« Je porte un regard très critique sur ce qui se passe en France depuis plusieurs décennies, explique Sonia, une Française d’origine musulmane devenue militante de Reconquête, le parti d’Éric Zemmour. L'immigration massive est un fléau, pour des raisons de sécurité évidentes, je suis pour une immigration zéro ou très sélective. Je pense qu’il faut expulser les délinquants ainsi que les personnes en situation irrégulière. Je ne supporte plus de subir leurs comportements au quotidien, sur le fond et la forme. Ils me font honte. Ces comportements, ils ne les auraient jamais au pays. »

Boulevard Voltaire a rencontré trois de ces Français d’origine immigrée, devenus patriotes et amoureux de la France au point de militer derrière… Éric Zemmour. Ils ont choisi la civilisation et la culture françaises. Nous les avons vus ou nous avons parlé avec eux au téléphone. Leur témoignage nous a paru marquant, leur lucidité étonnante. Leur bon sens et leurs évidences nous ont frappé. Certains, dans le confort des endroits où l’on fait régner la police de la pensée, feraient bien de lire et de relire ces témoignages. Nous vous les livrons abrupts, en commençant par celui de Sonia, 46 ans. Cette femme d'origine tunisienne se dit « de confession musulmane par “héritage” familial depuis des générations ». Mais, en arrivant en France, sa avait pris de la distance avec l’islam. « Ma mère est arrivée en France dans les années 1970, elle n’était pas très pratiquante », explique Sonia. Cette distance la pousse à adopter les mœurs françaises. « Je ne suis pas pratiquante, contrairement au reste de ma famille (mère, frère, sœurs) qui se sont, pour certains, “radicalisés”. » Comment ? « Quand mes sœurs se sont mariées, leurs maris les ont attirées vers l’islam. Elles ont commencé à porter le voile. »

« Les racailles et les immigrés à la dérivent en profitent »

Une évolution qu’elle refuse. « Je ne veux pas qu’en France s’installe le paysage de la Tunisie, sinon je serai allée y vivre », dit-elle. Mais voilà, là-bas, « la police et le gouvernement sont intransigeants et craints par la population. Ici, les forces de l’ordre n'ont ni les moyens nécessaires, ni l'appui du gouvernement pour se faire respecter. Alors ces racailles et les immigrés à la dérive en profitent », explique Sonia. Une évidence qui prend du poids lorsqu’elle vient d’une femme immigrée...

« Je suis contre le port du voile dans l'espace public, tranche Sonia. Nous sommes en France, pas au pays ! Ici, les femmes doivent respecter la laïcité. Si je suis en France, c'est pour vivre émancipée et en sécurité. De même, nous respectons le code vestimentaire lorsque nous allons en Tunisie, par respect des coutumes. Je refuse que soient importées ici les règles souvent archaïques de nos pays. Il faut le dire, beaucoup d’immigrés profitent du système français, très généreux. Cela crée des appels d’air et entraîne des arrivées massives. »

Voilà plusieurs années qu’elle suit les interventions d’Éric Zemmour à la télévision : « Je suis en totale adéquation avec ses idées sur les questions d'immigration et de pratique de la religion musulmane en France. Il a mis des mots sur ce que je pensais, et je le dis sans aucune ambiguïté : cet homme n’est pas raciste. » Mais ses partisans le sont, assurent les bonnes consciences ! Faux, répond Sonia.

« Je suis allée le soutenir à Villepinte et, contrairement à ce que pense la gauche, je n’ai reçu aucune réflexion des pro-Zemmour sur le fait que nous soyons d’origine étrangère. » Son fils de 23 ans et elle ont pris leur carte de Reconquête. Ils vont aux réunions et distribuent des tracts « depuis peu », dit Sonia. Un virage politique « alors que je n’ai jamais voté », dit-elle. Mais pour elle, « il est temps que les choses changent ».

Comme Sonia, Mehdi Tliba a sauté le pas vers le parti d’Éric Zemmour. Un grand pas ! « J’ai grandi dans un petit village français, où ma et moi étions les seules personnes arabes. Très vite, j'ai ressenti un écart culturel entre mes camarades de classe et moi-même. Je n’ai jamais fait étalage de mes origines : j’estime que c’est la raison pour laquelle j’ai été accepté. »

Ce trentenaire, né d’un père d’origine tunisienne et d’une mère franco-italienne venue d'Antibes, a grandi dans le sud de la France. Il réside sur la Côte d’Azur, à Grasse. Marié et père de deux enfants, il a vécu pendant deux ans aux États-Unis où il a fondé une crêperie. Il a lui aussi franchi le fossé culturel qui le séparait de la France.

« J'estime que l'islam n'est pas compatible avec la France »

« Généralement, quand un enfant français fête ses 8 ans, raconte Mehdi Tliba, il a une réception d’anniversaire et peut s’amuser avec ses copains. Pour moi, ce fut bien différent. On m’a donné le jour de mon anniversaire un couteau pour tuer un agneau. Je suis aujourd’hui totalement étranger à la religion et à la culture musulmanes. Et j’estime que l’islam n’est pas compatible avec la France. » La France ne transmet pas sa culture aux nouveaux arrivés, un réflexe soi-disant néocolonialiste, supérieur, destructeur. La gauche s’y oppose depuis des décennies. Un obstacle de plus pour ceux qui souhaitent s’intégrer. « Durant mon adolescence, je n’ai pas eu l’accès à la culture, raconte Mehdi Tlibat. Je me suis réfugié dans le monde virtuel [celui des ordinateurs et du numérique, NDLR] jusqu’à mes 16 ans. Changement radical à 17 ans : j’ai voulu m’engager dans la Marine nationale française. Il y avait dans ma démarche, bien entendu, un côté patriotique. J’ai un amour inconditionnel pour le drapeau, je suis prêt à mourir pour le pavillon français. Malheureusement, j’ai échoué lors de mes stages d’intégration à Lorient. »

Mais il a cultivé la fibre patriote. « Mon amour de la France a encore grandi depuis. À mon premier enfant, j’ai très tôt appris la littérature française. Je m’éveille devant chaque découverte sur l’identité de ce pays, comme Leeloo, dans Le Cinquième Élément. »

Pourquoi Zemmour ? « Quand j’ai lu son livre Le Suicide français, sorti en 2014, ce fut un déclic. J’ai encore découvert sa pensée, loin de la diabolisation journalistique, quand il est arrivé à CNews. Il faisait le diagnostic des maux de la France. » Mehdi n’en a pas fini avec l’Hexagone. « Je ferai tout mon possible pour que mes enfants puissent grandir, à l’inverse de moi, dans des conditions idéales pour embrasser ce pays si riche culturellement, si lumineux spirituellement. Je suis déterminé à ce que ce joyau qu’est la France survive au virage mondialiste et woke qui veut dissoudre ce qui nous unit : la nation. » On aimerait entendre ces mots parmi les intellectuels qui déchirent consciencieusement le tissu de la culture française depuis soixante ans…

Dernier de nos militants, Yanis (son prénom a été modifié à sa demande) a 20 ans. Il est né à Provins d’un père d’origine jordanienne et d’une mère française et habite aujourd’hui à Troyes, où il suit des études pour être développeur Web. Il aurait pu s’attacher aux paysages ou à la gastronomie française, mais c’est l’Histoire qui l’a amené à découvrir et à aimer ce pays. Il se passionne pour le XVIIe siècle et le Roi-Soleil, à l’époque de la splendeur classique, fouille les soubresauts et la gloire du Premier Empire et de Napoléon Bonaparte. Cet amour inconditionnel de l’Histoire de France ? Voilà bien un point commun avec le candidat Zemmour. Son témoignage brut en dit long sur ce que la France devrait dire à ceux qui la méprisent ou la haïssent. « Je suis né dans un quartier où la plupart de mes voisins étaient musulmans et immigrés. J’ai été élevé dans un univers de gauche sans m’en rendre compte. À cette époque, je n’avais aucune hostilité envers le port du voile et je considérais comme “facho” toute personne de critique envers l’immigration. L’un des seuls partis politiques appréciés en banlieue était La France insoumise. » Pourquoi ? Pour ses prises de position récurrentes en faveur de l’immigration.

« Être Français, c'est faire sienne l'Histoire de France »

Ce bain culturel, Yanis le quitte très tôt. « À 11 ans, la séparation de mes parents m’a obligé à m’éloigner de cette banlieue. J’ai en effet rejoint un lycée agricole et je découvre la France que jadis nous avons insultée. Je préfère être sincère : avant, je n’étais pas anti-France mais ça ne me dérangeait pas d’insulter la police et le pays où j’habite. En arrivant dans cette nouvelle région, j’avais des appréhensions car je pensais que c’étaient des fachos. Malgré mes a priori, pour la première fois, je n’ai ressenti aucun racisme. C’est en découvrant l’agriculture et les agriculteurs que j’ai commencé à aimer la France et les Français. J’ai compris ce que signifiait être français. Ce n’est pas seulement avoir des papiers mais faire sienne l’Histoire de France. » La France profonde, celle qui a gardé son caractère, celle qui n'a pas sacrifié son identité au modernisme woke ni à la mondialisation, a servi pour lui de révélateur. « Ma vie dans la ruralité m’a ouvert les yeux, dit-il. Quand j’étais dans mon quartier, il y avait une petite musique qui disait que nous étions laissés à l’abandon par l’État, mais quand je suis arrivé dans mon lycée agricole, j’ai compris que nous étions beaucoup plus aidés que les habitants de la campagne. »

En 2017, il trouve chez Zemmour, découvert sur YouTube, un écho à ce qu’il pense. « Beaucoup de ce qu’il dit est parfaitement fidèle à ce que j’ai vécu, estime-t-il. Dans mon quartier, les forces de l’ordre ne pouvaient pas entrer et les personnes blanches étaient parfois maltraitées par les autres habitants. » Seul en son genre dans sa famille, il a imposé ses choix. « Mes proches sont très à gauche et traitent Zemmour et ses partisans de fachos, ils ne comprennent pas ma position. Mais je tiens à préciser qu’ils ne m’emprisonnent pas non plus. J’ai pu loger chez ma sœur pour aller le voir à Villepinte. Je suis désormais adhérent à Reconquête et militant à Génération Z. »

Trois témoignages à adresser d’urgence à La France insoumise…

13 février 2022