Confinés. Prisonniers à l'intérieur de nos frontières familiales. Pour combattre un virus contre lequel, à ce jour, nos gouvernants ont été incapables d'agir avec efficacité.

Ah ! Si nous avions pu tester, village après village, ville après ville, quartier après quartier, tout aurait été différent et il eût été inutile de nous enfermer pour un temps indéterminé « chez nous ». Emmanuel Macron, pour qui le mot « frontière » est un péché mortel, n'a donc eu qu'une seule idée en tête : isoler 65 millions de Français chez eux, derrière nos portes devenues aussi infranchissables que le mur de Berlin.

Cette décision dont on ne connaîtra les effets désastreux, sur les plans économique, social, moral, qu'au retour à une vie normale, a été prise par la plupart des grands pays. À défaut d'avoir prévu comment lutter contre une telle pandémie. Mais ce n'est pas pour cela que nous devons nous satisfaire de ce confinement douloureux.

J'aimerais que, lundi soir, au lendemain d'une fête de Pâques cafardante voire sinistre, le président de la République nous annonce autre chose que la catastrophe : celle ce prolonger notre enfermement encore des semaines. J'aimerais qu'il prenne l'exemple de la Chine, qui n'a pas imposé le confinement à travers tout le pays, mais seulement dans les régions fortement atteintes par le Covid-19, et, surtout, un confinement strict et efficace qui nous fait cruellement défaut, comme le déplore par exemple William Dab, ancien directeur général de la de 2003 à 2005, dans Le Monde.

Mais comment savoir qui est porteur de ce virus, si ce n'est en le testant ? Olivier Véran est tout fier de nous annoncer que, fin avril, on pourra effectuer 50.000 par jour. Il faudra donc 1.300 jours pour nous tester tous !

Une carte de des régions les moins touchées par le coronavirus a été publiée par Wikipédia d'après des informations gouvernementales. Pourquoi condamner la population des départements très peu touchés ? Comme, au 10 avril, la Haute-Loire, avec 4 morts et 24 hospitalisations, la Nièvre, avec 7 décès et 37 hospitalisations, le Cantal, où aucun décès n'a été déclaré et seulement 27 malades hospitalisés. Le Tarn (7 et 51), le Tarn-et-Garonne (3 et 20), la Creuse (4 et 29), la Dordogne (1 et 20), le Lot-et-Garonne (4 et 29), les Deux-Sèvres (9 et 36), la Haute-Vienne (11 et 74), l'Ariège (1 et 18), le Lot (1 et 20), la Lozère (0 et 6), la Charente (8 et 11), la Charente-Maritime (21 et 80), les Côtes-d'Armor (16 et 64), la Haute-Corse (3 et 10), l'Allier (10 et 57), le Puy-de-Dôme (15 et 73), la Nièvre (7 et 37).

Pour un rapide, peut-être suffirait-il de tester les principales villes de ces départements et de permettre, ainsi, à leurs habitants de retrouver une vie et une plus normales. Avec la possibilité de prendre la route après un contrôle de température, effectué par la gendarmerie, comme cela se fait en Asie. Avec, évidemment, des déplacements exclusivement locaux ou régionaux dans ces zones peu contaminées et une interdiction de rejoindre les régions fortement impactées et en respectant les gestes barrières.

La brutalité des chiffres est là : 67.500.000 de Français pour, aujourd'hui, 13.000 décès et 30.767 hospitalisations. Lorsque la pandémie due à la grippe de Hong Kong, et qui dura de 1968 à 1970, tua un million de Terriens, dont 31.266 Français, la ne s'arrêta pas pour autant de vivre alors que ce virus avait touché 25 % de la population française. Le Monde écrivait alors : « L'épidémie de grippe n’est ni grave ni nouvelle. Est-il bien utile d'ajouter à ces maux les risques d’une psychose collective ? »

Alors, a-t-on vraiment plus raison de se mortifier en 2020 qu'en 1968 ? Car si la pouvait tester sa population et lui permettre d'acheter les masques, tout en maintenant les gestes barrières, nous n'en serions pas à envisager une catastrophe économique, financière et familiale d'une telle ampleur.

Gouverner, c'est prévoir. Lundi soir, Emmanuel Macron enfilera-t-il enfin le costume d'humilité qui lui a tant manqué jusqu'à présent ? Il n'en restera pas moins gravement fautif.

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11 avril 2020

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