Face à la mondialisation, « inéluctable » pour nombre d’économistes et « heureuse » pour Alain Minc, les amateurs de signes du destin ont de quoi s’amuser - coronavirus oblige. Les eurosceptiques aussi, à en croire les dernières nouvelles du Parlement de Strasbourg.

En effet, grâce ou à cause de l’épidémie, en attendant qu’elle ne devienne pandémie, les lobbyistes grenouillant en cette enceinte depuis des décennies en sont désormais tricards pour les trois semaines à venir. Certains en rêvaient ? Voilà qui est fait.

Les chiffres ont de quoi donner le vertige : 11.000 officines, syndicats, ONG, consultants, entreprises plus ou moins grosses, cartels plus ou moins imposants. Soit, en tout et pour tout, 80.000 vendeurs toujours prêts à mettre le pied dans la porte, tels les représentants en aspirateurs et encyclopédies de jadis, comme dans L’Entourloupe, le génial film de Gérard Pirès. La mise à l’écart de ces derniers permettra au moins de lutter à la fois contre virus et parasites.

Dans la foulée, les autorités européennes ont décidé d’annuler les visites touristiques à venir. Et c’est ainsi qu’on apprend que des nigauds en villégiature strasbourgeoise, au lieu d’aller se promener dans la Petite France - c’est là que, jadis, on confinait les syphilitiques, comme quoi... -, ont un précieux temps à perdre pour aller se promener en cette verrue architecturale qu’est le local alors que cette ville cèle tant de merveilles. Contaminés ou pas, certains touristes seraient bien inspirés d’aller consulter.

Mais, à chaque règle son exception, laquelle a permis à Greta Thunberg - celle qui voit l’oxygène « à l’œil nu », à en croire sa mère - de venir discourir du climat dans ce même Parlement. Parce qu’elle distingue aussi le virus sans avoir besoin de mettre des lunettes, peut-être ? Et Le Point de noter : « La “Jeanne d’Arc” des écolos sera également invitée l’après-midi. »

Sans faire de mauvais esprit à propos de cette charmante jeune demoiselle à la mine avenante, aux yeux emplis de bienveillance, nonobstant sa tête à arracher les ailes des mouches, à rhabiller Barbie en Ken et Ken en Barbie, on se dira qu’il ne serait pas sot d’aller au bout du concept johannique, sans pour autant lui souhaiter un barbecue rouennais. Il va sans dire qu’on plaisante, sachant qu’on n'est jamais trop prudent, notre amie Emmanuelle Ménard ayant vu son compte supprimé pour avoir en ces termes ironisé à propos de cette adolescente à l’évidence plus mal nourrie que bien élevée par ses parents : « Dommage que soit interdite. Elle en mériterait une bonne. »

De tout cela, il y a au moins deux bonnes leçons à tirer. L’une voulant que les tenants du soient tétanisés devant les conséquences de ce même mondialisme, les virus se riant des frontières. L’autre, c’est que, ce monde finissant, celui des institutions européennes puisse être paralysé de trouille devant des caprices d’enfant.

PS : on notera encore que les députés italiens des régions contaminées sont invités à ne pas siéger au Parlement. Cette italianophobie a de quoi laisser perplexe ; surtout depuis que Matteo Salvini, porteur du virus populiste, n’est plus aux affaires. L’épidémie de niaiserie n’en finit donc plus de causer les ravages qu’on sait. Et il n’y a pas de vaccin contre ça.

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4 mars 2020

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