Depuis que le Covid-19 s’est installé en France, un nouveau job a la cote auprès des étudiants, celui de dépisteur. Les petites tentes blanches ont envahi nos rues, elles se sont installées pour une durée indéterminée devant nos pharmacies. Les Français s’y précipitent afin de savoir s’ils sont porteurs de la maladie. Selon l’enquête de France Info, « plus de 220 millions de tests de dépistage du Covid-19 ont été réalisés, en France, depuis le début de la crise sanitaire ». Il existe un point commun entre tous ces petits centres de dépistage : les « testeurs » ont une vingtaine d'années. On pourrait croire que ces jeunes gens sont en études de santé. Ce n'est pas le cas, loin de là, à en croire France Info : « Les étudiants croisés dans les barnums de Paris viennent de tous bords : architecture, ressources humaines, coiffure, etc. »

Mais d'où vient l’attrait pour ce nouveau travail ? Comme souvent, c’est uniquement une raison pécuniaire : tester rapporte gros. Ils peuvent encaisser un SMIC à la fin du mois en travaillant seulement 15 heures par semaine. Certains peuvent empocher jusqu’à 25 euros de l’heure. Le travail ne manque pas, compte tenu de la de dépistage massif menée par le gouvernement, couplée au variant Omicron qui contamine énormément de gens.

Mais une question reste en suspens : quelle habilitation, pour ceux qui réalisent ces tests ? En réalité, aucune. N’importe quel Français ayant suivi une initiation au « dépistage en ligne », ainsi qu’une « formation pratique de sept heures auprès d’un professionnel de sant« » peut effectuer des tests sous la tente. Dans la pratique, c'est un peu différent : de nombreuses alertes sont formulées par les syndicats de pharmaciens sur le fait qu’il n’y a « pas assez de places disponibles en formation pratique », toujours selon France Info. Conséquence : l’appât du gain est tel que certains testent en toute illégalité.

Toujours en théorie, un pharmacien ou un médecin doit assister l’étudiant qui teste. Normalement, le « jeune teste, c’est-à-dire qu’il insère l’écouvillon dans la narine du patient, mais en revanche, le reste du dépistage est assuré par le professionnel de santé », détaille le site du service public. Comme souvent, la réalité est bien plus complexe que les consignes édictées par l’État, avec des testeurs sans expérience et sans professionnel avec eux. « Faire l'extraction, ça relève du professionnel de santé », explique Pierre Olivier Variot, président de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine (USPO) à France info. « Mettre le produit sur le test, s'assurer qu'il s'agit du bon test, conservé à la bonne température, c'est du domaine du professionnel de santé. Et le rendu du résultat, c'est aussi au professionnel de santé de le faire », énumère-t-il, en reconnaissant qu'en pratique, « ça ne se passe pas du tout comme ça ».

L'État si exigeant pour ses administrés n'est décidément pas un modèle de vertu. Bien détectée, cette maladie-là ne se soigne pas aisément, semble-t-il...

28 janvier 2022

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