[ÉDITO] De bonnes raisons de fermer l’Institut du monde arabe (IMA)

À l'usage, l'Institut du monde arabe ne tient pas la route, ni politiquement, ni culturellement... ni financièrement.
(Photo by Thomas SAMSON / AFP)
(Photo by Thomas SAMSON / AFP)

Vous êtes, lecteurs de BV, 98 % à estimer qu’il faut supprimer l’Institut du monde arabe (IMA). Sévère appréciation, au moment où l’IMA cherche un successeur à Jack Lang. Ce dernier, l’institut ne le laisse partir qu’à regret. « Par sa vision, sa capacité à incarner de grands projets et à fédérer les équipes, les partenaires et les pays de la Ligue arabe, Jack Lang aura redonné à notre institution son éclat et un rayonnement mondial », a déclaré l’IMA, dans un communiqué rédigé par les équipes… de Jack Lang.

La tanière d’un vieil apparatchik

La question des liens entre Epstein et l’IMA ne sera pas approfondie. Et pourtant. Annonçant la nomination de son père à la tête de l’Institut, Caroline Lang écrivait à Epstein le 30 janvier 2013 : « Il doit trouver des fonds supplémentaires, et surtout de nouvelles idées pour cet institut, qui était resté longtemps inactif. Je pense donc qu'il serait plus simple pour lui de vous rencontrer en personne lors de votre passage à Paris. » Des fonds, des idées… Epstein a-t-il été un pourvoyeur de l’IMA ?

Au-delà de la question Epstein, au-delà du salaire de son président, se pose le problème du coût de l’IMA. 12,3 millions d’euros par an, pris sur la caisse du ministère des Affaires étrangères. C’est cher payé pour entretenir la tanière d’un vieil apparatchik, alors que l’IMA ne répond pas à ses objectifs. Pour Ça m’intéresse, l’institut est un « phare culturel incontournable », un « pont durable entre les nations » mais, dans les faits, ce serait plutôt le contraire.

Un outil politique et culturel inutile…

Politiquement, l’IMA était censé assurer un lien de bonne entente avec le monde arabe, à mi-chemin entre coopération et diplomatie. Si l’IMA avait joué ce rôle, il aurait été au cœur de la bataille pour faire libérer Boualem Sansal. Or, on n’a pas vu le portrait de l’écrivain déployé en format géant sur les murs de l’IMA durant sa longue détention. Juste une soirée en faveur de l’écrivain, en février 2025, où Jack Lang s’est poussé du col : « Je suis Sansal. Nous sommes Sansal. Vous êtes Sansal ! »

Culturellement, le musée de l’IMA — c’est la Cour des comptes qui le dit« ne possède pas d’œuvre majeure qui pourrait être sa "Joconde" et assurer sa notoriété » — une Joconde intégralement voilée serait une curiosité. L’IMA fait double, triple emploi, puisqu’il existe le département des Arts de l’islam au Louvre, le musée du Quai Branly et, à Marseille, le MUCEM. Le public ne s’y précipite donc pas. Un public artificiellement gonflé par la fréquentation des scolaires, l’IMA ayant noué des partenariats avec les académies d’Île-de-France. Et cela, sur fond de gratuité : 60 % des visiteurs entrent sans payer, à l’IMA… Mais ce sont 100 % des Nicolas qui payent.

…que les pays arabes ne financent plus depuis longtemps

Et, en fait de pays « partenaires », la facture revient à 100 % à la France ! L’IMA devait être cofinancé par la France et les pays arabes fondateurs, mais ceux-ci « n’abondent plus le budget, alors qu’ils devaient y subvenir à hauteur de 40 % », selon la Cour des comptes. Aucune réclamation n’a été faite à ces amis négligents. Aucun arriéré ne leur a été réclamé. La France continue de faire comme si l’IMA était un projet partagé. Les pays arabes veulent bien que la France promeuve chez elle l’arabité, mais à ses frais et sans qu’il existe, chez eux, de réciproques « Instituts du monde européen ».

On doit à l’IMA une exposition qui rendait hommage aux chrétiens d’Orient (en 2017), peut-être la seule bonne action culturelle de Jack Lang en soixante ans de carrière. Annoncée pour fin mars, la prochaine s’intitule « Esclaves dans la Méditerranée ». Enfin, se dit-on, les crimes des Barbaresques vont être mis en lumière ! Il en sera un peu question, mais surtout « des Nord-Africains et de certains Africains de l’Ouest asservis en Europe ». Ce travestissement de l'Histoire est une raison de plus de fermer l'IMA.

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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

72 commentaires

  1. Ce n’est pas compliqué, on regarde le compte d’exploitation, en fonction du déficit, du nombre de visiteurs estimés et celui réellement comptabilisé on regarde si on ferme un institut inutile ou si au contraire il a une quelconque utilité, ce n’est pas plus compliqué que ça pour un chef d’entreprise, mais évidemment pour un fonctionnaire et à fortiori pour un planqué c’est de l’arabe.

  2. Inutile de s’égosiller ou de tremper la plume dans le fiel, l’on sait depuis longtemps que ce pouvoir fait toujours l’opposé de ce que réclame le peuple ! Cette officine, comme tant d’autres gouffres à pognon, ne sert à rien, sinon entretenir une caste d’ex-apparatchiks souvent classés à gauche de l’échiquier politique, et qui ont conservé quelque pouvoir d’influence.

  3. Les financeurs arabes préfèrent investir des appartements à Paris plutôt qu’aider l’IMA. C’est plus rentable.

  4. Franchement ! Vivement le grand virage aux élections de 2027. J’espère que la suite politique s’occupera et se préoccupera  » enfin » du pays France. Notre pays n’a plus les moyens de s’occuper et de financer quelconque institue de je ne sais quoi financé par les impôts des Français qui bossent pour contenter et enrichir les poches de gens de l’acabi de Lang et toute sa clique de profiteurs…

  5. Existe t-il un Institut du monde chrétien dans un pays arabe ? Pourquoi financer un MACHIN destiné à la propagande islamique ? On pourrait en faire un musée à la gloire des Chrétiens d’orient ne serait-ce que pour leur donner une visibilité.

  6. Ça suffit la gabegie. De l’argent public à récupérer pour de bonnes causes. Marre de tous ces planqués qui vivent trop bien avec l’argent public.

  7. La maison des afriques prend déjà 2 500 m2 à la Monnaie de Paris, vue sur la Seine.
    Utilisons cet espace IMA en mutualisant tous les contrôles de fraudes.
    Un lieu qui rapporte, quoi. Lorsque l’on redeviendra riches, on verra.

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