D’abord, regardez la vidéo ci-dessous. En trois minutes et 25 secondes, vous comprendrez la rupture entre le peuple et nos élites politico-médiatiques, puisque Sciences Po fournit le gros des troupes de l’ENA : sur 43 diplômés de la promotion 2015, 30 venaient de la rue Saint-Guillaume !

Frédéric Mion, directeur de l’école, avait invité ses élèves à assister à « La Matinale américaine » afin de commenter, en direct, le résultat de l’élection américaine. Celle, bien sûr, de leur favorite : Hillary Clinton. Il était impensable, pour les professeurs et étudiants de cette vénérable institution, que le milliardaire Trump pût devenir le 45e président des États-Unis d’Amérique ! Et, dès l’ouverture de cette « nuit américaine », M. Mion annonça, en effet, avoir préparé un exposé sur l’élection de la première femme président des USA : « Pour la première fois, a-t-il dit à ses élèves, le allait connaître la parité, avec Theresa May et Angela Merkel. »

Si vous regardez la vidéo, vous entendrez Ulysse Bellier, le jeune reporter de La Péniche (le journal des étudiants de Sciences Po), expliquer que sur ces photos, « les mines sont défaites. On essaye de comprendre ce qui se passe de l’autre côté de l’Atlantique. »

Benjamin Duhamel, fils de Patrice, a compris, lui :

Il y a le temps de l’analyse pour comprendre comment Trump a pu gagner, et puis il y a le temps de l’indignation. Il faut comprendre ce qui est en train de se passer avec la montée des populismes aux comme dans les pays européens.

À ses côtés, un autre Duhamel (Olivier) acquiesce, lui qui dira que l’élection d’Obama était l’une des plus belles, et que celle de Trump est l’une des pires…

Brendon Novel, étudiant, en rajoute une couche :

Ce matin, ça a été un choc monumental. J’ai l’impression de vivre une première élection de Marine Le Pen,

tandis que Constance Allain, elle aussi étudiante, se dit « complètement découragée ».

Sur scène, Henri Landes, enseignant en développement durable, ne peut supporter l’idée d’un Trump à la White House. Il s’emporte et devient radical :

Il faut se révolter contre ce système-là car les étudiants n’ont pas voté pour lui. L’avenir est entre nos mains. Rendez-vous dans quatre ans, mais ça commence demain !

Et la salle d’applaudir à tout rompre.

Ils applaudissent mais ils n’ont pas progressé d’un pouce dans l’analyse politique…

Ainsi va la vie de nos élites…

14 novembre 2016

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