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Editoriaux - Environnement - 24 juin 2020

Convention citoyenne pour le climat : un leurre de démocratie

Alors que les partis écologistes dépassent rarement les 10 % aux différentes élections, la Convention citoyenne pour le climat vient de rendre un verdict unanime consistant en une série de mesures punitives, taxatoires ou despotiques telles que la révision de la Constitution avec l’introduction du crime d’écocide, l’obligation de rénovation énergétique des logements, la limitation à 110 km/h sur les autoroutes, l’interdiction de publicités sur les 4×4 ou les SUV, l’obligation du végétarien dans les self-services… et bien d’autres mesures de décroissance et d’appauvrissement collectif censées éviter une augmentation hypothétique des températures au-delà des 2 °C en 2100 !

Alors que le but initial de cette Convention était de ne pas remettre les gilets jaunes dans la rue, la taxe carbone sur les carburants ayant mis le feu aux poudres en 2018, comment 150 citoyens censés avoir été tirés au sort, et représenter la population française, en sont-ils arrivés là ?

Selon Laurence Tubiana, coprésidente de la Convention, ce résultat est « l’expression réfléchie des citoyens. Le contexte de la pandémie les a renforcés dans leur conviction qu’on ne pouvait pas continuer avec le modèle actuel. » On ne pouvait donc pas rêver mieux comme résultat.

Laurence Tubiana, ancienne militante à la LCR, est directrice de la Fondation européenne pour le climat et ancienne ambassadrice chargée des négociations sur le changement climatique jusqu’en 2016. Elle était aidée, dans sa tâche de directrice, par Thierry Pech, directeur de la fondation Terra Nova, think tank de la gauche progressiste, fondé par Olivier Ferrand en 2008. Cela en dit déjà beaucoup sur l’impartialité de l’orientation des discussions.

Mais le Président Macron a pensé à tout et, en juillet 2019, il a désigné trois garants chargés « d’assurer l’indépendance des travaux de la convention, en veillant notamment au respect des principes d’impartialité et de sincérité ». Belle initiative, sauf que, parmi ces trois garants, figure Cyril Dion, activiste écolo, figure de proue des marches pour le climat, coréalisateur, avec l’actrice Mélanie Laurent, du film Demain, participant de l’action L’Affaire du Siècle, lancée en 2018 par quatre ONG (Greenpeace, Oxfam France, la fondation Nicolas-Hulot pour la nature et l’homme et Notre affaire à tous) pour attaquer l’État français en justice pour inaction face au changement climatique. On aurait donc pu rêver mieux en matière d’impartialité et de sincérité.

Mais, évidemment, face à ces influenceurs, il fallait une caution scientifique. Ici encore, aucune déception possible, Valérie Masson-Delmotte, vice-présidente du GIEC et climatologue qui prône la « sobriété heureuse », selon un article du journal du CNRS, a été chargée de faire l’état des lieux de la « crise climatique » !

Voilà comment, et par qui, 150 citoyens en sont arrivés à s’autopersuader qu’il est nécessaire d’agir et que les mesures qui sont proposées sont les bonnes. Si elles sont adoptées, arriverons-nous à nous en remettre économiquement ?

Dans le même temps, le 18 juin, le Premier ministre indien annonçait qu’il « déverrouille le secteur du charbon » et lance des enchères pour exploiter 41 nouvelles mines…

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