Mardi dernier, les téléspectateurs de RTS (Suisse), en regardant le journal de la mi-journée, n’en sont pas revenus : la rédaction a autorisé, sans avertissement préalable, la diffusion d’un extrait de Hate, pièce dans laquelle Laetitia Dosch s’exhibe à poil. Décidément, à poil devient une manie ! Mais, cette fois, avec un cheval. On progresse.

Hate ? “Haine”, en français : drôle d’appellation pour un metteur en scène qui promeut un “rapport à la paix” (P.A.I.X., précise-t-elle sottement), l’égalité des espèces, l’antispécisme, donc, avec son corollaire, l’arrêt de « la domination de l’homme sur l’animal ». “Et si, une fois, c’était l’animal qui considérait l’être humain ?”, s’est-elle interrogée avant de monter son truc.

Pauvre cheval ! Planté comme un piquet au milieu du manège à subir les éructations d’une bipède hystérique, il rêve probablement d’aller manger tout son saoul l’herbe tendre de la prairie, de galoper crinière au vent ou de piquer de petits roupillons, tranquille peinard, dans son box douillet. Il s’en prend tellement plein les oreilles, le stoïque équidé ! Ni charitable, ni spéciste, son attitude, à Laetitia Dosch.

Fantoche, c’est son drôle de nom, à la brave bête. Avec lui, “la givrée magnifique” qui n’hésitait pas, sur scène, à se vautrer dans son urine avant de proposer une bise à un spectateur (si, si) veut donc démontrer la possible égalité entre espèce animale et espèce humaine. Mais Fantoche, de plus en plus souvent, se rebiffe, explique l’actrice à la journaliste de la RTS. Il s’émancipe. Il devient « tout fou, il fait des bêtises, il fait des bisous, on est contents » : chouette ! Laetitia pouffe. Fantoche piaffe. Ou le contraire.

Quelle “Hate”, en tout cas ! C’est qu’elle est très en colère, le pubis à l’air ! Le monde part à vau-l’eau et personne ne fait rien ! « Le » sous lequel on va bientôt tous griller, « le chômage » et les gens qui « crèvent », les qui fuient « le chaos de la guerre », tout y passe. Tout ? Et le , les couteaux fous, les viols de « déséquilibrés » ? Silence radio.

Oh, quelle grâce toute féminine, à crier, hurler, vociférer, gesticuler, débiter son texte à une allure qui hésite entre trot et galop, chez cette écuyère, plus anatomique qu’académique, qui a tout fait dans sa vie. “Manger, dormir, tué sa psychanalyse, se mettre sur Instagram, torcher des enfants”, etc. Elle aurait même fait congeler ses ovules en Espagne (2.500 euros, les salauds !), et ceux qui ont fait ça « ont intérêt à lui donner des perspectives avant ses 42 ans ». Et le reste du même tonneau. « On est vraiment dans la merde ? » Avec semblable représentation de l’espèce humaine, on ne le lui fait pas dire. On serait à la place du cheval, on hésiterait sacrément avant de prendre en pension un humain.

Alors, après tout ce contre quoi elle ne peut rien faire (chômeurs, , tout ça dont, si vous voulez mon avis, en réalité elle se contrefout), elle se « demande encore ce qu'[elle] fait là ». Le pauvre Fantoche et nous aussi ! Un ami me rappelait cette phrase du pape Pie X : “L’âme d’une civilisation se révèle tout naturellement dans sa équestre.” Il en pense quoi, Fantoche ?

30 août 2018

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