Droite LR : toujours aussi malade. Et pourtant, il y a une place à prendre

Le dernier week-end d'août est d'ordinaire marqué par la rentrée des partis qui organisent leurs universités d'été. Mais avec l'élection de M. Macron et la déroute, électorale et financière, des partis traditionnels, ils ont cette année fait profil bas. Exit les Verts et le PS. Seul M. Mélenchon, une fois encore, a réussi à faire parler de lui. Quant à la droite LR, son université du Touquet a été reléguée au rang de non-événement absolu par un simple bain de foule du Président Macron qui y a attiré plus de curieux, malgré sa chute de popularité.

Il est vrai qu'il faut vraiment se forcer pour s'intéresser aux petis jeux des caciques LR. Car ce qui est proprement stupéfiant chez eux - un chez eux qui pourrait être un chez nous s'ils se décidaient enfin à ouvrir les yeux... -, c'est que les défaites ont beau s'accumuler, ils se livrent toujours aux mêmes errances avec une constance qui force l'admiration. La situation politique a pourtant été bouleversée mais leur maladie - car, à ce stade, cela devient pathologique - est toujours la même. Les trois symptômes qui les minent depuis dix ans se sont encore fortement manifestés ces jours-ci.

D'abord, les LR sont toujours en campagne interne. Plus ils perdent les élections - les vraies -, plus ils en organisent : élection du président, primaires, etc. Cette fois-ci, M. Wauquiez est donné favori face à M. Fasquelle et quelques autres.

Ensuite, ils sont toujours incapables d'adopter une ligne clairement de droite, pensant que c'est la droitisation de leurs candidats qui les a conduits à la défaite. Alors que c'est justement le manque de crédibilité et de cohérence sur ce plan de M. Sarkozy et de M. Fillon.

Mais le signe le plus éclatant de la sclérose LR, ce week-end, c'était évidemment la « rentrée » de M. Juppé. Malgré sa déroute à la primaire, il est toujours là, entouré du même fan-club animé par M. Raffarin, et professant les mêmes dogmes. Et en particulier celui-ci, autre symptôme du vide idéologique et stratégique des LR : « Lorsqu'on veut faire battre la candidate du Front national, on n'a pas d'autre choix que de voter pour son adversaire. » Dans ces conditions, on peut très bien imaginer M. Juppé vous appeler dans cinq ans à voter encore pour M. Macron, ou pour Mme Hidalgo, ou pour M. Mélenchon – qui sait ?

Et pourtant, si la droite, enlevant enfin ses lunettes juppéistes, savait lire les signes des temps, elle verrait que plusieurs changements lui ouvrent un espace. Premièrement, le juppéisme est moins que jamais son avenir puisqu'il est actuellement au pouvoir, avec M. Philippe, et, si jamais les Français en redemandent encore dans cinq ans, ils préféreront sa version macronisée. Et s'ils n'en veulent plus, la droite LR aura bonne mine avec ses atours juppéistes...

Deuxièment, l'effondrement de M. Macron, logique vu la fragilité de sa majorité et de son électorat, et la popularité de M. Mélenchon montrent que les Français attendent une opposition forte. Ce qui ne veut pas dire démagogique.

Troisièmement, le Front national est en plein doute et ses dirigeants divisés. Mais ses électeurs, eux, sont toujours là, tout aussi orphelins que ceux de M. Fillon.

Enfin, l'attaque inacceptable de M. Macron contre le gouvernement polonais serait pour la droite l'occasion de proposer une nouvelle doctrine européenne, qui verrait la France prendre la tête d'une Europe identitaire enfin décidée à en finir avec son impuissance face à l'immigration et à l'islamisme.

Ainsi "déjuppéisée", la droite retrouverait une crédibilité, son identité et son statut d'opposant capable de créer l'événement. Un rêve ? Avec les quinze millions d'électeurs de droite d'avril dernier, il ne nous est peut-être pas interdit de le dire à voix haute à cette droite-fantôme, non ?

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