En séjour à Marseille pour annoncer son plan « Marseille en grand », le président de la République a notamment fait part des mesures en faveur de la police : 500 caméras de vidéosurveillance en plus, 8 millions d’euros pour l’équipement des policiers, création d’un nouvel hôtel de police…

Cyril Hemardinquer, secrétaire national du syndicat de police FPIP, réagit à ces annonces au micro de Boulevard Voltaire.

 

 

 

À Marseille, Emmanuel Macron a promis de recruter 200 policiers supplémentaires et d’installer des centaines de nouvelles caméras. Le Président a également annoncé qu’il augmenterait les moyens humains et techniques des forces de l’ordre dans leur lutte contre le trafic et la délinquance. Quel regard portez-vous sur cette nouvelle mesure ?

 

C’est un pansement sur une jambe de bois. Certes, c’est une bonne chose d’avoir des effectifs de police en plus, de rénover les commissariats et d’augmenter les effectifs, mais à chaque fois que l’on arrête un dealer ou un gros trafiquant de drogue, s’il ressort dans l’heure qui suit, on peut doubler ou tripler l’effectif de police, cela ne changera strictement rien. Je crois que le gouvernement et Emmanuel Macron n’arrivent pas à le comprendre. Le problème ne vient pas de la police ni à Marseille ni ailleurs, mais il vient de la Justice. Il faut une vraie tolérance zéro en matière de stupéfiants. Cette tolérance zéro doit aller du simple consommateur au guetteur, au revendeur, avec de vraies peines dissuasives qui font que le jeu n’en vaille pas la chandelle. Sinon, inévitablement, ils continueront. Comme toujours, on met de l’argent qui ne servira strictement à rien puisque l’on met des policiers sur le terrain et on ne va pas leur donner les moyens de remplir leur mission.

 

De nombreux dealers et de nombreux guetteurs sont mineurs et ne sont donc pas justiciables comme peuvent l’être les majeurs. Quelle est la solution face à ce problème-là ?

 

La justice des mineurs est complètement inadaptée. Les vrais mineurs guettent et les faux mineurs isolés étrangers se rajoutent au trafic. Il faut donner les moyens aux aides assistance éducative en milieu ouvert. Par exemple, mettre en place des procédures décidées par des juges d’enfants pour les mineurs français impliqués dans le trafic, avec de vraies sanctions éducatives et rapidement répressives, comme des placements dans des milieux fermés pour qu’ils soient hors d’état de nuire. Cela permettrait de leur faire comprendre que l’on ne fait pas n’importe quoi en France. Si on les prend dès leur plus jeune âge, ils pourront en tirer les bonnes conclusions.

Pour ce qui est des faux mineurs isolés étrangers, il faut comprendre que la place des mineurs est près de leurs parents, qu’ils soient à l’étranger ou non. Il est urgent de rapatrier les mineurs qui sont loin des leurs.

Pour ce qui est du diagnostic de l’âge, s’il s’avère qu’ils sont majeurs, ils doivent être punis comme des majeurs. Dans les deux cas, je pense qu’un mineur isolé étranger doit être rapatrié chez lui. Et si, en plus, il commet des actes de délinquance, il doit en plus être rapatrié chez lui, ne plus remettre les pieds en France.

 

 

Dans les quartiers nord de Marseille, il y a de véritables zones de non-droit dans lesquelles la police a de réelles difficultés à pénétrer. Au-delà des moyens techniques et humains, ne faut-il pas donner aux policiers la capacité juridique et législative d’intervenir, même sur des interventions musclées ?

 

La possibilité d’intervenir dans un cadre juridique tout à fait actuel est possible. Les policiers rentrent dans toutes les cités, dès lors qu’il y a une volonté des pouvoirs en place pour que cela se fasse. Si le préfet dit « dans telle cité, vous y allez », les moyens sont mis en œuvre, les policiers rentrent et peuvent rétablir l’ordre. Le cadre législatif permet de le faire. Lorsque vous rentrez dans une cité, vous êtes en confrontation avec des jeunes sur des scooters, des guetteurs, et si vous voulez passer, vous passez en force. Les policiers savent faire.

Lorsqu’il y a vraiment une volonté politique d’intervenir sur un point donné, on déploie des compagnies de sécurisation qui permettent l’intervention dans le quartier. Le seul problème, c’est qu’il n’y a pas la volonté politique d’aller à l’affrontement dans les quartiers. En général, lorsqu’on fait cela et que l’on trouve une grosse quantité de drogue, le quartier est à feu et à sang. Il faudrait intervenir de nouveau pour rétablir et maintenir l’ordre définitivement. Et ensuite, une fois les gens en garde à vue, il faut qu’ils soient jugés et placés en détention. Il est inadmissible d’avoir des personnes assignées à résidence sous surveillance électronique. Ils sortent avec un bracelet en attendant leur jugement et peuvent à nouveau s’adonner au trafic. Ce sont de gros problèmes.

 

 

3 septembre 2021

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