DPE : les bouilloires thermiques lui disent merci !
Après les passoires thermiques, les bouilloires thermiques. Jusqu’à présent, les bâtiments étaient surtout pointés du doigt pour leur mauvaise isolation, parce qu’ils laissaient échapper la chaleur l’hiver et la laissaient entrer l’été. Beaucoup de travaux ont été réalisés çà et là pour remédier à cela. Là où d’importantes rénovations énergétiques ont été faites, désormais, la chaleur est bien conservée à l'intérieur des murs. Problème : ce qui est vrai l’hiver l’est aussi l’été. C’est ainsi que les anciennes passoires thermiques sont devenues des bouilloires thermiques flambant neuves.
Dans une émission diffusée sur Public Sénat, Corinne Jolly, PDG de PAP.fr, parle de ce fameux « effet Thermos™ » : « On isole les appartements pour l’hiver, mais si on laisse des ouvertures qui laissent entrer la chaleur, l’isolation marche dans les deux sens et, donc, l’isolant va empêcher la chaleur de sortir. » Elle précise : « En faisant des travaux qui visent à améliorer le DPE [diagnostic de performance énergétique, NDLR], on peut accentuer la situation de bouilloire thermique. Vous pouvez être A et être en bouilloire thermique très concrètement. On estime même qu’il y a 30 % des logements A qui sont des bouilloires thermiques. »
Effet Thermos™
Le diagnostic de performance énergétique, présenté comme une arme absolue contre l’habitat indigne, aurait finalement conduit à faire de graves erreurs en matière de rénovation. BV l’a déjà évoqué à plusieurs reprises, c’est aujourd’hui une confirmation : le DPE est une aberration qui coûte cher aux propriétaires, plombe le marché immobilier, détruit le patrimoine et, maintenant, conduit à la création de bouilloires thermiques.
Ce qui est vrai pour le privé est aussi vrai pour les bâtiments recevant du public, notamment les écoles. Ce n’est pas sans conséquence, surtout pendant cette période de canicule. Pour preuve, dans les Hautes-Pyrénées, les épreuves du brevet des élèves du collège Astarac-Bigorre de Trie-sur-Baïse sont délocalisées au monastère des Carmes. Pourquoi ? Cet édifice daté (sans certitude) du XIVᵉ siècle, comme nombre d'églises anciennes, est un véritable îlot de fraîcheur.
Cela est évidemment dû à sa construction. « L’épaisseur de ses murs permet d’avoir un déphasage beaucoup plus long », explique un architecte à BV. Il précise : « La chaleur de l’extérieur met beaucoup de temps à pénétrer dans les murs et, donc, à entrer à l’intérieur du bâtiment. » Un autre élément est à prendre en compte : la surface vitrée. « Plus les ouvertures sont petites, moins le soleil rentre et, donc, la chaleur. » C’est aussi pour cette raison que les vieilles bâtisses du sud de la France ont souvent de petites fenêtres.
Les anciens savaient… Aujourd’hui, les méthodes de construction ont changé. Les pierres épaisses ont laissé place à des structures en béton plus fines. La différence est compensée par des isolants, mais dans ce domaine, tout ne se vaut pas. « Il y a des isolants très performants, d’autres moins. La laine de roche et la laine de verre, qui ont été massivement utilisées, n’ont qu’un effet relatif, d’autant plus qu’elles se dégradent dans le temps. Aujourd’hui, on utilise plutôt du polyuréthane, du polystyrène et des panneaux de fibres de bois, plus écologiques, qui ont une bien meilleure inertie », détaille l’architecte.
Effet boomerang
L’autre grande différence entre le bâti ancien et l’architecture moderne : l’utilisation du verre. Désormais, partout, « les grandes surfaces vitrées sont privilégiées, pour des questions de dépense électrique entre autres ». C’est principalement par là qu’entre la chaleur puis est piégée à l’intérieur, créant ces fameuses bouilloires thermiques. L’architecte ajoute : « Si la chaleur entre dans un monastère, il en est de même. Elle reste à l’intérieur. »
Il convient donc surtout de ne pas la laisser pénétrer mais, dans les écoles, cela est quasiment mission impossible car les élèves ne peuvent pas travailler volets fermés en journée et parce que le soir, quand les nuits sont plus fraîches, plus personne n’est sur place pour ouvrir les fenêtres et ventiler. N’en déplaise aux écologistes, malgré toutes les isolations possibles et imaginables, sans climatisation dans ce type d’infrastructure, l’équation chaleur aura du mal à être résolue. CQFD.
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52 commentaires
Les anciens avaient tout compris! Des maison orientées plein nord, des murs en pierre, de nombreuses pièces avec des portes pour favoriser les petits espaces et donc isoler en interne… maintenant que tu sois dans le sud ou dans le nord ce sont les mêmes modes de construction ou normes et toujours orienté plein sud. Même les valeurs de la construction se perdent!
Entre voitures électriques, DPE, ZFE, choix des sources d’énergie, etc …, la France est en train de s’apercevoir que l’écologie a été confiée à des amateurs, soit à Paris, soit à Bruxelles. C’est une science dont l’application est éminemment complexe et aux innombrables variables, dont la moitié ont été oubliées dans des règlements et des lois votées à la va-vite dans des parlements à moitié vides, et sous des prétextes fallacieux. Au lieu d’avancer un réchauffement climatique dont les humains ne sont sans doute que partiellement responsables, on pouvait par exemple simplement dire que le plastique est en train de tout envahir, océans comme continents, et que la pollution nous empoisonne, fait avéré.
Une autre mode qui donne d’aussi mauvais résultats, le remplacement des huisseries et menuiseries en bois par du métal, aluminium en général, nature ou plastifié. L’hiver le métal transmet à l’intérieur le froid et l’été c’est la chaleur qui pénètre, malgré les vitrages à 2 voire 3 volumes verriers et les gaz rares entre les verres. Et pour une bonne isolation des baies vitrées, rien ne vaut les bons vieux volets en bois plein, épais de 3 cm, en bois massif. Le soleil peut taper toute la journée, la face interne du volet reste à une température supportable. Par contre les volets en métal transforme la baie vitrée en four. Mais gardons confiance, le gouvernement et son chef ont fait un important travail contre la canicule: c’est promis dans six mois il n’y aura plus de problème avec ces pics de température.
Les profilés alu sont à rupture de pont thermique.
Je vis dans le sud à Castries, 34160 dans un F2 sous les toits ; oui, les travaux ont été réalisés mais les hivers ne sont jamais froids et je vous le confirme sincèrement puisque je viens d’Auxerre en Bourgogne à une époque ( 60-70-80 ) où il y avait de la neige chaque hiver. Depuis 1990 où je suis arrivé dans la région de Montpellier, je n’ai jamais mis de pull ! Bref, depuis leurs travaux, pas de chauffage l’Hiver car je suis toujours à 18-19 mais tous les étés, je vis avec 31 le matin et 33 le soir ! je dors sur mon balcon et je rentre dès qu’il fait trop jour en fermant mes volets de chambre, en mettant des boules quiès et un petit ventilo pas trop bruyant sur un tabouret à 1m de mont lit. Voilà le résultat de leur rénovation dans une région où il n’y a pas d’HIVER digne de ce nom !!!!! Voilà comment on dépense du fric pour rien !!!
Je vis dans le sud à Castries, 34160 dans un F2 sous les toits ; oui, les travaux ont été réalisés mais les hivers ne sont jamais froids et je vous le confirme sincèrement puisque je viens d’Auxerre en Bourgogne à une époque ( 60-70-80 ) où il y avait de la neige chaque hiver. Depuis 1990 où je suis arrivé dans la région de Montpellier, je n’ai jamais mis de pull ! Bref, depuis leurs travaux, pas de chauffage l’Hiver car je suis toujours à 18-19 mais tous les étés, je vis avec 31 le matin et 33 le soir ! je dors sur mon balcon et je rentre dès qu’il fait trop jour en mettant fermant mes volets de chambre, en mettant des boules quiès et un petit ventilo pas trop bruyant sur un tabouret à 1m de mont lit. Voilà le résultat de leur rénovation dans une région où il n’y a pas d’HIVER !!!!!
Rien de mieux qu’une maison ancienne avec des murs épais de 40 ou 50 cm en torchis ou en briques plaines montaient à la chaux pour l’hygrométrie avec un vide air au milieu. J’y est investi une partie de ma vie, mes vacances et toute mes économies sans aide bien sûre. Certains préfère les voyages, les demeures ou les appartements standardisés avec de grandes baies vitrées exposées plein sud avec des matériaux modernes aux dernières normes chère m’es subventionnées se qui revient au même vue que vous payez plus cher. Mon fils en a une c’était un four à convection. 35000 euros de panneaux solaires plus tard et une bonne climatisation 15 années d’amortissement il espère faire des économies, heureusement.
Personnellement, je veille à fermer les volets selon la course du soleil, et tous ceux qui ne sont pas orientés au nord en cas de très forte chaleur ; la nuit, j’ouvre les fenêtres en gardant les volets fermés. Est-ce si compliqué ?
De même, acheter un éventail au lieu d’un dispendieux gadget électrique est-il stupide ?
Dans le Sud, si vous êtes à l’est donc quand le soleil se lève et que l’autre côté de votre appart est à l’ouest où le soleil se couche, je vous saurai grè d’y réfléchir surtout lorsqu’on est sous les toits ! Il n’y a pas que des gens comme vous et ne me dites pas de déménager car c’est prévu !! Merci.
L’isolation tient surtout de l’épaisseur des murs et de leur composant. Les anciens le savaient bien.
Bien entendu ! Mais les anciens étaient bêtes ; c’est un postulat mondialement accepté à présent !
Il est pour le moins étonnant que dans le cadre de constructions individuelles le puits canadien ne soit pas encouragé ! C’est une solution géothermique de surface qui réchauffe l’air en hiver et le rafraîchit en été. Sans doute cette solution qui coûte trois francs, six sous, en fonctionnant comme un échangeur air-sol n’est t’elle pas dans les priorités de nos zélites dites écologiques et administrations sous lobbies, car elle ne rapporte pas suffisamment…
Clairement, je n’ai aucune compétence en matière de thermodynamique. Juste un peu d’expérience vécue et de bon sens, qui me font dire que
– fermer le jour pour empêcher la chaleur d’entrer, comment ? Si on se contente de fermer les fenêtres, même les doubles vitrages ne sont pas vraiment isolants. Et si on ferme les volets, il faut vivre dans le noir ?
– ouvrir les fenêtres la nuit pour permettre à la fraîcheur d’entrer (sous réserve qu’il ne fasse pas encore 30° dehors), si on vit en rez-de-chaussée, c’est évidemment impossible. Et si on est assez haut pour éliminer le risque des cambrioleurs et des chats errants, cela implique quand même d’équiper toutes ses fenêtres de moustiquaires, pour faire barrage aux insectes multiples et divers, aux chauves-souris, voire à quelques oiseaux de nuit. Et en plus, fenêtres ouvertes, on n’est évidemment pas protégés du bruit.
Lecteur quotidien de BV, je suis déçu de lire un article comme celui ci faisant la part belle au n’importe quoi. Un isolant est destiné à limiter les échanges de chaleur entre 2 espaces. L’efficacité d’un bon isolant se mesure justement mieux l’été (si on n’a pas de clim) que l’hiver parce que dans ce dernier cas le chauffage compense. Le secret est de ne pas laisser entrer la chaleur par les ouvrants, ou bien de la laisser sortir : Ouvrir les fenêtres la nuit, les refermer le jour.
On empêche les écoles d’aérer la nuit pour rafraîchir les pièces…!
Oui mais uniquement pour éviter le vandalisme. Il faudrait un vigile mais ça représente un coût. Personnellement Je ferme la journée et J ouvre la nuit.
Bien d’accord avec vous. Les journalistes politiques devraient réviser leurs leçons de physique de seconde de première. L’isolation s’empêche autant le chaud de rentrer en été que de sortir en hiver. C’est certain qu’une fois dedans il sera plus long à sortir !
Votre raisonnement est juste quand on a des écarts de température significatifs entre le jour et la nuit. Pour la période que l’on vient de vivre, et en ayant pratiqué comme vous l’indiquez, la température nocturne ne descendant pas en dessous de 28-30 ºC, c’était une cause perdue.
Faux. Je suis actuellement dans une bouilloire thermique dans le Gers, construction récente, murs doublés, et la chaleur reste à l’intérieur.
Il me semble même que les architectes ont aujourd’hui l’obligation de prévoir 17% de la surface totale d’un nouveau bâtiment en fenêtres… Ce qui n’arrange rien.