[ÉDITO] Victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt : « divine surprise » pour les progressistes !

Un truc qu’on adore faire en France : jouer à se faire peur et surtout à faire peur.
Licence Creative Commons
Licence Creative Commons

On ne va pas se mentir, les pires heures de notre Histoire frappent donc de nouveau à notre porte. « Affreux bégaiement de l'Histoire » (L’Humanité), « Résultat glaçant » (L’Express), « Une horreur absolue » ou encore « En Allemagne, le choc fasciste » (Libération), « Désastre, vrai signal d’alarme » (Ouest-France), « Un retour aux années 1930 » (Le Parisien), etc.

Ces quelques extraits tirés de la presse française donnent le ton de ce lendemain d’élection régionale en Allemagne. Sans parler, évidemment, des réactions d’une grande partie de la classe politique française. Une classe politique qui, il y a encore deux jours – on prend les paris -, aurait sans doute, dans son immense majorité, été dans l’incapacité de situer sur la carte le Land de Saxe-Anhalt. Le très européiste Thierry Breton, dimanche soir, prétendait que le nazisme était né dans cette région de Saxe. Il nous semblait pourtant que c’était quelque part dans une taverne de Munich qui, comme chacun sait, se situe en Bavière. Mais bon, on ne va pas faire une querelle d’Allemand sur le sujet !

Qui connaissait, hier, la Saxe-Anhalt ?

Soyons tout de même honnête, sans vouloir être désobligeant vis-à-vis des Saxons : ce matin encore, votre serviteur ignorait que Magdebourg était la capitale de cet État de la République fédérale d’Allemagne qui appartenait, jusqu’en 1990, à la République démocratique allemande (RDA). Magdebourg qui vit naître le penseur militaire Clausewitz, mais aussi, par les hasards de l’Histoire, Lazare Carnot. Magdebourg aux trois quarts détruite par les bombardements alliés durant la Seconde Guerre mondiale. Reconstruite et réindustrialisée sous le marteau communiste d’après guerre. Magdebourg, aujourd’hui, capitale d’un des Länder les plus pauvres d’Allemagne. Un Land qui a donc voté à 43,8 % pour l’AfD. L’AfD, ce parti de quasi-nazis que certains, en Allemagne, voudraient interdire. En Saxe-Anhalt, avec un tel résultat, cela va être compliqué. Rien ne se perd, tout se transforme : en parallèle, effondrement du parti de centre droit (CDU), celui d’Adenauer, de Kohl, de Merkel et de Merz, qui plafonne à 17,2 %.

Merkel peut contempler son œuvre

Merkel, tiens, justement, parlons-en. Cette Allemande de l’Est qui, en 2015, ouvrait généreusement l’Allemagne au monde entier venu du Moyen-Orient peut contempler son œuvre, depuis sa retraite modeste et discrète de Mutti sans enfants. Effondrement du parti social-démocrate (SPD), le parti de Brandt, Schmidt, Schröder, Scholz : 9,3 %. Ces deux partis qui ont cogéré l’Allemagne fédérale d’avant et d’après la réunification. La réunification, justement. Comme la construction européenne, du reste, elle n’aurait donc pas, semble-t-il, apporté que prospérité et bonheur à cette région de Saxe-Anhalt. Faut-il que les peuples soient ingrats ou qu’ils ne comprennent rien à rien ? Les deux à la fois, peut-être. 43,8 % : kolossal ! Un score dont rêverait tout parti en France.

Ce n'est pas plus compliqué que ça...

La France, parlons-en aussi. Un truc qu’on adore, en France : jouer à se faire peur et surtout à faire peur. Et cette élection dans une région qui compte à peine 2,3 millions d’habitants, soit 2,5 % de la population de l’Allemagne, en est une belle, bien trop belle occasion. Le Rassemblement national, avec une Marine Le Pen à 35 % d’intentions de vote, voire plus, caracole en tête des sondages, loin, bien loin devant Édouard, Jean-Luc et les autres. Le discours était prêt d’avance : la peste brune est une menace réelle. Voyez l’Allemagne. Mais il n’est pas trop tard pour arrêter ça en France. Il faut voir - pas la peine de l'écouter - les discours hallucinés ou hallucinants - on ne sait trop - de notre ministre de l'Europe et des Affaires étrangères...

Car évidemment, le RN, c’est l’AfD (même s'ils ne siègent plus dans le même groupe à Bruxelles) ; et l’AfD, ce sont des nazis ; donc, le RN, ce sont des nazis. Ce n'est pas plus compliqué que ça. Du coup, on se demande si cette élection de Saxe-Anhalt n'est pas, d'une certaine façon, une « divine surprise » pour le « camp de la raison », les progressistes, les défenseurs de « notre Europe », de l’État de droit (plus fort que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, on l’aura compris) et toutes ces sortes de choses. Vous allez voir qu’on va nous parler de la Saxe-Anhalt comme jamais. Au fait, il va falloir songer rapidement et sérieusement à dissoudre les peuples qui votent mal.

Picture of Georges Michel
Georges Michel
Journaliste, éditorialiste à BV, colonel (ER)

Vos commentaires

114 commentaires

  1. L’Occident est en tourmente, les vagues submersionnistes qui le dénaturent de jour en jour ont abouti à lui faire perdre pied. Cette victoire de l’AfD lève un drapeau. Dire qu’il est nazi est faire peur sans preuve, et il sera surveillé sur ce point à la loupe. Mais les responsables de cette victoire sont ceux qui ont accompagné la submersion sans prendre de décisions salutaires. Ils sont à gauche, à droite, au centre, tous en tout cas, faisant fi du peuple souffrant, méprisant sa douleur de se voir remplacé lentement, subissant en silence. Nos gouvernants ont non seulement conduit le pays à la ruine, mais ils en ont vécu. Sénateurs aux sièges cousus d’or, usurpateurs du gaullisme, socialistes de guimauve, vivant sur la bête, centristes insaisissables gluants comme des anguilles. Au lieu de prendre conscience de la volonté du peuple, ils l’ont subvertie à leurs desseins égoistes. Ils ont peur, non pour la France, mais pour eux. Cette victoire de l’AfD sonne à leurs oreilles comme la prémonition de leur chute. Enfin vont-ils comprendre que le citoyen n’en peut plus, que l’horizon obscurantiste s’épaissit dans un espace public méconnaissable. Si cette victoire de l’AfD en Allemagne pouvait conduire en France à un réveil et un sursaut, je la saluerais avec joie.

  2. C’est bien gentil tous ces titres plus alarmants les uns que les autres sans fondements sur la réalité de ce qui va arriver. Mais tous ceux qui se dressent en porteurs des malheurs qui vont s’abattre devraient plutôt se poser la questions des raisons qui font revenir le soi-disant « fachisme » sur le devant de la scène. Mais ils vont sans doute devoir manger leurs chapeaux en se rendant compte que ce sont toutes les politiques qu’ils ont vanté qui en sont la cause.

  3. L’AfD n’est ni néonazie, ni antisémite. L’accusation de « néonazisme » brandie contre l’AfD est un grossier mensonge médiatique destiné à terroriser l’électeur. Fondée par des universitaires et des hauts fonctionnaires conservateurs, l’AfD s’est construite sur la défense de l’identité et de la sécurité des Allemands. Est-ce un crime ? Loin d’être une menace pour les Juifs, le parti s’affirme comme leur rempart le plus solide. Au Bundestag, l’AfD défend le droit inaliénable de l’État d’Israël à se défendre et à éradiquer le terrorisme islamiste. Le parti abrite d’ailleurs l’association « Les Juifs dans l’AfD »

  4. Tous les commentateurs s’appitoyent sur le résultat mais personne ne s’interroge pourquoi ?
    Tout simplement parce que les peuples européens en ont assez de cette submersion migratoire qui change notre civilisation et vampirise toutes les aides et les budgets (cf l’article sur Bobigny).
    Tous les politiciens s’alarment en huant la conséquences de leurs propres actes.
    Voila la vérité sur cette élection.

  5. Pourquoi des gens de gauche injurient des élus du peuple en les comparant à des nazis, pour les déconsidérer ? Les nazis, tout comme les fascistes, étaient d’extrême gauche, très clairement, il suffit de lire leurs programmes ou d’ouvrir un livre d’Histoire.
    Et question encore plus surprenante : pourquoi ceux qu’on injurie en les traitant « d’extrême droite fasciste ou nazie » ne se défendent-ils pas en rappelant cette vérité historique de l’extrême gauche fasciste et nazie ?
    Mystère…

    Vous parlez de « dissoudre les peuples qui votent mal », presque comme étant une boutade, il me semble.
    Mais c’est la réalité, hélas. Lisez l’article sur Bobigny, dans cette même édition de BV. Il s’agit bien de ça, évidemment. Un peuple désuni, des gens de cultures et d’intérêts trop différents, montés les uns contre les autres (les uns voulant prendre la place des autres), incapables de se rassembler pour protester contre une politique mondialiste qui les exploite, voilà le rêve de l’aristocratie mondialiste richissime, apatride de conviction.
    Ca fonctionne très bien, hélas.
    Il y a toujours une explication sensée (et ici, tragique) aux actes et aux évènements.

  6. Voir les gauchistes et les mondialistes criser à ce point , les journalistes hier, ressortaient leurs mantra, « néo nazis, ED » , que le peuple choisisse ce qui est bon pour eux, ça leur passe au dessus, ils s’en moquent du peuple de toute façon
    Je suis pour ma part très satisfaite de ce résultat et j’espère que le RN passera l’an prochain, je ne veux plus de tous ces nuls gauche droite qui se sont succédés depuis 1981

  7. « Si voter changeait quelque chose, il y a longtemps que ça serait interdit», disait Coluche. Peut-être s’est-il trompé ? Il y a évidemment beaucoup de mécanismes qui vont se mettre en branle pour bloquer la volonté populaire en Allemagne comme chez nous, à commencer par « le gouvernement des juges » et l’UE, mais c’est quand même une grosse pierre dans le jardin des faux démocrates.

Laisser un commentaire

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

⇨ Tous les vendredis de 17h30 à 19h30
avec Marc Baudriller et Boulevard Voltaire ⇦

L’héritage des boomers fait grincer la gauche car ce sont des Français de souche
Vidéo YouTube

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois