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Voilà le grand roman allemand sur Stalingrad.

Heinrich Gerlach, professeur dans le civil, fut officier dans la Wehrmacht. Affecté à la VIe armée, il connut, de bout en bout, les terribles combats de Stalingrad, jusqu’à la chute. Fait prisonnier, il vécut la captivité en Sibérie et ne fut libéré qu’en 1950.

Pendant ces sept années de camp, il écrivit ce magnifique roman de 500 pages. Mais son manuscrit fut confisqué par les Soviétiques. De retour en Allemagne, il tenta de réécrire son histoire avec une mémoire qui lui faisait défaut. Il publia tout de même L’Armée trahie, en 1957, qui n’était toutefois qu’une pâle réplique de l’original.

Un universitaire retrouva le texte dans les archives de l’armée russe, désormais consultables, et le fit publier en Allemagne en 2016. La traduction française est parue récemment chez Anne Carrière et le lecteur ne sera pas déçu.

Gerlach a un talent remarquable et sait parfaitement conduire son récit. Nous suivons surtout le lieutenant Breuer, auquel l’auteur s’identifie. Mais bien d’autres personnages, officiers ou non, combattent, doutent, meurent dans une ambiance d’apocalypse qui nous saisit dès les premières pages.

Encerclés entre le Don et la Volga puis dans les ruines de la ville, les 300.000 hommes de la VIe armée finissent seuls, abandonnés, dans le froid et la faim.

Cette épouvantable tragédie humaine et militaire est remarquablement restituée par un témoin désabusé, puis indigné, et dont la qualité littéraire permet au lecteur d’en saisir toute l’ampleur.

Ne manquez pas Éclairs lointains – Percée à Stalingrad, c’est un chef-d’œuvre.

PS: les 100 pages d’annexes qui suivent le roman sont rédigées par l’universitaire qui a retrouvé le texte et le lecteur pourra faire l’économie de leur lecture car, sans être dénuées d’intérêt (en particulier sur les tentatives soviétiques d’embrigader un maximum d’officiers au Parti communiste est-allemand), c’est un peu fastidieux.

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