Quatre jours après les scènes de guerre de Sainte-Soline, dans le département des Deux-Sèvres, le ministre de l’Intérieur tire les leçons du déchaînement de violence qui s’est abattu sur nos forces de l’ordre. À l’Assemblée nationale, devant les députés, Gérald Darmanin a évoqué, ce 28 mars, « des événements inqualifiables », rappelant que la manifestation de Sainte-Soline était interdite par la préfecture depuis le 17 mars.

Le ministre a surtout accusé nettement les responsables de cette véritable bataille rangée. Il évoque les 47 militaires de la gendarmerie blessés. Et passe aux décisions : « Je constate comme vous l’extrême violence de certains groupuscules [...] et je pense notamment au groupement de fait des Soulèvements de la Terre : plusieurs envahissements d’entreprises, énumère le ministre, plusieurs exactions fortes contre les forces de l’ordre, plusieurs destruction de biens, des centaines de gendarmes et de policiers blessés, plusieurs appels à l’insurrection. J’ai donc décidé d’engager la dissolution des Soulèvements de la Terre que je proposerai après contradictoire à un prochain Conseil des ministres. ». Enfin ! Le gouvernement prend au sérieux la menace de ces milices rouges-vertes ultra-violentes qu’on a vues avancer en tortue contre les gendarmes positionnés à Sainte-Soline, boucliers en avant, jetant des pierres et des cocktails Molotov à l’arrière, sur fond de véhicules policiers en feu.

« Oui, on s’y attendait. Mais on n’avait jamais vu cela : c’étaient des scènes de guerre, face à un adversaire manœuvrier organisé de façon militaire. » Jointe, ce 28 mars, par BV, une source proche du dossier au sein des forces de l’ordre rappelle que Les Soulèvements de la Terre, issue des mobilisations si sympas de Notre-Dame-des-Landes notamment, joue les plaques tournantes. « C’est une organisation insurrectionnelle, révolutionnaire, qui intègre différents mouvements venus de l’extrême gauche et de l’écologie radicale. Elle met au point une planification stratégique. Les manifestants ont réfléchi depuis longtemps à leur organisation, poursuit notre source au sein des forces de l’ordre, chacun a un rôle précis et des effets à obtenir. Ils organisent la protection du secret pour éviter que leurs conversations parviennent aux Renseignements généraux (RG). C’est la poutre porteuse de l’ultra-gauche violente en ce moment. »

Sur son site, l’association Les Soulèvements de la Terre explique bien ses fondamentaux, une forme de panique écologique sur fond de marxisme qui justifie toutes les destructions et tous les moyens : « Seul un basculement radical - un soulèvement - pourrait permettre d'enrayer le réchauffement climatique et la sixième extinction massive des espèces déjà en cours. Au fond, nous le savons, il ne nous reste aujourd'hui plus d'autre voie que de mettre toutes nos forces dans la bataille pour enrayer le désastre en cours et abattre le système économique dévorant qui l'engendre. » L’opinion des peuples, la démocratie, les élus, tout cela importe peu. Seule compte la destruction totale. Les Soulèvements ont pignon sur rue et agissent à découvert depuis des années...

Outre les images, le bilan des actions des forces de l’ordre à Sainte-Soline donne une idée des profils de ces manifestants soutenus par plusieurs élus NUPES, dont la Verte Marine Tondelier, l’inénarrable Sandrine Rousseau ou la députée LFI Clémence Guetté. Sur les quelque 8.000 manifestants venus en Poitou (30.000, selon Les Soulèvements de la Terre), les gendarmes en ont contrôlé 7.000. Un sur dix était référencé dans la documentation judiciaire ! 130 étaient mentionnés au fichier des personnes recherchées et 76 étaient tout simplement… fichés S ! Lors de la dernière manifestation de Sainte-Soline, le 29 octobre 2022, les gendarmes avaient compté 47 fichés S. Ces manifestants peuvent compter sur Les Soulèvements de la Terre en cas de soucis post-manifestation : « Si vous êtes contacté.e par les forces de l'ordre au sujet des événements de ce week-end, vous pouvez contacter le 07 58…, de préférence via l'application Signal ou par email à l'adresse suivante : antirep- [email protected] », explique le site du mouvement. L’application Signal permet d’échapper à tout contrôle. « On a eu devant nous tous les antifas, une composante de l’ultra-gauche en pleine ascension », constate notre représentant des forces de l’ordre.

Des scènes de guerre, une forme d’intifada dans le bocage français où la police note scrupuleusement les armes employées : pierres, boules de pétanque, cocktails Molotov, cocktails incendiaires, sans doute cocktail à l’acide. Bilan : quatre véhicules détruits par le feu, des blessés graves, des blessés légers des deux côtés…

Mais très peu d’interpellations. Rien à voir avec une volonté de la police ni un ordre du gouvernement, nous assure le représentant des forces de l’ordre. Simplement, ces milices vertes sont très entraînées et très difficiles à saisir. « On avait prévu un groupe très musclé pour les attraper, témoigne notre gendarme, mais ils manœuvrent intelligemment : quand on avance, ils reculent, et quand on les approche, ils nous encerclent, on devient la proie. Les gendarmes ont tenté plusieurs fois de faire davantage de prises, en vain, notre sécurité était compromise. »

Si Les Soulèvements de la Terre est effectivement dissous comme le souhaite Darmanin, le travail des gendarmes sera facilité. Ils disposeront de l’arme légale de la reconstitution de ligue dissoute, pourront effectuer des gardes à vue avant même de constater les troubles à l’ordre public et saisiront des pièces au sein de l’association.

Qui s’en plaindra ? Les Français excédés réclament de l’ordre. L’État doit éradiquer ces milices vertes qui terrorisent les habitants et les agriculteurs, investissent et saccagent des champs qui ne leur appartiennent pas, violent les interdictions de manifester, blessent les forces de l’ordre et viennent encore donner des leçons…

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28 mars 2023 à 21:37

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30 commentaires

  1. Comme on l’a fait pour les assoces pro-migrants en médiatisant leurs donateurs (d’Ornellas nous a expliqué les largesses de la mairie de Paris à ce propos), il faut médiatiser largement les financeurs de ces milices vertes que le peuple puisse se faire enfin une idée de qui est derrière ces idiots utiles.

  2. Comment une manifestation interdite plusieurs jours à l’avance peut-elle avoir lieu? On répare au lieu de préparer, encore une fois. Où est réellement la volonté d’enrayer cette violence?
    Si j’ai bien compris, darmanin mettra le sujet à  » un prochain  » conseil des ministres. Quand?

    1. Manifestation interdite ? 1/Accès contrôlés, restreints aux résidents, bloqués pour toutes personnes suspectées d’être porteuses d’objets pouvant devenir des armes par destination 2/N’importe quel participant à une telle manifestation est passible d’une amende de 750 euros article R-644-4 du Code pénal, il peut donc être interpelé et son identité contrôlée et relevée (éloignement temporaire de la manifestation dans un poste de gendarmerie pour dresser un PV comme lorsque vous êtes arrêté en excès de vitesse sur l’autoroute) .

  3. Ils faut que les médias cessent de plaindre ces fous furieux soit disant écolos extrémistes organisés comme une armée ils n’ont que ce qu’ils méritent, de toute manière cette manifestation était interdite ! Il faut absolument dissoudre ce mouvement qui se permet de nuire à tout le monde en toute impunité.

  4. « Simplement, ces milices vertes sont très entraînées et très difficiles à saisir. »
    Les effectifs prévus par les gendarmes sont insuffisants. Soit, ils en font venir plus, soit ils sollicitent l’aide des militaires de l’armée pour boucher les issues et fermer la nasse.

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