« Bonjour, les hôtels Kyriad. Très sympas, vos établissements, mais pourquoi infliger CNews, chaîne de fachos, aux clients dans le hall d’entrée ? Vous êtes obligés ? »

Voilà les bons vœux adressés sur Twitter, par Daniel Schneidermann, à la chaîne hôtelière, le 31 décembre. Soit un message qui témoigne de l’ouverture d’esprit de celui qui, depuis 1995, se fait fort d'« analyser la fabrication du récit médiatique » à la télévision. Une analyse objective, cela va sans dire.

Schneidermann a été formé au bon moule : le CFJ [Centre de formation des journalistes, NDLR], puis le journal Le Monde et Libération, des modèles d’objectivité, eux aussi, où l’on trouve l’énoncé de la bonne morale. En 1995, il crée et produit, sur La 5 (France 5), l’émission qui l’a rendu célèbre : « Arrêt sur images » où, entouré de chroniqueurs et amis journalistes, il s’attache à « déconstruire » le travail des voisins d’antenne.

L’émission est polémique et son meneur y sera régulièrement accusé de partialité, mauvaise foi, voire « malhonnêteté ». Ses relations avec les directeurs de chaîne sont de plus en plus tendues et Schneidermann est viré de France 5 pour « faute grave » en juin 2007. Il reprend alors le concept de son émission, diffusée sur Internet sous le titre « @rrêt sur images ».

Les années, on s’en doute, n’ont pas atténué son goût pour les leçons de morale et les analyses biaisées. Qu’importe : il a la totale de parole dont il rêvait puisqu’il fonctionne par abonnement. Devenu roi du monde, il pense donc pouvoir tout dire, insultes comprises.

Ainsi, ayant déjà dans le collimateur, le 10 septembre 2020, il insulte la journaliste Christine Kelly, la traitant de « servante » d’Éric Zemmour. Il récidive six mois plus tard, la comparant à Pépita, ex-animatrice de l’émission de divertissement « Pyramide ». n’en a cure : « J’entends ce genre de paroles racistes et misogynes depuis que je suis toute petite, ça ne me fait plus rien. ». Eh oui, elle a beau avoir une jolie couleur de peau, la teinte n’est pas bonne : trop brune, sous-entendu « du côté des heures sombres de notre Histoire ». La bonne couleur de peau est celle des immigrés, pas celle des Français ultramarins.

Surtout, Schneidermann a une marotte, une tocade, une obsession : en bon élève nourri à l’islamo-gauchisme, il voit des fachos partout et en est un nid. Si on le laissait faire, lui, le moraliste, le censeur, l’apôtre du bien et du mal médiatique, on virerait ça du paysage. On pourrait peut-être aussi mettre ses journalistes au goulag, en centre de rééducation. D’ailleurs, il a des soutiens dans son entreprise de purge : les Sleepings Giants, « un collectif de militants agissant sur les réseaux sociaux dont l'objectif est la lutte “contre le financement des discours de haine” sur Internet et dans les médias ». Eux aussi ont vu le loup. Ainsi, affirment-ils, ils auraient reçu « un retour dans ce sens ». Une « personne » aurait aperçu « cette chaîne diffusée sur tous les écrans d’une grande surface ou dans la salle d’attente d’un hôpital », et l’une de leurs vigilants témoins aurait alors « demandé à ce qu’on change de chaîne ». Courageux, le mec !

Valeurs actuelles, qui rapporte les vœux à la chaîne d’hôtels Kyriad, relève que les aficionados de Schneidermann trouvent quand même qu’il va un peu loin : « Ce type de tweet n’est pas de votre niveau, quelle déception », dit l’un, quand cet autre pointe avec lucidité : « De toute évidence, votre tolérance à la d’opinion se limite à vous et votre entourage. » Comme dit un autre, Schneidermann est « l’un des plus intolérants et haineux journalistes » ; le problème est qu’il est, hélas, fort représentatif de sa catégorie. Un curé plein de morgue, sûr de dire la morale et se croyant investi pour pouvoir l’imposer.

3 janvier 2022

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