À l’heure où nos soldats tombent ou sont blessés au Sahel presque chaque semaine, la question de l’ en et au Levant (ad-dawla al-islamiya fil Iraq wa as-Sham, Daech pour les intimes) semble, a contrario, bien loin de nous. L’actualité pantalonesque des vaccins et des confinements, la démence précoce de la « américaine », que d’aucuns prenaient pour le phare du monde libre, sont des sujets apparemment plus prenants.

Pourtant, interrogé, dimanche 10 janvier, par l’émission « Questions politiques », sur FranceInfoTV et France Inter en partenariat avec , le ministre des Armées a rappelé, à juste titre, que la partie n’était pas terminée. On se souvient peut-être du feuilleton à rebondissements de l’éradication de Daech par une « bataille décisive » : Raqqa puis la poche de Baghouz ont été les deux « objectifs ultimes » les plus médiatiques de la fin programmée de cette guerre. On n’en finissait pas de gagner…

Aujourd’hui, le ministre confirme que la France est toujours déployée au Levant et que ce n’est pas pour rien. Cette fois, même les complotistes décoloniaux se taisent : ceux qui accusent la France d’être au Sahel pour l’uranium (alors que dix minutes de recherche suffisent à pulvériser ces sornettes) n’osent même pas l’accuser d’être au Levant pour le pétrole. La menace de Daech est d’autant plus réelle que l’organisation semble avoir basculé sous les radars, adoptant une stratégie du faible au fort.

Un article de Valeurs actuelles rappelle, par exemple, que la stratégie séparatiste dans les entreprises françaises se double, aujourd’hui encore, d’incitations à l’action violente. Le théoricien daechi Al-Souri, prenant appui sur le modèle de la guerre subversive, ou encore, dès 2004, le livre Gestion de la barbarie, d’Abou Bakr Naji, invitent depuis longtemps les volontaires à exporter le chaos et la terreur au plus bas échelon sur le sol occidental.

Nous sommes donc au Levant, avec des avions de chasse et des formateurs, pour couper, sans relâche, les têtes de l’hydre, dont la résurgence actuelle est inquiétante. Mme Parly a raison de le rappeler, tout comme elle a eu raison de parler du jeu particulièrement trouble de la Turquie.

Soyons donc vigilants sur notre sol, mais aussi reconnaissants aux aviateurs et formateurs qui œuvrent, dans un silence très peu médiatique, pour prolonger, sous d’autres formes, la vieille mission que la France s’était assignée, en 1535, dans la région en se déclarant protectrice des chrétiens du Levant. Notre présence vient donc de loin ; elle est comprise, reconnue et appréciée par nos alliés. Daech n’est pas mort et vient jusque chez nous. Ne l’oublions pas !

11 janvier 2021

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