Le Figaro lance ses bulles pour 2022, ses ballons d’essai. Après le général de Villiers, David Lisnard, maire de Cannes, que tous les leaders veulent dans leur staff depuis une tribune du Figaro. Ballon, ça tombe bien, car David Lisnard est fils de footballeur, boxeur et en exhibe dans son bureau toutes les preuves. C’est autrement viril et jeune que le sweat à capuche de Jean Castex.

Que disait-il, dans cette tribune ? Des choses de bon sens sur les attestations, les règlements, les carences et les abus de l’État en mode maire de terrain et libéral qui fait savoir qu’il connaît Revel, Aron et qui se souvient que Pompidou fut président de la République. De quoi parler au cœur de l’électorat LR, notamment les retraités aisés de sa ville et du pays. Il n’a pas été réélu maire de Cannes en juin dernier à 88 % pour rien…

Le Figaro en fait un portrait séduisant, capable de toucher au-delà de ce premier cercle : fils de footballeur professionnel, chef d’entreprise, maire de terrain, attaché à sa vie de famille. Un gendre idéal, vraiment idéal, pas de la contrefaçon façon Macron.

Macron, parlons-en, justement, car on aurait pu croire que ce maire de Cannes libéral et plébiscité comme lui par ce même électorat ait fait partie de l’aventure. Un peu, mais pas trop. « En même temps », quoi ! Le Figaro nous résume le virage :

« Comme d’autres, il a été séduit par le jeune ministre de l’Économie, prêt, disait-il avant 2017, à bousculer les dogmes. Après une première rencontre avec d’autres élus à Bercy, David Lisnard est convaincu de son avenir politique. Il lui dit : “Tu seras président de la République.” Ils échangent des SMS, le maire de Cannes fait la connaissance de Brigitte Macron, le sollicite, lui demande des conseils. Mais, rapidement, un doute émerge. David Lisnard se rend compte du double discours du candidat. “Il disait des choses en privé qu’il ne disait plus en public.” Par exemple sur la sécurité ou les 35 heures. “Il a une grande capacité d’adaptation à ses interlocuteurs.” Le maire de Cannes s’éloigne petit à petit. Proche d’Édouard Philippe, s’il était resté dans le sillage du vainqueur, il serait sans aucun doute devenu ministre. Mais Emmanuel Macron est “dans une logique de séduction, pas de conviction”. »

Un portrait corroboré par bien d’autres témoignages : Macron le caméléon, pris au piège de son « en même temps ». La petite musique sera certainement le refrain du Macron bashing pour la campagne de 2022. La formule finale est belle, la rime parfaite, l’antithèse féconde : Macron dans la séduction, et notre petit David de Cannes dans la conviction.

Les LR et les convictions ? Notre boxeur a visé juste et met le doigt où ça fait mal. Tout le chapitre est à écrire. Pour le moment, ce LR en pleine cure de désintoxication Macron en a retrouvé une : la liberté. Une redécouverte sous pression, au moment où une Marion Maréchal a su donner de la voix pour défendre les libertés essentielles, la semaine dernière encore. Après s’être fait voler son credo libéral par Macron en 2017, LR sent-il qu’il est encore en train de lui échapper, de l’autre côté ?

En tout cas, on ne peut que souhaiter une bonne convalescence à M. Lisnard.

27 décembre 2020

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