québécois Le Devoir, Laurence H. McFalls, professeur associé à l’Université de Montréal, est du même avis, estimant que ces résultats « sont une gifle pour le chancelier Merz, dont les jours sont désormais comptés ».
L’AfD, incarnation de l’anti-système
Mais pour d’autres, les récents scrutins témoignent d’un rejet qui irait bien au-delà, Friedrich Merz n’en étant la principale victime uniquement parce qu’il est au pouvoir. Pour Anthony Steinhoff, professeur d’histoire à l’UQAM (Université du Québec à Montréal) et spécialiste de l’Allemagne, s’exprimant lui aussi dans Le Devoir, il faut aussi tenir compte de la poussée de la gauche radicale, comme à Berlin avec Die Linke, car cela montrerait « qu’il y a encore une certaine confusion en ce qui concerne le cap à suivre ». C’est aussi, rapporte le Spiegel, le regard porté par le quotidien anglais The Times, qui constate que « le chancelier allemand Merz se tient le dos au mur, mais pourrait survivre en raison d'un manque de rival clair ».
L’analyse des motivations des Allemands, que révèlent les résultats électoraux depuis plusieurs mois, montre clairement la montée en puissance d’un vote de rejet, anti-système, qui touche, certes plus durement, la droite sociale-chrétienne de la CDU, mais aussi les libéraux centristes du FDP et la gauche sociale-démocrate du SPD. Que, de ces derniers résultats, ne se dégage pas de « rival clair » est logique : il s’agit d’élections locales, où les contextes et enjeux locaux sont différents et eux aussi déterminants. Il n’en sera pas de même lors d’une élection nationale. Mais c’est aussi exagéré, car la victoire de Die Linke reste un cas isolé. Dans tous les autres scrutins depuis près d’un an, c’est la poussée de l’AfD qui a constitué le fait majeur. Et cette tendance confirme les sondages qui le désignent désormais clairement comme le premier parti d’Allemagne.
Et si l’AfD obtient ses meilleurs résultats à l’Est, dans les États de l’ex-RDA, il progresse et s’implante aussi à l’Ouest, narguant même la CDU dans ses bastions historiques. L’extension de son pouvoir de séduction à l’ensemble des Länder germaniques montre d'ailleurs que les accusations de néonazisme qu’utilisent contre lui ses adversaires pour tenter de le décrédibiliser sont bien réductrices.
La vision de l’AfD remonte aux racines de l’identité allemande, qui a toujours été définie avant tout par la langue, et donc la culture. Qui parle allemand est allemand, qui ne le parle pas ne peut l’être. Et c’est d’ailleurs sur cette base que se positionne le discours anti-immigration de l’AfD.
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7 commentaires
l’AfD parti néo nazi… allons donc.
L’AfD ne veut pas engager l’Allemagne dans une guerre, et veut rechercher la paix. Néo nazi ?
Ce parti veut la liberté et l’indépendance de son peuple, (Dexit). Néo nazi ?
Il refuse que son pays vive la surveillance de masse avec l’identification et l’euro numérique. Néo nazi ?
Il refuse la censure et défend la liberté d’expression pour les Allemands, (DSA) Néo nazi ?
Il veut baisser massivement les impôts et taxes. Néo nazi ?
Il veut des référendums populaires inspirés du modèle Suisse. Néo nazi ?
À l’inverse, qui sont ceux qui devraient démissionner et rejettent le choix du peuple ? Qui sont ceux qui DICTENT leurs politiques aux peuples qui les refusent ?
Et dans le même temps Tanguy se dit « choqué » par cette élection sur BFM ! Décidément entre le 1er parti d’Allemagne et le 1er parti de France, qui cautionne soit dit en passant la guerre en Ukraine, on se dit que les français sont encore sous sédatif !
Dimanche 13 septembre se déroulait en Basse Saxe les élections municipales. Si elles se sont tenues dans l’ombre des élections régionales, les listes municipales de l’AFD ont plus que triplé leurs résultats de 2021 et obtenues 15,9 % des voix contre 4,6% aux précédentes municipales. C’est dans la ville de Salzgitter (104 000 habitants) que le résultat de l’AFD a été le meilleur: avec 27,6% et 1ère force politique. En septembre 2026 l’AFD a connu des résultats électoraux en forte hausse. La CDU du chancelier « Black Rock » Merz, quant à elle a subi des revers spectaculaires.
Le chancelier devrait copier son pote Macron et déclaré que sa défaite est due à l’ingérence russe
Toute ressemblance avec notre situation depuis la dissolution n’est pas fortuite… Ils sont a la même école, est ce que Merz organise son noyautage des Institutions post election comme notre président actuel en les plaçant ?
En tout cas même le premier ministre Starmer disait la même chose avant que son parti lui demande de partir pour le remplacer…
Excellent et logique.
C’est marrant.
Berlin aurait donc la nostalgie des bienfaits de l’occupation soviétique ???
A Berlin un vote communautaire issu de l’immigration .
A porté die linke en première place .
Sa dirigeante est d’origine turque