La Fédération autonome des sapeurs pompiers professionnels et des personnels administratifs et techniques spécialisés (FA/SPP-PATS), l’une des principales organisations syndicales chez les pompiers, a déposé un préavis à partir du 9 août pour dénoncer l’obligation vaccinale dans leurs rangs.

Explications de son président, Xavier Boy, au micro de Boulevard Voltaire.

 

 

Vous êtes président de la première force syndicale des pompiers et vous avez appelé à la grève en réaction à la vaccination obligatoire. Pourquoi ?

 

Nous avons pris cette décision après avoir interrogé nos responsables départementaux. Cette obligation vaccinale posait un souci dans nos rangs, comme dans la population de manière générale. 50 % des effectifs sont déjà vaccinés, mais les 50 % restants expriment des réserves quant à cette obligation vaccinale. Et au-delà de cette obligation, nous dénonçons l’atteinte aux libertés. Nous souhaitons avoir la liberté de choix : choisir le moment de la vaccination et le vaccin. Nous devons porter la parole de nos mandants.

 

Emmanuel Macron a déclaré que les personnes opposées au passe sanitaire étaient des dangers pour la démocratie. Vous sentez-vous concernés ?

 

Non, car nous ne sommes pas opposés au vaccin mais à la suppression de la liberté de choisir. Chaque citoyen, comme chaque sapeur-pompier, doit avoir la possibilité de se faire vacciner. Nous n’aurions pas ce discours si ce vaccin si protecteur était imposé à tous… Aujourd’hui, il est imposé à une certaine catégorie de professionnels et nous estimons que les justifications apportées ne sont pas fondées et cohérentes avec l’avis du terrain.

 

Vous êtes confrontés à des personnes fragiles. On pourrait dire que vacciner les personnes en lien avec des patients fragiles n’est pas une mauvaise chose…

 

Oui, vu de ce côté, ce n’est pas une mauvaise chose. Mais on n’accepte pas d’être montrés du doigt et entendre dire que nous sommes irresponsables à ne pas vouloir nous protéger pour nos victimes.

Aujourd’hui, nous sommes systématiquement équipés avec des masques FFP2 et des gants lorsque nous intervenons auprès des victimes. Nous sommes formés à évaluer les risques. Par ailleurs, on dit «Si vous n’êtes pas vaccinés, vous serez dangereux pour la population », alors qu’il y a six mois, on nous demandait de venir travailler contaminés à la Covid.

 

Des pompiers sont-ils prêts à démissionner pour ne pas se faire vacciner ?

 

Oui, j’ai déjà eu des témoignages de collègues qui vont quitter la profession car ils ne veulent pas subir cette pression et ce chantage à la vaccination.

La Sécurité civile française est organisée avec 80 % de sapeurs-pompiers volontaires. Ces derniers ne sont pas des travailleurs et ils n’ont aucune obligation envers leur employeur. Le pompier volontaire qui refuserait d’être vacciné a la possibilité de ne plus se mettre disponible, il y aurait donc une pénurie à craindre de ce côté-là.

 

6 août 2021

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