Ce mercredi 4 octobre, le mouvement catholique Civitas a été dissous solennellement en Conseil des ministres. Annoncée le 7 août dernier par Gérald Darmanin, à la suite des propos tenus par l'essayiste Pierre Hillard sur les Juifs, lors de l'université d'été de ce mouvement en juillet - propos qualifiés d'« ignominieux » -, la procédure de dissolution n'aura pas traîné. Moins d'un mois plus tard, le mouvement n'a plus droit de cité. Une telle célérité pour un ministre qui peine tant à accomplir ses autres engagements force l'étonnement, à défaut de l'admiration, tant les mouvements catholiques sont des cibles faciles.

Deux poids deux mesures

Victorieusement, le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, a annoncé les raisons de cette dissolution. « Civitas considère les droits de l'homme comme des outils de destruction de la civilisation chrétienne, Civitas a organisé des rassemblements en hommage à des personnalités emblématiques de la collaboration, Civitas assure la promotion d'une hiérarchie entre les citoyens français avec des thèses clairement antisémites et islamophobes », a énuméré le ministre, accusant également le mouvement d'appeler à « entrer en guerre contre la République », y compris en recourant « à la force ». Soit. De tels propos tenus, s'ils sont avérés, sont, bien sûr, condamnables. Mais on ne peut s'empêcher d'être interpellé par la capacité du gouvernement à définir certains groupuscules, plus que d'autres, comme de graves dangers pour l'ordre public.

Prenons, par exemple, Les Soulèvements de la Terre. En mars dernier, le mouvement faisait, une énième fois, parler de lui, à Sainte-Soline. Dans le cadre de manifestations contre le projet de méga-bassines, Les Soulèvements de la Terre avaient provoqué des affrontements d'une violence inouïe à l'encontre des forces de l'ordre. 47 militaires de la gendarmerie avaient été blessés. Le mouvement, de son côté, prônait sans vergogne le recours à toutes sortes de moyens, si violents soient-ils : « Seul un basculement radical - un soulèvement - pourrait permettre d'enrayer le réchauffement climatique et la sixième extinction massive des espèces déjà en cours. Au fond, nous le savons, il ne nous reste aujourd'hui plus d'autre voie que de mettre toutes nos forces dans la bataille pour enrayer le désastre en cours et abattre le système économique dévorant qui l'engendre. » Entre l'« entrée en guerre » imputée à Civitas et « toutes [les] forces dans la bataille » mises par Les Soulèvements de la Terre, la frontière est mince. À ceci près que le premier ne représente qu'une menace, quand le second a déjà fait ses preuves : Civitas est poursuivi pour des « propos », Les Soulèvements de la Terre le sont pour des faits.

Une procédure qui n'en finit pas

Le gouvernement n'a pas fait mine d'ignorer ce qui s'était passé à Sainte-Soline. Mais l'affaire traîne. La dissolution du mouvement avait été annoncée le 21 juin dernier, il y a près de quatre mois. Le 11 août dernier, le Conseil d'État suspendait, en référé, la procédure de dissolution des Soulèvements de la Terre, expliquant que « saisis par ce collectif et par plusieurs associations, partis politiques et particuliers, les juges des référés estiment qu’il existe un doute sérieux quant à la qualification de provocation à des agissements violents à l’encontre des personnes et des biens retenue par le décret de dissolution ».

Et depuis ? Depuis, la commission d'enquête sur les « groupuscules auteurs de violences » lors des manifestations de Sainte-Soline, censée auditionner Les Soulèvements de la Terre, ne semble pas bien pressée de recevoir les principaux fauteurs de troubles. Auditions annulées, reportées... La lenteur du processus n'a pas manqué de faire réagir les députés Rassemblement national de la commission d'enquête qui ont dénoncé, dans un communiqué publié ce 4 octobre, le peu d'entrain des enquêteurs à auditionner Les Soulèvements de la Terre. Invoquant la loi, les députés rappellent ainsi que « toute personne qui ne comparaît pas ou refuse de déposer ou de prêter serment devant une commission d'enquête est passible de deux ans d'emprisonnement et de 7.500 euros d'amende ».

Gageons que ces préconisations seront entendues par les membres de la commission d'enquête et que, outre les mouvements radicaux de droite, les dangereux groupuscules qui s'attaquent impunément à nos forces de l'ordre et prônent la révolution n'attendront plus bien longtemps avant d'être éradiqués.

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05 octobre 2023 à 18:10

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34 commentaires

  1. Comme les anciens chrétiens romains, ils se reconstitueront dans la clandestinité et attendront le bout de la désescalade décadente (qui est inéluctable et qu’il est vain d’essayer d’enrayer).

  2. Pour donner des gages le gouvernement et prompt dans cette situation et l’est moins quand c’est de l’ultra gauche. À sainte Soline qui va payer les dégâts lorsque la manifestation était interdite ?

  3. La dissolution de CIVITAS pour faire plaisir et donner raison aux associations multiples et diverses extrêmes gauche et pro islamique anti Française , anti Blancs Chrétiens dont l’électorat profite à ce gouvernement soutenu par la gauche bobo !

  4. Se souvenir de la façon dont les contraintes et obligations ont été mises en place lorsque le COVID sévissait est l’exemple même de ce que le pouvoir peut quand il le veut. Décisions immédiates, exécution sans délai, contrôle et sanctions systématiques jusque dans les coins les plus reculés, tout cela a été fait avec une telle célérité que l’on sait désormais qu’aucune difficulté n’arrête un gouvernement déterminé. Donc, quand il ne fait pas, c’est qu’il ne veut pas. Mais qui lui demandera des comptes sur sa partialité ?

  5. O. Véran : « Civitas assure la promotion d’une hiérarchie entre les citoyens français  » . On ne manque pas d’air au gouvernement ! E.Macron : « Les populistes, ces lépreux … » . Très certainement un calin qui ne crée pas de hiérarchie entre français. Chef d’Etat à dissoudre ?

  6. La dissolution de Civitas c’est plutôt pour se faire bien voir de certains surtout de gauche et probablement à Bruxelles çà ne changera strictement à rien sauf à se faire une petite douceur.

  7. Cette république est capable de toutes les horreurs possibles. Le plus triste est que les Français n’ont malheureusement pas beaucoup de mémoire. Vive le Roi.

  8. Quand des mouvements d’extrême gôôôche préparent des projectils faits de vis auto foreuse coulées dans des petits blocs de plâtre, le fumeux conseil ne voit pas que ces gens sont ultra violents et veulent s’en prendre aux forces de l’ordre…
    D’aucuns appelent cela « l’inversion des valeurs », mais où allons nous au delà du mur qui ne va pas tarder à tomber ?

  9. Prions pour que les français se souviennent de toutes les actions de ce gouvernement contre le peuple français lors des prochaines élections . Ce mépris de tout ce qui est français devient scandaleux .

    1. J’ai comme un doute : je crains le retour d’Édouard Philippe qui, s’il paraît moins méprisant que Macron n’en est pas moins dangereux

  10. Dissoudre quelconque organisation ne sert à rien. Les réseaux se reconstituent autre par et de manière plus puissante. Par exemple je reste persuadé que Reconquête n’aurait jamais été aussi bien en place si Génération Identitaire n’avait pas été dissous. De plus cela a mis un coup de projecteur à Civitas, cette dissolution n’aura pas les effets que les dissoluteurs recherchaient. En revanche, le motif pour lequel Civitas a été dissous est très contestable. Il s’agit de propos haineux tenus par une seule personne. Même pas par un groupe de personnes, le tout dans un cadre privé, bien que filmé. C’est un peu comme si quand Adèle Haenel lors d’un discours avec les bolcheviques de Révolution Permanente, au sein de l’université de Paris 8, traitant notre gouvernement de « violeurs », qu’on avait ensuite dissous toute l’université. Si les propos de Pierre Hillard avaient été tenus lors d’une manifestation dans la rue par le groupe de manifestants, là la dissolution était justifiée.

  11. C’est la manifestation éclatante du courage Etatique…Ils pensent qu’il y a moins de danger à s’en prendre aux Chrétiens catholiques qu’aux barbus et aux fascistes écolo…Combien de manifestations violentes ? Combien d’attentats à imputer à cette organisation ? Le foutage de gueule continue…
    Pas un jour, pas une semaine, sans une nouvelle c….rie…

    1. Il a raison notre sinistre ministre de l’ordre , des cultes et des élections : le vote catho = 3 % alors que les LFI c’est 20% à la louche . En plus de ça des intégristes réunis dans un salon , vous rendez-vous compte ? « La révolution c’est comme la bicyclette .quand elle s’arrête , elle tombe . Che Guevara ? Non , Eddy Mercks ! « 

  12. Les droits de l’homme, la république et ses valeurs fluctuantes, l’avortement dans la constitution alors que rien ne le nécessite, l’incitation à la débauche des écoliers … la dictature de la pensée est maintenant établie, reste à attendre la dictature qui ne saurait tarder.

  13. C’est la France d’aujourd’hui, qui fait l’autruche pour certain et le matamore pour d’autres . Petites gens…

  14. Ne jamais oublier que tous nos gouvernants, depuis 40 ans, ont signé les différents traités Européens et Onusiens qui régentent notre nation, aujourd’hui. Ils ont refusé d’inscrire l’héritage chrétien dans notre constitution et soutiennent de prés ou de loin, la mouvance Wokiste, comme la plupart des grands de ce monde, qui se retrouvent régulièrement à Davos. Qu’en attendre de plus ? Ils semblent que les électeurs en redemandent.

  15. Tout cela est évident. Lorsqu’il faut éradiquer une association islamiste prêchant la destruction des européens blancs, l’esclavage de la femme et le port généralisé de tenues rituelles on hésite, on réfléchit, on consulte les étoiles. Pour le reste et en première ligne pour les catholiques, les defenseurs de la nation et la vraie droite , on tranche, on deporte, on condamne à grande vitesse. La sociale démocratie pourrie et le capital veillent sur vous.

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