Résumons : donneurs de leçons depuis des décennies, « conseillers » occultes puis officiels des éminences, éminences eux-mêmes, voilà quarante ans que ceux-là, de ministères en instances internationales, plongent nos économies dans le chaos et ont envoyé par le fond des millions de gens dans le monde.

Sauf un DSK, rattrapé par les errements de sa sexualité débridée, aucun d’eux n’a jamais quitté la scène publique. Pire : ce sont toujours eux qu’on consulte, eux qui tirent les ficelles en coulisses et se piquent de vouloir, aujourd’hui comme hier, régenter la marche du monde.

Vendredi matin, la chronique de François Lenglet, sur RTL, a piqué mon attention. Il dit qu’un nouveau mot est apparu dans le paysage des économistes : le jubilé.

« Dans les traditions anciennes, et dans la Bible en particulier, le jubilé, c’est l’annulation des dettes. Et selon cette prescription, il faut faire table rase des engagements financiers tous les 49 ans de façon à nettoyer et le système économique et la psychologie des hommes de toutes les scories du passé. »

Comme une poule trouvant un asticot, nos économistes ont donc déterré le jubilé.

Jubilé : mot apparu au XIIIe siècle, du bas latin ecclésiastique jubilaeus, de l’hébreu yobel, « sonnerie de cor », nous dit le dictionnaire. Le Larousse en ligne précise : « Dans la Bible, année privilégiée, dite année jubilaire, revenant tous les cinquante ans et marquée par une volonté d’égalité sociale. » Selon le dictionnaire étymologique, d’abord « solennité publique célébrée tous les 50 ans selon la loi mosaïque », puis, au XVe siècle, au sens d’« indulgence plénière accordée pour une année par le pape ».

Dans la définition de l’Église, l’indulgence plénière est une grâce de Dieu. C’est « la réparation, l’effacement du désordre causé par le péché ». Il me semble qu’on est là dans le champ de la théologie, en tout cas de la religion, pas de l’économie. Je crois comprendre qu’il est question de la remise des fautes… pas des dettes ! J’avoue que cette récupération est pour le moins curieuse…

En tête des « jubilataires », , l’ancien patron de la Banque centrale européenne, et , l’ancien patron du FMI. « Le plus inquiet est sans doute Draghi, qui décrit dans le Financial Times, il y a quelques jours, la menace d’“une catastrophe de proportion biblique”. Il recommande qu’on annule les dettes des entreprises. DSK, lui, recommande l’annulation de la dette des États, au moins de ceux qui ont les plus faibles revenus », dit Lenglet.

Bref, qui l’eût cru : ces gens-là qui ont mis la Grèce, l’Espagne, l’Italie et bien d’autres à genoux après la crise de 2008 viennent, aujourd’hui, nous expliquer que la dette n’est rien. Qu’il suffit de l’ignorer. De la reporter de siècle en siècle. Ainsi qui écrit, dans Les Échos : « Annuler une partie de cette dette serait la meilleure solution sur le plan intellectuel. Une voie moyenne serait d’en allonger la durée à 100 ans, voire à perpétuité. » Il poursuit : « Ne nous laissons pas, en matière monétaire, écraser par les références d’hier face à une situation totalement inédite. » Il est vrai qu’on ne connaît pas plus habile que ce monsieur dans le retournement de veste…

Quant à DSK, c’est ouvertement la trouille qui le tenaille : « Allègement des dettes des pays à bas revenus et émission massive de DTS sont aujourd’hui un passage obligé pour contribuer à éviter une catastrophe économique »… sinon… Sinon « qu’en sera-t-il lorsque, poussés par l’effondrement de leurs économies nationales, ils seront des millions [de migrants] à tenter de forcer le passage ? »

En somme, la fin du monde blanc… Mais, au fait, à qui la faute ?

17 avril 2020

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